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	<title>Tears of the Night &#187; TotN</title>
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	<description>Le blog de Paul de Senquisse</description>
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		<title>Harmonie pluvieuse</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Aug 2018 16:57:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Absence]]></category>
		<category><![CDATA[Pluie]]></category>
		<category><![CDATA[Poème]]></category>

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		<description><![CDATA[***** Et puis soudain, le vide Et soudain le silence Inaudible est le cri qu’a laissé son absence Ni plus ni moins d&#8217;angoisse Qu’il y a quelques heures Alors pourquoi ces ronces enroulées sur mon coeur? Sur mes joues l’air humide Laisse un baiser amer Mon esprit s’en détourne et regarde en arrière Pour contempler]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-medium wp-image-1467 alignnone" style="caret-color: #000000; color: #000000; font-family: -webkit-standard;" title="FI240V6IDR81RZS.LARGE" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/08/FI240V6IDR81RZS.LARGE_-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></p>
<p>*****</p>
<p>Et puis soudain, le vide<br />
Et soudain le silence<br />
Inaudible est le cri qu’a laissé son absence</p>
<p>Ni plus ni moins d&#8217;angoisse<br />
Qu’il y a quelques heures<br />
Alors pourquoi ces ronces enroulées sur mon coeur?</p>
<p>Sur mes joues l’air humide<br />
Laisse un baiser amer<br />
Mon esprit s’en détourne et regarde en arrière</p>
<p>Pour contempler les traces<br />
Laissées à son insu<br />
Mais je ne peux pas dire que je n’avais pas su</p>
<p>Elle me parle de Lui,<br />
Et je lui parle d’Elle<br />
Nous sommes en filigrane comme des points de dentelle</p>
<p>A l’importance égale<br />
Des fils, des cavités<br />
Des dits et des non-dits, des sujets évités</p>
<p>Quand, au dehors, la pluie<br />
Vient chanter sur la vitre<br />
Je souris malgré moi du décor du chapitre</p>
<p>Ce don de l’astre opale<br />
Pour m’offrir l’harmonie<br />
De l’averse intérieure depuis qu’elle est partie</p>
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		<title>Je ne suis pas&#8230; MAIS&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jul 2018 17:16:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[allié]]></category>
		<category><![CDATA[bon fond]]></category>
		<category><![CDATA[contre-productif]]></category>
		<category><![CDATA[frustration]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Je pense qu&#8217;à moins d&#8217;avoir vécu dans une cave, tout le monde a déjà entendu (voire, malheureusement, prononcé&#8230;) l&#8217;un des nombreux dérivés de cette phrase au moins une fois dans sa vie. Je ne suis pas raciste, MAIS&#8230; Je ne suis pas homophobe, MAIS&#8230; Je ne suis pas sexiste, MAIS&#8230; A moins de chercher à]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1427" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1427"><img class="alignright size-medium wp-image-1427" title="Frustration" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/07/broken-pencil-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a>Je pense qu&#8217;à moins d&#8217;avoir <strong>vécu dans une cave</strong>, tout le monde a déjà entendu (voire, malheureusement, prononcé&#8230;) l&#8217;un des nombreux dérivés de cette phrase au moins une fois dans sa vie. Je ne suis pas raciste, <strong>MAIS</strong>&#8230; Je ne suis pas homophobe, <strong>MAIS</strong>&#8230; Je ne suis pas sexiste, <strong>MAIS</strong>&#8230; A moins de chercher à faire du <strong>second degré</strong> et à dénoncer ce genre de tournure ironique (<strong>stricto sensu</strong>), Il n&#8217;y a rien de bien qui puisse suivre ce &laquo;&nbsp;mais&nbsp;&raquo;, <strong>quel que soit le contexte</strong>. Une autre variante classique remplace le &laquo;&nbsp;mais&nbsp;&raquo; par un &laquo;&nbsp;<strong>la preuve</strong>&laquo;&nbsp;&#8230; Par exemple, &laquo;&nbsp;je ne suis pas raciste, <strong>la preuve</strong>, j&#8217;ai des amis arabes, et ma meilleure amie est tchadienne, donc <strong>encore plus noire qu&#8217;une arabe</strong>&nbsp;&raquo; (toute ressemblance entre cette citation et une citation réelle d&#8217;<strong>une des femmes les plus idéologiquement écoeurantes</strong> du paysage politique français de ces dernières années est&#8230; sans doute fortuite. Probablement. Je ne suis pas délateur, <strong>la preuve</strong>, je n&#8217;ai pas dit que c&#8217;était Nadine Morano). Ce genre de tournure alambiquée d&#8217;<strong>auto-dédouanage</strong> est la vitrine ostentatoire d&#8217;une démarche consciente (ou, et c&#8217;est encore plus grave, inconsciente) grandissante de <strong>banalisation</strong> de ce qui n&#8217;a pas lieu de l&#8217;être.</p>
<p>Lorsqu&#8217;on a <strong>avalé la pilule rouge</strong> et qu&#8217;on voit l&#8217;envers du décors du carcan inégalitaire dans lequel on vit, on passe les premiers mois post-déconstruction à &laquo;&nbsp;<strong>voir le mal partout</strong>&nbsp;&raquo; , <strong>tout le temps</strong>. Parfois, même là où il n&#8217;y est pas (même si, <strong>soyons honnêtes</strong>, c&#8217;est de plus en plus rare, qu&#8217;il n&#8217;y soit pas). Puis vient cette espèce de nouvelle phase où l&#8217;on arrive à être plus objectifs sur ce qui est, ou non, problématique&#8230; accompagné malheureusement d&#8217;<strong>un sentiment de frustration grandissante</strong> vis à vis de ceux et celles de nos proches n&#8217;ayant <strong>pas</strong> gobé la pilule, restant toujours aveugles sur les cas réellement problématiques, et surtout, surtout, <strong>convaincus de l&#8217;inexistence</strong> de telles problématiques <strong>ET</strong> d&#8217;avoir raison/un bon fond/d&#8217;être un allié.</p>
<p>Soyons réalistes. Oui, dans nos pays auto affublés de l&#8217;épithète &laquo;&nbsp;développés&nbsp;&raquo;, la condition des femmes/LGBT/POC est sans doute <strong>bien meilleure</strong> que dans d&#8217;autres pays pas si éloignés des nôtres. <strong>Certes</strong>. Mais ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;en France une femme a le droit de vote et qu&#8217;un mec peut en épouser un autre que nous sommes dans un état d&#8217;égalité totale, réelle et factuelle. Et c&#8217;est pour ça que le &laquo;&nbsp;<strong>c&#8217;est pas si grave</strong>&nbsp;&raquo; est si grave, en fait. Parce que de nos jours, dans notre contexte social, une personne lambda ouvertement raciste, sexiste, ou homophobe, qui le revendique et qui l&#8217;assume, voire le milite, n&#8217;est <strong>presque plus un problème</strong> (à part s&#8217;il/elle devient physiquement agresseur, mais c&#8217;est un autre sujet. Je cherche ici à mettre en évidence les <strong>violences sociales et interpersonnelles</strong>, pas les violences physiques). Parce que socialement et médiatiquement, cette personne a déjà &laquo;&nbsp;perdu&nbsp;&raquo;. Sortis de leurs chambres d&#8217;échos, ces personnes sont considérés comme <strong>ridicules, arriérées</strong>, etc. par tout un chacun, fier de <strong>clamer haut et fort leur progressisme</strong> et leur non-sexisme/racisme/homophobie à <strong>eux </strong>(certains attendent même une médaille virtuelle pour ça, et peuvent aller jusqu&#8217;à se vexer si on ne les félicite pas de ce comportement somme toute&#8230; <strong>NORMAL</strong>).</p>
<p>Non, de nos jours, dans nos sociétés éclairées, <strong>les plus gros dégâts</strong> (au niveau individuel, et dans l&#8217;inconscient collectif) sont causés par des personnes qui ont, réellement, un bon fond, convaincus d&#8217;être &laquo;&nbsp;du bon côté&nbsp;&raquo;, mais <strong>absolument incapables de se remettre en question</strong> ou de porter leur regard plus loin que leur propre privilège que la société rend invisible à leurs yeux. Vous en connaissez tous. Vous en avez même probablement fait partie à un moment donné de votre vie, <strong>quel que soit votre niveau de déstructuration actuel</strong> (si si, même si vous êtes une femme trans black lesbienne malentendante, statistiquement, il y a au moins une ou deux anecdotes dans votre vie où vous avez été <strong>du mauvais côté de la barrière</strong>). Ce sont toujours les gens qui ne sont pas affectés directement par un problème qui vont s&#8217;octroyer <strong>le droit de juger de l&#8217;existence ou non du problème</strong>. C&#8217;est <strong>toujours un mec </strong>qui avancera que le problème du harcèlement de rue n&#8217;est pas si répandu que ça. <strong>Toujours un hétéro</strong> pour avancer qu&#8217;une union homo qui aurait les mêmes droits qu&#8217;un mariage hétéro sans s&#8217;appeler mariage, c&#8217;est pareil et pas la peine d&#8217;en faire tout une histoire. <strong>Toujours un caucasien</strong> pour avancer que c&#8217;est pas parce qu&#8217;on s&#8217;appelle Rachid ou Nawila que c&#8217;est plus difficile de trouver un appart à louer ou un job. On vit dans un pays moderne, civilisé et progressiste, non? C&#8217;est <strong>exagéré</strong>, c&#8217;est pas si grave&#8230;</p>
<p><strong>Ou pas</strong>.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, quand un ado transgenre ou racisé songe pour la Xème fois à mettre la fin à ses jours, la probabilité pour que ce soit dû à <strong>une agression physique directe</strong> d&#8217;un intolérant assumé est <strong>bien plus faible </strong>que la probabilité que ce soit un épuisement psychologique et moral d&#8217;avoir entendu pour la cent-douzième fois à la cantine que cette tranche de boeuf, &laquo;&nbsp;<strong>c&#8217;est pas une tranche de pédé</strong>&nbsp;&raquo; , ou que &laquo;&nbsp;<strong>ça donne envie d&#8217;être cannibale</strong>&nbsp;&raquo; , en écartant les narines et <strong>en prenant l&#8217;accent de Michel Leeb</strong>, et d&#8217;avoir vu et entendu cette &laquo;&nbsp;blague&nbsp;&raquo; tomber <strong>au mieux</strong> dans l&#8217;indifférence auprès de ses &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo;, plus probablement dans <strong>l&#8217;hilarité quasi générale</strong>, voire dans les cas extrêmes <strong>forcé(e) de rire à la &laquo;&nbsp;blague&nbsp;&raquo; avec tout le monde</strong> par pression sociale, pour ne pas sortir du moule, pour ne pas se faire remarquer, pour montrer qu&#8217;on est trop aware d&#8217; &laquo;&nbsp;autodérision&nbsp;&raquo;, et surtout, surtout, qu&#8217;<strong>on accepte bien sa place bien rangée de dominé(e) social(e)</strong>, surtout ne rien dire, ne pas changer le status quo, car on apprend malheureusement très vite (je parle d&#8217;expérience) que quand on est &laquo;&nbsp;presque&nbsp;&raquo; égal, mettre en avant une situation réelle d&#8217;inégalité de traitement est le meilleur moyen de s&#8217;acheter un aller simple vers l&#8217;anathème social, de porter une étiquette d&#8217;extrémiste, voire de radicaliser encore plus les soi-disant &laquo;&nbsp;progressistes&nbsp;&raquo; dans leurs démarches inconscientes <strong>CONTRE</strong> le progrès.</p>
<div id="attachment_1428" class="wp-caption alignleft" style="width: 267px"><a href="https://marie-crayon.com"><img class="size-medium wp-image-1428      " title="Jupe de Pute" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/07/32840289_1699915216722048_6800239956187938816_o-257x300.jpg" alt="" width="257" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Illustration par la talentueuse Marie Crayon </p></div>
<p>N&#8217;avez vous jamais remarqué combien tant de vos amis convaincus d&#8217;être super ouverts d&#8217;esprit et positifs <strong>dépensaient des tonnes de temps et d&#8217;énergie</strong> à expliquer aux minorités que certains de leurs combats sont ridicules, qu&#8217;ils s&#8217;y prennent mal, que là ils/elles vont trop loin, que <strong>ce n&#8217;est pas la meilleure manière</strong> de se faire entendre, etc. Des heures et des heures dans les repas de famille, des kilomètres de lignes sur les réseaux sociaux de tout ces progressistes autodéclarés prêts à abattre leurs arguments prémâchés au nez de leurs amis relayant un combat minoritaire, et qui restent pourtant étrangement <strong>silencieux et invisibles</strong> quand d&#8217;autres amis de leur cercle social vont faire une blague sur les arabes ou partager un meme des petits soldats de la Manif pour Tous. Ceux qui vont utiliser une insulte homophobe &laquo;&nbsp;parce que c&#8217;est dans le langage courant, ça ne veut plus dire ça&nbsp;&raquo; . Qui vont partager une vidéo se moquant d&#8217;une minorité marginale parce que ha ha hu hu sont cons ces gens là, ils sont pas comme nous, les normaux, les <strong>Mieux &#8482;</strong>. Les mêmes qui ne vont jamais dénoncer leur pote qui va siffler une fille en jupe dans la rue, ni expliquer à tonton René que sa blague tirée des forums du FN entre la poire et le café du repas de Noël est carrément déplacée et de mauvais goût. Ces gens, convaincus d&#8217;être du bon côté, <strong>passent plus de temps à essayer de donner des leçons</strong> aux personnes tentant désespérément d&#8217;exprimer leur souffrance ou leur colère vis à vis d&#8217;une injustice, <strong>que de temps à essayer de faire changer les choses</strong>.</p>
<p>Quand on a mangé la pilule, c&#8217;est terriblement <strong>lassant, usant, et désespérant</strong>, de voire toute cette énergie gâchée par des gens qu&#8217;on estime (et qu&#8217;on a de plus en plus de mal à estimer) à aller contre le sens de l&#8217;histoire. C&#8217;est terriblement triste, et ça fait mal au coeur de les voir si sincèrement <strong>convaincus d&#8217;être de bons alliés</strong>, et de faire passivement tant de dégâts&#8230; La meilleure leçon à tirer de tout ça (et elle est valable pour <strong>tout le monde</strong>, même pour moi, et même pour mon hypothétique femme trans black lesbienne malentendante inventée plus haut), c&#8217;est que quand quelqu&#8217;un te parle d&#8217;un problème, si tu n&#8217;es pas <strong>DIRECTEMENT CONCERNÉ(E) </strong>par le problème, avant toute chose? Tu <strong>ÉCOUTES</strong>. Ensuite tu essaies de <strong>COMPRENDRE</strong>. Et après, même si tu n&#8217;es pas convaincu du bien fondé d&#8217;une démarche avancée pour corriger le problème, au mieux, si tu as une meilleure idée, <strong>METS LA EN PRATIQUE</strong> TOI MÊME, en parallèle, apporte ta brique à l&#8217;édifice. Mais si tu n&#8217;as pas de meilleure idée, sois gentil, avec tout le respect que je te dois, <strong>FERME TA GUEULE</strong>. Je ne te demande pas forcément d&#8217;aider activement une démarche que tu trouves maladroite, mais au moins, s&#8217;il te plait, arrête de dépenser plus d&#8217;énergie à contredire/corriger/mansplainer les efforts des gens qui essaient de faire bouger les choses que tu ne passes d&#8217;énergie à faire bouger les choses toi même. Ou alors, <strong>assume ce comportement</strong>, et arrête de mentir aux autres (et surtout, <strong>de te mentir à toi-même</strong>) en te prétendant progressiste et/ou allié. Le monde est complexe, et loin d&#8217;être manichéen. Mais dans un monde où l&#8217;apathie et le laisser-faire font plus de dégats que les mouvements négatifs, <strong>si tu ne fais pas activement partie de la solution</strong>, il est fort, fort probable que tu fasses <strong>partie du problème</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>(encore merci à <a href="https://marie-crayon.com">Marie Crayon</a> de m&#8217;avoir laissé illustrer mon petit article avec son joli dessin que je trouvais fort à propos&#8230;)</em></p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Mon dieu je suis tellement pareille sur ça »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: I&#8217;ve just seen a face, The Beatles, « Had it been another day I might have looked the other way and I&#8217;d have never been aware, but as it is I&#8217;ll dream of her tonight&#8230; »</p>
<p>Même s&#8217;il n&#8217;y a rien de plus frustrant que de voir un ami au bon fond agir comme un relou, la vie est belle !</p>
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		<title>Briser mon silence</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jun 2018 16:36:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Bisexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Confidences]]></category>
		<category><![CDATA[De Senquisse]]></category>
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		<description><![CDATA[Ou: histoire de quelques bras virils, et le secret derrière mon nom « Tears of the Night »&#8230; J&#8217;aime beaucoup le nom de mon blog, reliquat du nom d&#8217;un des groupes que j&#8217;avais monté dans mes années musique, qui a peu duré, et j&#8217;ai toujours trouvé que c&#8217;était dommage de faire sombrer à néant cette]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ou: histoire de quelques bras virils, et <strong>le secret derrière mon nom</strong></em></p>
<p>« <strong>Tears of the Night</strong> »&#8230; J&#8217;aime beaucoup le nom de mon blog, reliquat du nom d&#8217;un des groupes que j&#8217;avais monté dans mes années musique, qui a peu duré, et j&#8217;ai toujours trouvé que c&#8217;était dommage de faire sombrer à néant <strong>cette association de sons, de concepts et d&#8217;idées </strong>qui me plaisait beaucoup. Quand j&#8217;ai commencé à écrire publiquement, j&#8217;ai donc recyclé. Si le titre de ce blog &#8211; vous le comprendrez dans quelques paragraphes &#8211; est relativement bien adapté à cet article, ceux qui me connaissent bien savent qu&#8217;avant de publier mon tout premier article, j&#8217;ai longtemps hésité entre ce titre recyclé et un autre, en français celui là, écho d&#8217;une phrase qu&#8217;on entend souvent dans ma bouche: « <strong>Ma vie est un open-bar</strong> ». C&#8217;est sur ce second nom avorté, et non sur le premier, que je vais rebondir pour débuter cet article. Je m&#8217;excuse par avance de sa longueur, mais <strong>j&#8217;ai des choses difficiles à écrire</strong>, et elles ont besoin d&#8217;un contexte. Ceci est sans doute<strong> l&#8217;article le plus difficile que j&#8217;aie eu à écrire</strong> depuis que j&#8217;envoie mes mots mis en forme telles des bouteilles sur les océans du net. Mais si vous prenez le temps de lire cet article jusqu&#8217;au bout (<strong>#teaser</strong>, t&#8217;as vu comme je te clickbait&#8230; enfin <strong>readbait</strong> plutôt vu que t&#8217;as déjà cliqué) tu sauras enfin pourquoi je n&#8217;utilise plus mon patronyme de naissance depuis des années, et pourquoi un certain surnom<strong> m&#8217;horripile</strong>.</p>
<p>Un <strong>open bar</strong>, donc. La plupart de mes proches et moins proches qui me fréquentent le savent. Il est assez difficile de me vexer, et s&#8217;il y a quelques sujets que j&#8217;aborde peu de manière spontanée, il est de notoriété publique qu&#8217;en général <strong>lorsqu&#8217;on me pose une question, j&#8217;y réponds</strong>. Au pire, par « je n&#8217;ai pas envie de te répondre » (<strong>très rare</strong>) ou par un « je n&#8217;ai pas le temps de te répondre » (beaucoup plus fréquent, mais ce n&#8217;est que <strong>partie remise</strong>). Si je ne me considère pas comme marginal, <strong>il serait hypocrite de prétendre que je suis un individu qui correspond, ne serait-ce que de loin, au moule normatif de la société</strong>. En fait je crois que même quelqu&#8217;un bourré, de nuit, myope et sans lunettes arriverait encore à faire la différence entre un individu correspondant au moule normatif de la société et moi.</p>
<p>Quand mes proches, ou des gens qui me connaissent un peu sont en confiance, c&#8217;est donc souvent vers moi qu&#8217;ils se tournent pour <strong>parler de leurs problèmes</strong> ou poser des questions sur des thèmes aussi divers et variés que, allez, au hasard, <strong>la non-exclusivité, le sexe entre amis, les psychotropes, la foi païenne, les comics, la bisexualité, et j&#8217;en passe</strong>. Il y a quelques jours, au cours d&#8217;une soirée festive parisienne <strong>épique</strong> (si, si, quand la préchauffe commence à 18h et que la soirée se termine à 6h, <strong>on a le droit de dire « épique »</strong>), il se trouve qu&#8217;une amie chère que je connais depuis plus de quinze ans est venue pour la première fois me poser des questions sur <strong>mes rapports avec les garçons</strong> (et c&#8217;était spontané et délibéré vu qu&#8217;elle n&#8217;était <strong>même pas bourrée</strong>). Et s&#8217;il est vrai que <strong>ma bisexualité est de notoriété publique</strong> (même si elle ne l&#8217;était pas, n&#8217;importe quel Sherlock Holmes du dimanche aurait pu le comprendre en me voyant <strong>baver sur Chris Hemsworth ou Jason Momoa</strong>), si j&#8217;en ai d&#8217;ailleurs régulièrement parlé &#8211; ou au moins mentionné &#8211; sur ce blog, les détails pratiques ou les anecdotes liées à mes histoires masculines font rarement partie des anecdotes que je raconte.</p>
<p>C&#8217;est <strong>en répondant sans retenue ni gène aux questions de mon amie </strong>que je me suis rendu compte qu&#8217;il y avait sans doute une raison à cela, <strong>une raison évidente</strong>, parce que parler d&#8217;un sujet t&#8217;amène à penser ou parler à des sujets proches, et que sur ces chemins emplis de jolies fleurs et de <strong>souvenirs agréables</strong> je pouvais apercevoir dans les méandres de mon esprit labyrinthique l&#8217;un des (rares) (si si, ils sont vraiment rares) <strong>sentiers sombres, sales,</strong> où j&#8217;ai planté plein de poteaux &laquo;&nbsp;<strong>WARNING</strong>&nbsp;&raquo; peints en rouge pour être bien visible de mon avatar cognitif inconscient lorsqu&#8217;il titille mon cerveau pour y puiser des souvenirs.</p>
<p>J&#8217;ai découvert ma bisexualité &laquo;&nbsp;sur le tard&nbsp;&raquo;. Déjà parce qu&#8217;objectivement, <strong>sur un plan purement physique et esthétique</strong>, je préfère le corps féminin. Mais j&#8217;ai vite compris que mes amours et mes désirs naissaient principalement d&#8217;une <strong>émulsion intellectuelle</strong> plutôt que visuelle ou hormonale. Je suis résolument <strong>sapiosexuel</strong>. Je tombe amoureux d&#8217;un <strong>esprit</strong> plutôt que d&#8217;un corps ou d&#8217;un visage. Et j&#8217;avoue que la première fois que je suis tombé amoureux d&#8217;un esprit qui était livré avec un corps de mec, bah&#8230; <strong>j&#8217;ai refoulé</strong>. J&#8217;avais 17 ans. J&#8217;ai enterré ça. Mes partenaires de galipettes, à cet âge, se comptaient déjà sur deux chiffres, alors <strong>ça devait être un bug</strong>. Technique de l&#8217;autruche qui n&#8217;assume pas. Et c&#8217;est vers vingt ans, au fil de nombreuses discussions <strong>sans tabou et extrêmement saines</strong> en compagnie de mon meilleur ami de l&#8217;époque, lui <strong>ouvertement gay</strong>, que j&#8217;ai compris que j&#8217;étais bi. Et que j&#8217;avais « <strong>le droit</strong> » de l&#8217;être. Ne riez pas de cette dernière phrase, je suis très sérieux: déjà, à l&#8217;époque, l&#8217;homosexualité était nettement moins « grand public », acceptée et/ou tolérée que maintenant, mais quand tu étais bi (je devrais mettre un présent, car ce qui suit est <strong>malheureusement toujours vrai de nos jours</strong>, même si l&#8217;ampleur est moindre) tu avais tiré <strong>le double ticket gagnant de la discrimination homophobe</strong>. Tous les étriqués d&#8217;esprits intolérants qui crachaient sur « <strong>Les Pédés</strong> » crachaient aussi sur les bi, <strong>bien sur</strong>. Mais une tristement large partie de <strong>la communauté gay crachait aussi sur les bi</strong>, comme des indécis ou des traitres à la cause. Sans compter la proportion effarante de gens dans un camp comme dans l&#8217;autre convaincus que nous n&#8217;existons pas et que «<strong> c&#8217;est juste une passade</strong> » / « <strong>c&#8217;est un effet de mode</strong> » / « <strong>à un moment il/elle va bien choisir</strong> ».</p>
<p>Néanmoins, en dépit du climat peu bi-friendly de l&#8217;époque, en parler m&#8217;aide à <strong>mieux me comprendre</strong>, et je me dis que la prochaine fois que ma sapiosexualité me mène sur la route d&#8217;un esprit au corps du même sexe que le mien, je pourrai maintenant l&#8217;assumer. Et sans être particulièrement prosélyte sur le sujet, je me décide, maintenant que je l&#8217;avais compris, de répondre à toute personne me posant des questions sur ma sexualité: <strong>« je suis bisexuel »</strong>. Bon, en VRAI, si je dois être <strong>lexicalement hyper précis, </strong>je pense que je suis techniquement <strong>pansexuel</strong>. Le cas de figure n&#8217;est encore jamais arrivé jusqu&#8217;à présent, mais si mon coeur venait à s&#8217;emballer pour une personne située ailleurs qu&#8217;aux deux extrêmes du spectre du genre, je l&#8217;assumerai tout autant. Mais je ne connaissais pas le mot « pansexuel » à l&#8217;époque, j&#8217;ai pris l&#8217;habitude de dire « bi » et je le dis toujours, parce que <strong>je trouve ça joli</strong>. Vous me pardonnerez ce léger manque de précision sémantique.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1406" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1406"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1406" title="Trouple" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/06/fef3d7dabf04dca3133b5652b6201e32-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p><strong>Ma première expérience sexuelle avec un garçon</strong> est arrivée étonnamment <strong>très vite</strong> après cette prise de conscience. Moins d&#8217;un an. Un ami de fac qui avait un appartement non loin d&#8217;icelle, et <strong>chez qui je dormais souvent</strong>, parce que c&#8217;était pratique, les soirs où on sortait ensemble faire la fête jusqu&#8217;au bout de la nuit. Il m&#8217;avait prêté <strong>un double de ses clefs</strong>, parce que certains soirs, je rentrais seul alors qu&#8217;il était parti aux bras d&#8217;une jolie demoiselle. Parfois, c&#8217;est lui qui rentrait seul, pour les mêmes raisons, à l&#8217;envers. Parfois, quand <strong>la douceur des amours volages</strong> nous était clémente à tous les deux, son appartement restait vide. Et <strong>parfois on rentrait tous les deux</strong>. Ces soirs là, on se couchait ensemble dans son grand lit, et <strong>on papotait encore pendant des heures</strong> après la fête, à refaire le monde. Et de fil en aiguille, tout doucement, de nuit en nuit, c&#8217;est devenu autre chose. Et <strong>c&#8217;était génial</strong>. C&#8217;est sans doute la meilleure première expérience non-hétéro que j&#8217;aurais pu avoir, parce que si tu te souviens bien du <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=1351">3ème article de mon B.A.-BA de l&#8217;amour</a>, tu sais que pour moi, <strong>un(e) amant(e) qui est aussi un(e) ami(e), c&#8217;est encore mieux</strong>.</p>
<p>La seconde expérience était <strong>purement une aventure.</strong> Une manière de <strong>transformer l&#8217;essai</strong>, en sorte. Rien de véritablement marquant à en dire. A l&#8217;époque où je parlais souvent de mes papillons, disons que <strong>ce garçon fut mon premier (et seul) papillon masculin</strong>.</p>
<p><strong>La troisième expérience était très différente</strong>. Et mon état d&#8217;esprit aussi. J&#8217;étais dans la même sorte de spirale intellectuelle et émotive dans laquelle je tourne lorsque ma curiosité et mon intérêt sont piqués par quelqu&#8217;un, et que je sens <strong>mes indicateurs cognitifs passer au vert</strong>, une personne dont je pourrais tomber <strong>amoureux</strong>. Voire <strong>Amoureux</strong> (<a href="http://desenquisse.com/totn/?p=1338">pour la différence entre amoureux et Amoureux, c&#8217;était ici</a>). Il a presque dix ans de plus que moi, il a <strong>une culture incroyablement riche</strong>, il est plus grand que moi (ce qui, du haut de mon 1m91, est assez rare), et chaque fois qu&#8217;il ouvre la bouche, <strong>sa voix est un chant</strong>, une ligne de basse qui me fait vibrer tout entier. Je viens de rompre d&#8217;une relation assez longue durée et de quelques années de vie commune, <strong>on se rapproche, on se cherche, on se trouve</strong>. On passe de plus en plus de temps ensemble. Des jours et des nuits <strong>fantastiques</strong>. La certitude de ma sapiosexualité (physiquement, <strong>il est trop musclé pour me plaire</strong>, en mec je suis plus dans le cliché bad boy tendre, style Kurt Cobain ou Jared Leto) et de ma bisexualité (je me sens en train de tomber doucement amoureux) s&#8217;ancre définitivement en moi. Bref, <strong>que du bonheur</strong>.</p>
<p><strong>Jusqu&#8217;au soir où il m&#8217;a violé</strong>.</p>
<p>Voir ces mots écrits au moment où je les frappe (<strong>frénétiquement</strong>, malgré moi, mes doigts sont des boules de nerfs, des chevaux rebelles qui renâclent sous la contrainte) me fait encore de l&#8217;effet. <strong>Plus de douleur, plus de peine, plus de souffrance</strong>, cette partie de la page est tournée maintenant, mais cela reste <strong>difficile</strong>. J&#8217;ai mis plusieurs mois à le comprendre, plusieurs années à le digérer, <strong>plus de dix ans avant de pouvoir en parler</strong> à qui que ce soit. Au moment où j&#8217;écris ces lignes, <strong>moins de dix personnes sont au courant</strong> de cette histoire sordide, avec plus ou moins de détails. C&#8217;est la première fois que j&#8217;en parle « publiquement », parce qu&#8217;aujourd&#8217;hui j&#8217;en ai envie. Peut être <strong>besoin</strong>. <em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Ceux qui ont du mal avec le sujet peuvent sauter les prochains paragraphes sous les petites étoiles, car ils seront assez graphiques, reprenez aux petites étoiles suivantes, juste après l&#8217;image, pas avant</strong></span></em>.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***************</strong></p>
<p>Il est tard, nous rentrons d&#8217;une fête. <strong>Je suis sur les rotules</strong>. On va se coucher. Il a envie, <strong>pas moi</strong>. Il argumente, négocie. Commence <strong>un petit jeu qui m&#8217;amuse</strong> un peu, sur le coup, malgré la fatigue. Des grimaces de fausse tristesse, des chatouilles. Dans mon souvenir, <strong>je m&#8217;entends même en rire franchement</strong> en dépit de la fatigue. Mais je sais trop comment fonctionne l&#8217;esprit humain aujourd&#8217;hui pour savoir qu&#8217;<strong>il y a sans doute des différences assez énormes entre mes « souvenirs », aujourd&#8217;hui, et ce qui s&#8217;est réellement passé à la fin de l&#8217;hiver (ou était-ce déjà le printemps?) au début de l&#8217;année 2004</strong>. La Vie (<strong>tm</strong>) me pardonnera toute erreur factuelle, <strong>elle ne serait pas délibérée</strong>. Mon rire donc. Et puis le jeu « s&#8217;envenime » un peu. Devient un jeu un peu <strong>dominant / dominé</strong>. Ceux et celles qui sont passés entre mes bras, entre mes draps, savent que je suis d&#8217;un naturel <strong>dominant</strong>, dans un cadre de <strong>limites mutuellement consenties</strong>. Que je sais parfaitement être « neutre » si besoin. Mais rien d&#8217;autre. Vous le savez, je le sais, <strong>il le sait aussi</strong>. Et là, à ce moment là, <strong>il y a un grand flou dans mes souvenirs</strong>. Je me vois (oui, <strong>je me vois</strong>, et à ce moment je repense à cette trope littéraire de <strong>la dissociation du corps et de l&#8217;esprit pendant un viol</strong>, de voir la scène comme un fantôme spectateur, et <strong>mon cerveau prend des notes et félicite le corpus médical et littéraire</strong> de sa justesse sur le sujet), sur le ventre (je me dis que <strong>je me suis un peu laissé aller depuis que je suis officiellement célibataire</strong>, et qu&#8217;il faudrait que je pense à perdre quelque kilos), la tête écrasée contre l&#8217;oreiller (je me félicite chaleureusement de ma décision de <strong>systématiquement payer mes oreillers plus cher</strong>, que le duvet c&#8217;est tendre et <strong>confortable</strong>, et que les gens qui dorment sur des oreillers synthétiques ne sont que des barbares), physiquement, je ne ressens rien (je me demande s&#8217;il y aura beaucoup de monde au magasin demain, les comptes de <strong>ma petite entreprise </strong>connaissent un peu la crise), absolument rien, même pas une sensation d&#8217;anesthésie, juste le vide (mon cerveau tente de dresser un <strong>schéma comparatif avec mes exercices de méditation</strong>, se dit que cette méthode arrive au même résultat de manière bien plus rapide, peut être <strong>quelque chose à en retirer</strong>? Une soudaine envie de vomir venue de nulle part, <strong>mon cerveau abandonne l&#8217;idée</strong>). Je ne sens rien.</p>
<p><strong>Je ne suis rien</strong>.</p>
<p>En cet instant, <strong>je ne suis plus rien</strong>.</p>
<p>Je ne ressens rien. Mais <strong>j&#8217;entends</strong>. J&#8217;entends sa voix, sa si belle voix, <strong>sa voix grave</strong>, et pourquoi n&#8217;avais-je jamais remarqué comme <strong>cet arrière goût de cruauté, de méchant de James Bond</strong>, j&#8217;ai l&#8217;impression de n&#8217;entendre que ça maintenant c&#8217;est étrange. Et il répète, tel un mantra, pendant qu&#8217;il est occupé (à quoi? <strong>Je ne sais pas</strong>, mes yeux de fantôme à quelques mètres de mon corps refusent de se baisser pour voir la scène en pied. Mais à la voix, <strong>il fait un effort, visiblement</strong>, il doit être occupé, et mon cerveau me dit que <strong>des muscles puissants c&#8217;est pratique quand on veut faire un effort</strong> physique, <strong>il a de la chance, mon mec</strong>). Il répète le surnom que j&#8217;avais à l&#8217;époque. Il répète mon patronyme de naissance. En boucle. Il aime ça, Polo. Il aime ça, monsieur XXXXX. Tu dis rien?<strong> Il aime ça Polo</strong>. <strong>Il aime ça monsieur XXXXX</strong>. Tu dis rien? <strong>IL AIME ÇA POLO!!! IL AIME ÇA MONSIEUR XXXXX!</strong>!! etc. Pendant&#8230; Pendant <strong>je ne sais pas</strong>. Deux minutes? Dix? Une heure? Une vie? Ma vie? Puis mon cerveau me rappelle à l&#8217;ordre, me rappelle qu&#8217;on a convenu lui et moi il y a quelques secondes/minutes/heures/jours/mois/années que <strong>je ne suis plus rien</strong>, et qu&#8217;il y avait une bonne raison pour ça. Mes souvenirs s&#8217;arrêtent là. <strong>Fade to black</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>***************</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a rel="attachment wp-att-1408" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1408"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1408" title="Broken Self" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/06/240_F_187336177_Z0KVUILGOjfNd6PBblT6yMwZVkngC0Jb-300x142.jpg" alt="" width="300" height="142" /></a><br />
</strong></p>
<p>Les souvenirs suivants sont ceux du lendemain. Enfin <strong>je suppose</strong>. En tout cas il faisait jour. Et <strong>au risque de ressembler à un cliché sur pattes</strong>, j&#8217;essaie de reconstituer la scène de la (veille?). Je me dis que <strong>j&#8217;ai dû mal comprendre</strong>. Ou mal me souvenir. Et que de toutes façons <strong>c&#8217;est probablement de ma faute</strong>. La spirale noire commence. Mon cerveau, béni cerveau plus rapide que la moyenne, <strong>prend tout en main</strong>. Entreprise d&#8217;excavation, à l&#8217;envers. Mon mec disparait de ma vie (je l&#8217;ai envoyé chier? Il n&#8217;a pas osé revenir? <strong>Je ne sais pas</strong>. Je ne sais plus. Je sais juste qu<strong>&#8216;il n&#8217;est plus dans ma vie et c&#8217;est tant mieux</strong>). Ma petite entreprise est sur une pente descendante mais curieusement <strong>je n&#8217;en ai plus rien à foutre</strong> (il s&#8217;est passé des choses dans l&#8217;arrière boutique avec&#8230; avec qui déjà?). Je vais aller déposer le bilan, <strong>pas envie de faire d&#8217;efforts</strong>. Je n&#8217;ai plus d&#8217;argent pour payer mon loyer et <strong>je vais devoir quitter mon appartement</strong>. Trois mois d&#8217;impayés déjà, c&#8217;est pile le montant de la caution, <strong>mes relations avec mon proprio s&#8217;enveniment</strong>. Mes parents, garants, s&#8217;en <strong>inquiètent</strong>. S&#8217;inquiètent un peu de <strong>mon inhabituelle apathie</strong>. T&#8217;as pas l&#8217;air d&#8217;aller bien&#8230; Non, non, je ne vais pas bien, mais <strong>c&#8217;est normal</strong>, ma boite que je saborde a 10 000 euros de dettes, et je dois déposer le bilan, et puis aussi des restes de cette rupture de relation à long terme avec cette fille il y a quelques mois, bien sûr, c&#8217;est ça, <strong>c&#8217;est FORCÉMENT ça</strong>. Ce n&#8217;est <strong>que</strong> ça. <strong>Rien d&#8217;autre</strong>. Absolument rien d&#8217;autre. Il n&#8217;y a rien d&#8217;autre, rien que le rien. <strong>Moi</strong>. <strong>Le rien</strong>.</p>
<p>Mon cerveau continue à prendre tout en main. Les oeillères, comme à un <strong>cheval rebelle</strong>, pour qu&#8217;il aille droit, droit devant. <strong>Avancer</strong>. Avancer parce que si je n&#8217;avance pas, <strong>je tombe</strong>, et que je sais, je sens que si je tombe,<strong> je ne me relèverai pas</strong>. Alors j&#8217;avance, je crée de nouveaux projets, je me réinscris à la fac, je rentre vivre chez mes parents, temporairement bien sûr, le temps de me refaire une santé, d&#8217;éponger mes dettes <strong>QUI SONT LA SEULE ET UNIQUE RAISON DE MES LARMES QUAND ELLES COULENT</strong>. Tourner la page de mon entreprise morte, <strong>QUI EST LA SEULE ET UNIQUE RAISON DE MES LARMES QUAND ELLES COULENT</strong>. Et ça marche. Tant bien que mal. La <strong>poussière de Lune</strong> m&#8217;aide à me concentrer, à aller plus loin de l&#8217;avant.En 2004, cela fait six ou sept ans que j&#8217;en prends régulièrement, pour bosser surtout, pour <strong>les nuits blanches</strong>. Je connais bien son pouvoir anesthésiant. <strong>Je constate que ça fonctionne aussi sur l&#8217;âme</strong>, un peu. Je n&#8217;avais jamais eu l&#8217;âme qui pique. Je suis <strong>ruiné</strong> mais je trouve toujours quelques combines, quelques vieux souvenirs à revendre, pour de l&#8217;argent de poche, <strong>un peu d&#8217;argent de nez</strong>.  J&#8217;avance. Je me reconstruit. Surtout, surtout ne pas regarder derrière. <strong>Il ne s&#8217;est rien passé</strong>.</p>
<p>Les premiers mois, <strong>j&#8217;ai du mal à comprendre</strong> pourquoi mon surnom que j&#8217;adore (<strong>Salut Polo</strong>! Une petite partie de L5R???) est soudainement <strong>insupportable</strong> à mon oreille. Je demande <strong>gentiment</strong> aux gens de ne plus m&#8217;appeler Polo. <strong>Beaucoup ont du mal</strong>, ça fait des années que je les <strong>bassine</strong> avec ça, tout le monde <strong>sait</strong> que je préfère « Polo » à Paul. C&#8217;est vrai ça, <strong>c&#8217;est étrange</strong>, peut être parce que c&#8217;était Polo sur le lit qui se fai<strong>et là le cerveau prend la main</strong> et rationalise et dit que <strong>Polo ça fait gamin quand même</strong>, j&#8217;ai vingt cinq ans <strong>bordel</strong>, il y a quelques mois j&#8217;étais <strong>chef d&#8217;entreprise</strong>, c&#8217;est nul Polo. <strong>Berk</strong>. C&#8217;est pour ça. <strong>C&#8217;EST JUSTE POUR ÇA</strong>, bien sûr.</p>
<p>Encore plus étrange. Chaque fois que j&#8217;entends mon <strong>patronyme</strong>, que je le vois <strong>écrit sur une lettre</strong> m&#8217;étant adressée, sur ma carte d&#8217;identité, quand on fait l&#8217;appel à la fac (oui je vous ai pas dit? <strong>J&#8217;ai repris la fac</strong>. D&#8217;anglais. <strong>Aller de l&#8217;avant</strong>. Ne pas s&#8217;arrêter. <strong>Ne pas tomber</strong>. Toujours), chaque fois que je le croise sous une forme quelconque,<strong> j&#8217;ai envie de vomir.</strong> Viscéralement. Chaque fois. <strong>Au creux des tripes</strong>. Sans doute parce que Monsieur XXXXX, il s&#8217;est fait v<strong>et là le cerveau prend la main </strong>et rationalise et affirme que Paul (<strong>pas Polo</strong>, jamais Polo, <strong>plus jamais Polo</strong>) c&#8217;est <strong>un putain de bon écrivain</strong>, et qu&#8217;il a le sang bleu, <strong>bordel</strong>, alors il n&#8217;y a aucune raison pour que les gens l&#8217;appellent par son&#8230; par <strong>CE</strong> nom plutôt que par son titre. Après tout, le ministre de l&#8217;intérieur actuel, tout le monde l&#8217;appelle « De Villepin », pas « Galouzeau ». <strong>Je suis un garçon exceptionnel</strong>, je mérite et exige le même traitement. Question d&#8217;<strong>ego</strong>, vous me connaissez. C&#8217;est pour ça. <strong>C&#8217;EST JUSTE POUR ÇA</strong>, bien sûr.</p>
<p><strong>Les années passent</strong> et mon esprit est <strong>fort</strong>. Je me suis vite reconstruit, au final. Je suis <strong>un mec bien</strong> (<strong>je ne suis rien</strong>, dit un écho qui commence à disparaitre). Mon cerveau fait des merveilles. En sacrifiant mon patronyme et mon surnom à la déesse et au dieu, <strong>ils m&#8217;aident à me relever</strong>. Ma <strong>foi</strong> m&#8217;aide beaucoup. <strong>Les filles qui passent dans mes bras </strong>(juste des filles. Pour l&#8217;instant en tout cas) aussi. <strong>C&#8217;est joli, un papillon</strong>. La poussière de Lune m&#8217;aide beaucoup. Un doute&#8230; <strong>Et si ce n&#8217;est qu&#8217;avec ça que je tiens, en VRAI</strong>? En 2007, je me sens assez fort pour mettre cette théorie en phase test. <strong>J&#8217;arrête du jour au lendemain</strong>. Sans manque, sans séquelles. C&#8217;est <strong>MOI</strong> qui me suis reconstruit, pas la poudre. Je suis un mec fort. Je suis un mec bien (je ne suis ri<strong>TA GUEULE</strong>!&#8230; C&#8217;est la dernière fois que j&#8217;entends l&#8217;écho).</p>
<p>Les années passent et<strong> petit à petit</strong>, je réalise, je comprends, <strong>j&#8217;assume</strong>, je digère, mais <strong>je n&#8217;en parle pas</strong>. Vers&#8230; 2013 ? Presque dix ans après les faits, <strong>je peux à nouveau croiser mon patronyme de naissance sans avoir envie de vomir</strong>. C&#8217;est la première fois. Je suis en train de préparer mes <strong>faire-parts de mariage</strong>, ceux qui sont adressés à ma famille, qui porte toujours <strong>ce nom qui ne pique plus</strong>. Qui ne pique plus, mais que je n&#8217;utilise plus depuis dix ans. Ce n&#8217;est plus <strong>MON</strong> nom. Mon nom à moi, après un long combat judiciaire, administratif, et notarié, il est écrit <strong>noir sur bleu</strong> sur ma carte d&#8217;identité, maintenant. <strong>MON nom</strong>. Et vu qu&#8217;on va se marier, tiens, on en parle, de noms. On fait quoi? On garde chacun le sien? Ah, tu penses qu&#8217;avoir le même ce serait cool pour les enfants? <strong>Ça me va</strong>. Tu veux t&#8217;appeler De Senquisse? Ou tu préfères que je m&#8217;appelle YYYYY? Les deux me vont tout autant, tu sais&#8230; (<strong>le petit lapin apeuré</strong> de la vocalisation des <strong>Évènements de 2004(tm)</strong> pointe le bout de son museau au fond de ma gorge. Pour la première fois depuis 2004. Finalement c&#8217;est peut être sain d&#8217;en parler? Et je suis en confiance. Et c&#8217;est le thème. Pattoune, Pattoune, font les pattes du lapin) Comment? Pourquoi pas <strong>XXXXX</strong>? Mais c&#8217;est très con ça, comme question. <strong>C&#8217;est pas mon nom</strong>. C&#8217;est celui de mon père. T&#8217;épouses pas mon père, si? Hein? Oui, je sais que tu me trouves chiant avec mes histoires de nom, mais je t&#8217;ai déjà dit, <strong>tu sais</strong> que XXXXX pour moi c&#8217;est lié à des souvenirs difficiles&#8230;</p>
<p><strong>« Oh c&#8217;est bon hein, c&#8217;est pas comme si tu t&#8217;étais fait violer!!! »</strong></p>
<p>Le petit lapin s&#8217;enfuit. Retourne bien, bien profond dans son terrrier. <strong>Safe</strong>. Il mettra deux ans de plus avant de sortir, enfin, se faire caresser ses blessures par <strong>des gens qui comptent</strong>, des gens de <strong>coeur</strong>, en qui j&#8217;ai confiance et <strong>qui ne m&#8217;ont jamais trahi</strong>. Moins d&#8217;une petite dizaine de caresses dans les deux ans qui suivent. Juin 2018, le petit lapin sort pour la première fois de son terrier au grand jour et en public. Regardez comme il est mignon maintenant:</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1405" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1405"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1405" title="Fluffy Bunny" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/06/Fluffy_bunny-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Il est mignon mais<strong> il serait hypocrite de prétendre qu&#8217;en cet instant précis il ne me fait pas un petit peu peur</strong>, ce lapin. Je sais que <strong>forcément</strong> certains regards dans mon entourage vont changer. Mais <strong>je fais confiance au lapin</strong>, je <strong>me</strong> fais confiance. Il sort parce qu&#8217;il en a <strong>besoin</strong>, il sort parce que <strong>j&#8217;en ai envie</strong>. Parce que <strong>ma vie est un open bar</strong>, et que ça inclut même les alcools imbuvables comme le Malibu, et <strong>les mauvais souvenirs d&#8217;un viol trop longtemps refoulé</strong>. Parce qu&#8217;il y a des choses à dire, <strong>encore</strong>. La plus importante? <strong>Je n&#8217;en veux à personne</strong>.</p>
<p><strong>Je vous pardonne</strong> de n&#8217;avoir pas deviné, c&#8217;était imbécile de ma part de l&#8217;attendre, surtout que je sais que <strong>je suis très doué pour masquer mes sentiments</strong>. <strong>Je pardonne</strong> aux dizaines, dizaines de personnes qui durant ces 14 dernières années ont prononcé en ma présence une variante du &laquo;&nbsp;<strong>de toutes façons un homme ça ne PEUT PAS se faire violer</strong>&nbsp;&raquo; . <strong>Je pardonne</strong> aux dizaines de poignards dans le coeur. <strong>Je pardonne</strong> à ceux qui étaient convaincus que j&#8217;avais décidé de ne plus me faire appeler Polo du jour au lendemain <strong>juste pour faire mon intéressant</strong>, parce qu&#8217;il y a sans doute un peu de vrai là dedans, <strong>mais pas que</strong>. <strong>Je pardonne</strong> à ceux qui pendant 14 ans ont trouvé ça <strong>super marrant</strong> de régulièrement me montrer que dans leur téléphone, ou dans leur messagerie, j&#8217;étais toujours enregistré sous <strong>mon vieux patronyme</strong>, ha ha ha c&#8217;est <strong>tellement drôle</strong> j&#8217;ai envie de vomir, et puis finalement, <strong>je n&#8217;ai plus envie de vomir</strong>, et <strong>ce n&#8217;est pas si grave</strong>, <strong>je vous pardonne</strong>. <strong>Je vous le pardonne</strong> parce que je sais, je <strong>SAIS</strong> que vous ne pensiez pas à mal, que vous ne <strong>POUVIEZ PAS</strong> savoir. Mais <strong>j&#8217;espère juste</strong> si vous me lisez et que si vous vous reconnaissez, la prochaine fois, si une situation similaire se présente, <strong>vous penserez à la portée de vos actes</strong>. Parce qu&#8217;on ne peut jamais <strong>tout</strong> savoir, jamais vraiment comprendre <strong>toutes les raisons</strong>, surtout pour <strong>quelque chose qui ne vous aurait pas demandé beaucoup d&#8217;effort</strong>. Dites vous que si quelqu&#8217;un vous demande quelque chose de <strong>simple, régulièrement, avec insistance</strong>, il y a peut être <strong>une sale raison comme la mienne</strong>, derrière. Venant de certains amis extrêmement proches, cela a sans douté été <strong>les coups de massue qui ont fait le plus mal ces 14 dernières années</strong>. Mais avec amour et sincérité, je vous le dis, je vous le pardonne. <strong>Promis</strong>, je vous le pardonne.</p>
<p>Et surtout, surtout?</p>
<p>Paul, <strong>mon petit Paul</strong>, mon petit égocentrique histrionique, <strong>baron de Senquisse</strong>, et incurable grandiloquent, <strong>je te/me le pardonne</strong>. <strong>Je te/me pardonne</strong> de ne pas m&#8217;avoir/t&#8217;être défendu.<strong> Je te/me pardonne </strong>de ne pas avoir réagi autrement. <strong>Je te/me pardonne</strong> de ne pas en avoir parlé tout de suite à quelqu&#8217;un. <strong>Je te/me pardonne </strong>de ne pas avoir porté plainte à l&#8217;époque. <strong>Je te/me pardonne </strong>de ne plus vouloir porter plainte aujourd&#8217;hui, parce que la page est tournée, que c&#8217;est une page encore difficile mais plus douloureuse, et que pour être tout à fait honnête j&#8217;ai oublié jusqu&#8217;à son nom et son prénom. Juste les images, floues. <strong>Mon cerveau est un outil extraordinaire</strong>. Et surtout, <strong>je te/me pardonne</strong> d&#8217;avoir pu <strong>oser croire</strong> ne serait-ce qu&#8217;un instant que <strong>c&#8217;était de ta/ma faute</strong>.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, <strong>je suis en paix avec moi même et avec ça</strong> depuis plusieurs années. Il n&#8217;est <strong>pas simple</strong> d&#8217;en parler (mais il y a cet article, maintenant, <strong>je peux envoyer le lien</strong>), et ça reste un souvenir difficile, mais <strong>je me sens apaisé</strong>, vraiment. J&#8217;ai suffisamment de distance physique, temporelle, et émotive avec les évènements pour avoir<strong> le recul nécessaire</strong> de ne plus en souffrir. Oh il y a <strong>sans doute des séquelles</strong>, objectivement, certaines sans doute invisibles, d&#8217;autres plus évidentes (à ce jour, sans pouvoir donner de chiffre précis, j&#8217;estime qu&#8217;une centaine de partenaires, plus ou moins 20%, ont <strong>partagé mes bras et mes draps</strong>. Sur cette centaine approximative, il n&#8217;y a que <strong>trois garçons</strong>. C&#8217;était le dernier. Et si <strong>je sais que je suis toujours sapiosexuel, et toujours bi(pan)sexuel</strong>, je sais aussi que le seuil de confiance nécessaire à ouvrir mes bras à un garçon aujourd&#8217;hui est <strong>incroyablement plus élevé </strong>que pour une fille. Mais ne vous inquiétez pas, <strong>ça va</strong>, vraiment. Juste un peu <strong>le trac</strong>. Et l&#8217;appréhension, pour la toute, toute première fois depuis les premiers articles de blog (en 2004, d&#8217;ailleurs. <strong>Marrant, cette coïncidence</strong>. Et pourquoi j&#8217;ai choisi &laquo;&nbsp;Tears of the Night&nbsp;&raquo; plutôt que &laquo;&nbsp;Ma vie est un open bar&nbsp;&raquo;, comme titre, déjà? <strong>Coïncidence aussi, sans doute</strong>. On n&#8217;avait pas dit que <strong>je ne croyais pas aux coïncidences</strong>, comme axiome?), l&#8217;appréhension d&#8217;appuyer sur le bouton « <strong>Publier</strong> ».</p>
<p>Il y a quelques heures, j&#8217;ai vérifié, il fonctionne.</p>
<p><strong><em>*CLIC*</em></strong></p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Je retiens de ma journée que j’aurai fait pleurer un mec et que j’aurai eu une demande en mariage&#8230; Ce blog est fantastique »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Les hommes qui passent, Patricia Kaas, « Les hommes qui passent, Maman, leurs nuits d&#8217;amour sont des étoiles qui laissent des traces, Maman&#8230; Les hommes qui passent&#8230; violents »</p>
<p>Même si l&#8217;anecdote sordide contée ci dessus est sans doute la seule fois depuis mes dix-sept ans jusqu&#8217;à ce jour où j&#8217;en ai VRAIMENT douté, la vie est belle !</p>
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		<title>ÉCHO ÉCHo Écho écho&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jun 2018 06:36:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>

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		<description><![CDATA[*rentre dans la pièce vide* *vois un énorme tas de poudre blanche* *soulève un sourcil* *sniffffffff* *TOUSSE TOUSSE TOUSSE* BORD D&#8217;AILES c&#8217;est de la poussière&#8230; Holà mais&#8230; Y&#8217;a des toiles d&#8217;araignées aussi&#8230; Et le dernier article date du? Premier avril? 2017???  Ah c&#8217;est pour ça que la BFF m&#8217;a appelé en panique le soir du]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>*rentre dans la pièce vide*</em></p>
<p><em>*vois un <strong>énorme</strong> tas de poudre blanche*</em></p>
<p><em>*soulève un sourcil*</em></p>
<p><em>*sniffffffff*</em></p>
<p><em>*<strong>TOUSSE TOUSSE TOUSSE</strong>*</em></p>
<p>BORD D&#8217;AILES c&#8217;est de la poussière&#8230;</p>
<p>Holà mais&#8230; Y&#8217;a des toiles d&#8217;araignées aussi&#8230; Et le dernier article date du? Premier avril? <strong>2017</strong>???  Ah c&#8217;est pour ça que la BFF m&#8217;a <strong>appelé en panique</strong> le soir du premier avril 2018, du coup&#8230;</p>
<p><em>*va chercher l&#8217;aspirateur et les produits ménagers*</em></p>
<p>Bon bah&#8230; <strong>au boulot hein</strong>. J&#8217;astique un petit coup (LES MURS ET LES SOLS, bande de gros dédjeulââââsses) et je vous refais signe.</p>
<p><em>*s&#8217;attache les cheveux pour pas les avoir dans les yeux en nettoyant*</em></p>
<p><em>*&#8230;*</em></p>
<p>Vous êtes toujours là? Euh&#8230; J&#8217;ai du ménage à faire là hein&#8230; Vous attendez quoi? <strong>La citation du jour et la chanson du jour</strong>? Ah bah forcément. Mais &laquo;&nbsp;du jour&nbsp;&raquo;, hein, ça veut dire qu&#8217;il n&#8217;y en a qu&#8217;une. Du coup ce sera pour l&#8217;article de tout à l&#8217;heure&#8230;</p>
<p>Et le bouton &laquo;&nbsp;Publier&nbsp;&raquo;, il fonctionne encore, en dépit de la poussière-pas-de-lune?</p>
<p><em>*&#8230;*</em></p>
<p><em>*<strong>CLIC</strong>*</em></p>
<div id="attachment_1392" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a rel="attachment wp-att-1392" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1392"><img class="size-medium wp-image-1392" title="Poussière" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2018/06/gettyimages-510432887-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Photo par Paul Düsterhöft / EyeEm</p></div>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>No fish today, my truth has gone away</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Apr 2017 18:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>

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		<description><![CDATA[Fidèle lecteur, assidue lectrice, si tu fais partie des vieux briscards de ce blog, tu as probablement attendu cette publication avec impatience. En effet, d&#8217;année en année, je m&#8217;amuse toujours à te préparer une petite publication sympa pour le premier avril, souvent sur un format convenu. Je commence un article de manière plausible, mais rapportant]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fidèle lecteur, assidue lectrice, si tu fais partie des vieux briscards de ce blog, tu as probablement attendu cette publication avec impatience. En effet, d&#8217;année en année, <strong>je m&#8217;amuse toujours à te préparer une petite publication sympa pour le premier avril</strong>, souvent sur un format convenu. Je commence un article de manière plausible, mais rapportant un fait ou une croyance étrange pour <strong>toute personne qui me connait un minimum</strong>. Genre, &laquo;&nbsp;je suis devenu chrétien&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;je vote Mélenchon&nbsp;&raquo;. Le but est de <strong>mettre la puce à l&#8217;oreille</strong> aux lecteurs les plus fidèles (bon, ok, &laquo;&nbsp;je suis devenu chrétien&nbsp;&raquo;, admettons, après une soirée bien arrosée et un stage de lavage de cerveau, c&#8217;est improbable mais plausible&#8230; mais &laquo;&nbsp;Je vote Mélenchon&nbsp;&raquo; je suis d&#8217;accord celui là il était trop gros, personne n&#8217;aurait pu tomber dedans). Puis de fil en aiguille, je commence à &laquo;&nbsp;monter en charge&nbsp;&raquo;, et avec une bonne dose d&#8217;ironie (dans le sens <strong>littéral</strong>, pas dans le sens d&#8217;Alanis Morrissette) je commence à faire un contre-article dans l&#8217;article, vantant de manière dithyrambique les choses que je reproche le plus à mon sujet, avant de finir par <strong>des énormités tellement grosses que même les lecteurs occasionnels ne peuvent que se rendre compte de la supercherie</strong> avant la fin de l&#8217;article.</p>
<p>De lire ces phrases et ces explications, tu l&#8217;auras compris, malin lecteur, futée lectrice, <strong>il n&#8217;y aura pas de poisson d&#8217;avril cette année</strong>, ni les années à venir, le poisson sur Tears <strong>c&#8217;est fini</strong>. En effet, si le premier avril a depuis des années été mon jour favori de l&#8217;année, je commence à me lasser de ce côté &laquo;&nbsp;formule&nbsp;&raquo;, un peu convenu, toujours pareil. Je crois qu&#8217;au fil des années, il est important de savoir regarder la vérité en face: le premier avril a fini par <strong>me lasser et m&#8217;ennuyer</strong>. Je sais que beaucoup d&#8217;entre toi m&#8217;attendent au tournant à cette date, et plutôt que de simplement ne rien poster, j&#8217;ai préféré au moins avoir l&#8217;honnêteté de t&#8217;en parler et de t&#8217;expliquer le pourquoi du comment de ma non-blague du jour. C&#8217;est important de dire la <strong>vérité</strong> à son public.</p>
<p>C&#8217;est sans doute un peu ça, aussi, sans doute, qui m&#8217;a poussé à <strong>tourner la page</strong>. Tu sais combien, au quotidien, j&#8217;abhorre  l&#8217;hypocrisie et je me refuse à mentir, <strong>quel que soit le contexte</strong>. Le premier avril était le seul jour de l&#8217;année où je me permettais des non-vérités, au nom de l&#8217;humour et du décalage. Mais je me rend compte que c&#8217;est un peu comme un ancien alcoolique&#8230; pourrait-il vraiment prétendre être maintenant sobre <strong>en permanence</strong>, et compter ses années &laquo;&nbsp;sans alcool&nbsp;&raquo;, s&#8217;il s&#8217;abstient 365 jours par an mais s&#8217;autorise <strong>une bouteille de Bourbon</strong> le jour de son anniversaire ? Je ne crois pas. Non, vraiment, dire la vérité, <strong>c&#8217;est important</strong>, même le premier avril, et maintenant j&#8217;ai les yeux ouverts là dessus.</p>
<p>Mais ça ne s&#8217;est pas fait tout seul. Et je tiens à remercier tous ceux qui m&#8217;ont aidé à voir <strong>la vérité et son importance</strong>, à une époque où nous vivons sans cesse dans la contre-information et les mensonges de masse, savamment orchestrés pas les media.</p>
<p>Je tiens d&#8217;abord à remercier <strong>François</strong>. François, je ne sais pas comment tu fais pour tenir face à tant de mensonges et de calomnies déversées jour après jours par les media, et ton courage est <strong>un exemple permanent pour moi</strong>. Je trouve ça très beau, d&#8217;essayer de garder le débat présidentiel centré sur l&#8217;aspect fictif du travail de ton épouse, parce que dans le cas où il serait prouvé qu&#8217;il ne l&#8217;était pas, <strong>l&#8217;outrage public</strong> de rémunérer l&#8217;un de tes proches trois ou quatre fois plus que tes autres collaborateurs juste pour qu&#8217;elle ouvre ton courrier pendant que les autres font le sale boulot en étant <strong>payés au lance-pierre</strong> te serait sans doute fatal. Je te souhaite qu&#8217;on puisse amener des preuves de son côté fictif, qui ferait <strong>juste</strong> de toi un filou. En France, on pardonne plus facilement à un filou grippe sou qu&#8217;à un enfoiré népotiste.</p>
<p><strong>Donald</strong>, et toute ton équipe de Mickeys. Merci de faire sans cesse éclater la vérité, sur tous ces attentats de <strong>mexicains salafistes SDFs</strong> à travers le monde qui sont tus par les media, <strong>niés par les proches</strong> des victimes présumées&#8230; et quoi ? Bientôt tu vas voir que les victimes présumées du prochain attentat qui sera enfin révélé par ton équipe vont elles même venir prétendre être en vie à la télévision alors qu&#8217;il est évident qu&#8217;elles sont mortes, <strong>puisque tu le dis</strong>. Comme François, tu es victime d&#8217;un <strong>énorme complot médiatique</strong> visant à te déstabiliser, et comme tu ne sais pas lire tu ne peux même pas t&#8217;en rendre compte, et ça c&#8217;est dégueulasse. Merci aussi d&#8217;ouvrir les yeux du monde sur le canular qu&#8217;est le réchauffement climatique. Si c&#8217;était vrai, les ours polaires auraient sans doute envoyé un ambassadeur à la Maison. Et jusqu&#8217;à preuve du contraire, <strong>il n&#8217;y a pas d&#8217;ours blanc à la maison blanche</strong>. Ce qui prouve bien que le réchauffement climatique n&#8217;existe pas.</p>
<p>Il y aurait tant d&#8217;autres personnes à remercier, mais cet article est déjà bien assez long. Alors pour François, pour Donald, en mémoire du patriarcat qui n&#8217;existe plus &#8211; comme le rappelle France 2 -, pour tous les faiseurs de vérité qui sont mis à mal dans un monde où les media osent parler de faits et montrer des images d&#8217;archives, pour tous ces gens et pour leurs fidèles, de plus en plus nombreux, qui prouvent que <strong>la mode est aux contre-vérités</strong> et aux faits alternatifs, non, clairement, je ne pouvais plus décemment contribuer à tromper mon auditoire avec une pitrerie du premier avril.</p>
<p><strong>Au moins jusqu&#8217;à l&#8217;an prochain</strong>&#8230;</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1386" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1386"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1386" title="WOTY_20graph_20blue" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2017/04/WOTY_20graph_20blue-300x210.png" alt="" width="300" height="210" /></a></p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « C&#8217;est un effet indésirable possible de l&#8217;extrait de fugu qui sert à fabriquer le produit »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: How Far I&#8217;ll Go, Auli&#8217;i Cravalho (Moana), « I come back to the water, no matter how hard I try »</p>
<p>Même si le nombre de gens pour croire et militer délibérément pour des vérités alternatives devient si élevé que construire des mensonges en exercice de style finira un jour par ne plus être drôle , la vie est belle !</p>
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		<title>Le décourageant cancer de la politique française</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Mar 2017 18:48:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Aigri]]></category>
		<category><![CDATA[Cirque médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Elections]]></category>
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		<description><![CDATA[2017 est à nouveau une année d&#8217;élection présidentielle pour la France, et à quelques poignées de semaine de l&#8217;échéance le cirque médiatique habituel est en marche (pun intended). En revanche, cette année plus encore que précédemment, le niveau d&#8217;irréalisme et d&#8217;incompétence (au mieux), voire de corruption et de &#171;&#160;pourritude&#160;&#187; (au pire) (j&#8217;invente des mots si]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1371" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1371"><img class="alignright size-medium wp-image-1371" title="Politikus-pénzek" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2017/03/Politikus-pénzek-300x187.jpg" alt="" width="300" height="187" /></a>2017 est à nouveau une année d&#8217;<strong>élection présidentielle</strong> pour la France, et à quelques poignées de semaine de l&#8217;échéance le <strong>cirque médiatique</strong> habituel est <strong>en marche</strong> (pun intended). En revanche, cette année plus encore que précédemment, le niveau d&#8217;irréalisme et d&#8217;<strong>incompétence</strong> (au mieux), voire de <strong>corruption</strong> et de &laquo;&nbsp;pourritude&nbsp;&raquo; (au pire) (j&#8217;invente des mots si je veux) des candidats a de quoi rendre dingue toute personne s&#8217;intéressant à cette mascarade même de manière périphérique, et de décourager les quelques rares idéalistes qui &laquo;&nbsp;y croient encore&nbsp;&raquo;.</p>
<p>A titre personnel, si <strong>je n&#8217;ai jamais raté d&#8217;élection</strong> depuis ma majorité (exception faite des élections municipales qui, en général, ne m&#8217;intéressent ou ne m&#8217;impliquent guère), cela fait une paire d&#8217;années que j&#8217;ai virtuellement <strong>baissé les bras</strong> vis à vis du pays, de ses politiques, et <strong>surtout de son électorat</strong>. Je me suis résigné à voter systématiquement pour &laquo;&nbsp;<strong>le moins pire</strong>&nbsp;&raquo; plus que par véritable conviction ou adéquation d&#8217;un candidat à mes propres idées, certes extrêmes sur certains points (<strong>ma conception de la liberté</strong> a tendance à faire écarquiller les yeux d&#8217;une grande partie de mon entourage) et <strong>utopistes</strong> pour d&#8217;autres (ma conception de la justice et de son fonctionnement idéal donnerait sans doute des cheveux blancs à mon ami OPJ si elle était appliquée verbatim). Cette année encore, je m&#8217;apprête depuis quelques mois à offrir ma voix à un candidat &laquo;&nbsp;<strong>par dépit</strong>&nbsp;&raquo; , celui qui est le moins éloigné de mes propres idées, même s&#8217;il faut reconnaitre qu&#8217;au fil des semaines je suis plutôt <strong>agréablement surpris</strong> par ses déclarations et clarifications de feuille de route, et mon vote risque d&#8217;être <strong>moins à contre-coeur que prévu</strong>. Mais il y a en revanche deux choses qui me chiffonnent, et qui me chiffonnent <strong>GRAVE</strong> dans cette élection à venir.</p>
<p>La <strong>corruption ouverte et décomplexée</strong> généralisée d&#8217;une large partie des candidats. Fillon est en ligne de mire, bien évidemment (et pour un candidat qui se prétend &laquo;&nbsp;de droite&nbsp;&raquo; &#8211; <strong>HAHAHAHAHAHAH</strong> &#8211; ça devrait encore plus m&#8217;agacer, mais dès la fin de la primaire je savais déjà que j&#8217;allais militer <strong>CONTRE</strong> ce bonhomme qui, tel Sarko en son temps, présente un programme d&#8217;extrême droite pure et dure maquillé derrière une étiquette que seuls les ignares, les naifs, et les militants de l&#8217;autre bord peuvent encore décemment considérer comme un parti &laquo;&nbsp;de droite&nbsp;&raquo;. Si vous avez encore le moindre doute, mettez en parallèle le programme de Fillon 2017 et le programme de Le Pen 2002: c&#8217;est un copier-coller) mais c&#8217;est <strong>loin d&#8217;être le seul</strong>. Vous allez me dire, un politicien corrompu, c&#8217;est tellement courant que c&#8217;en est devenu normal. Mais sans tomber dans les limites extrêmes des pays nordiques où une ministre démissionne pour avoir payé <strong>une fois</strong> un taxi avec sa carte du boulot en ayant oublié la sienne, ce qui est assez effarant c&#8217;est <strong>le niveau de tolérance vis à vis de la dite corruption</strong> dans le paysage électoral français. Surtout, bien évidemment, quand elle touche le candidat de &laquo;&nbsp;votre&nbsp;&raquo; camp. Nous en sommes arrivés en France à un niveau d&#8217;hypocrisie et d&#8217;<strong>aveuglement sélectif délibéré</strong> comparable à l&#8217;électorat américain ayant porté Trump au pouvoir, capables d&#8217;<a href="https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2017/01/25/we-asked-people-which-inauguration-crowd-was-bigger-heres-what-they-said/?utm_term=.517d396e0c78">affirmer à des journalistes que la photo d&#8217;une place à moitié vide est &laquo;&nbsp;plus remplie&nbsp;&raquo; que la même photo de la même place bondée de monde</a>, juste parce qu&#8217;ils savent que la place vide correspond à un discours de &laquo;&nbsp;leur&nbsp;&raquo; candidat, et l&#8217;autre de leur adversaire. Ce sont les post-vérités informatives orwelliennes, mais provenant délibérément du peuple plutôt que du gouvernement, et c&#8217;est ça qui est <strong>terriblement inquiétant</strong>.</p>
<p>L&#8217;autre chose qui m&#8217;agace est le <strong>sentiment d&#8217;impuissance</strong> vis à vis de ce système lorsqu&#8217;on veut le faire évoluer dans le bon sens en jouant les règles du jeu. J&#8217;ai suivi de près les &laquo;&nbsp;<strong>Nuits Debout</strong>&laquo;&nbsp;, à l&#8217;époque, et la <strong>répression policière régalienne</strong> d&#8217;icelles. Tellement intolérable que les policiers eux mêmes ont <a href="https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/200416/selon-deux-syndicats-la-police-lordre-de-ne-pas-intervenir-contre-les-casseurs">laissé fuiter leurs consignes d&#8217;action dans la presse</a>&#8230; mais les ont quand même appliquées. Un autre problème majeur du pays&#8230; Les seuls à vraiment croire encore dur comme fer au bien fondé des lois et de l&#8217;autorité de l&#8217;Etat sont ceux qui les font respecter, et de facto ils les font respecter <strong>même</strong> quand à titre personnel ils considèrent un ordre <strong>inacceptable</strong> ou une loi dénuée de sens. Après la dissolution lente mais prévisible du mouvement, on a vu naitre sur internet <strong>plusieurs initiatives populaires</strong> visant à s&#8217;accorder sur un &laquo;&nbsp;candidat alternatif&nbsp;&raquo; à l&#8217;élection présidentielle, sélectionné sous les mêmes principes démocratiques que les débats des Nuits Debout, et qui serait jeté aux lions de la politique de carrière pour cette élection. La plus large de cette initiative était sans doute <strong>LaPrimaire.org</strong>, dont le fonctionnement était plutôt bien organisé (programmes clairs, thématiques, etc.). Si la candidate qui est arrivée en tête des soutiens sur le site était assez loin de mon propre choix, je trouve néanmoins <strong>absolument scandaleux</strong> que &#8211; ce qui ne surprendra personne &#8211; la candidate en question n&#8217;ait <strong>pas pu réunir les 500 signatures nécessaires</strong> pour se présenter à l&#8217;élection. Alors certes, ses soutiens sur le site ne rassemblaient même pas 40 000 personnes, ce qui (en imaginant que seuls ces personnes votent pour elle le jour de l&#8217;élection si elle n&#8217;avait réussi à convaincre personne d&#8217;autre) fait un score inférieur à 0.1% quand on le rapporte aux nombre de suffrages exprimés habituellement sur une présidentielle française. Mais quand même. Cela prouve une faille idéologique énorme du principe de sélection.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui <strong>le système est vicié</strong>, et l&#8217;esprit général des lois de ce type (à l&#8217;origine le principe des 500 signatures était juste pour <strong>s&#8217;assurer qu&#8217;aucun guignol n&#8217;était accepté</strong> dans une élection sérieuse&#8230; le fait que Sylvain Duriff n&#8217;ait pas les 500 signatures me choque moins), aujourd&#8217;hui c&#8217;est devenu un autre <strong>système de faveur et de familles</strong>, pour soutenir les candidats de <strong>son</strong> camp, mettre des bâtons dans les roues des autres, et surtout <strong>empêcher tout ce qui pourrait changer le status quo</strong>, aussi improbable leur victoire soit elle. C&#8217;est là le plus gros problème de la société politique française, à mes yeux. Si le principe de la séparation des pouvoirs ne fonctionne encore pas trop mal en France (disons qu&#8217;on pourrait faire mieux, mais qu&#8217;il y a <strong>nettement pire ailleurs</strong>&#8230;), le système politique est lui même <strong>victime de sa propre non-séparation de pouvoirs</strong>. Comment voulez vous restaurer la confiance du peuple en ceux qui sont censés représenter son élite et apte à les diriger quand <strong>ce sont les gens en place qui décident des règles du jeu</strong>? Comment peut-on accepter que les députés soient ceux qui décident et votent de leurs propres salaires, indemnités, retraites? Comment accepter que les gens qui tiennent les rênes du pouvoir décident eux même de ce qu&#8217;ils ont ou n&#8217;ont pas le droit de faire (genre embaucher et rémunérer des gens de leur famille à des salaires largement différents des salaires de leurs autres collaborateurs pour un travail identique sur le papier, même en accordant le bénéfice du doute sur son aspect fictif&#8230;). Comment accepter que ceux qui décident qui a et n&#8217;a pas le droit de briguer le poste de chef de l&#8217;état soient ceux dont les postes et l&#8217;avenir politique sera directement lié au bon vouloir de la personne récupérant le poste? C&#8217;est complètement aberrant, et ça ne choque (presque) personne.</p>
<p>Le problème, surtout pour <strong>un bisounours pacifique</strong> comme moi, c&#8217;est que ces derniers mois ont achevé de prouver ce que les plus cyniques d&#8217;entre vous avaient déjà compris depuis longtemps (oui, comme quoi, <strong>plus cynique que moi, ça existe encore</strong>): qu&#8217;il est actuellement <strong>impossible</strong> de faire évoluer ce système vicié <strong>en jouant selon les règles du jeu</strong>. Et si c&#8217;est quelque chose que j&#8217;ai du mal à reconnaitre, quand on connait mon ego démesuré: je n&#8217;ai aucune &laquo;&nbsp;bonne&nbsp;&raquo; solution à offrir, même utopique&#8230; Je vais néanmoins tenter de ne pas faire mourir <strong>la dernière petite étincelle d&#8217;espoir</strong> qu&#8217;il me reste vis à vis du pays, sauf cataclysme, il est probable que notre prochain président soit justement celui dont les idées, sans être tout à fait proches, sont en tout cas <strong>les moins éloignées des miennes</strong> sur de nombreux points&#8230; Il veut s&#8217;entourer de sang neuf et faire bouger le fonctionnement des institutions, sur le papier. Je n&#8217;y crois qu&#8217;à moitié (parce que même s&#8217;il était de bonne foi, <strong>Le Système &#8482;</strong> serait là tout entier à <strong>freiner des deux pieds</strong>, et en pratique le pouvoir d&#8217;un président reste très limité&#8230;) mais bon&#8230; On verra bien. Sans grande conviction&#8230;</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « J&#8217;ai mal au ventre, je crois que j&#8217;ai envie de faire caca »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: President Gas, The Psychedelic Furs, « President gas is president gas again! He comes in from the left sometimes, he comes in from the right&#8230; It&#8217;s so heavily advertised that he wants you and I »</p>
<p>Même si je finis par être aigri de tout ce cirque, la vie est belle !</p>
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		<title>De la force des liens face à la rouille du Temps</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2017 18:02:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Séparation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndrome de Peter Pan]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme dit dans le précédent mini article, cela faisait plusieurs mois que je n’avais pas écrit de nouvel article sur Tears. Il serait facile d’énumérer une liste d’explications ou d’excuses, travail intense, manque d’inspiration, période creuse l&#8217;an dernier suite à l’aller-retour de la Petite Princesse dans ma vie qui me démotive toujours lorsque je me]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1357" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1357"><img class="alignright size-medium wp-image-1357" title="Spirale du Temps" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2017/02/FEATURE-TIME-Stock_000017987518Small-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Comme dit dans le précédent mini article, <strong>cela faisait plusieurs mois que je n’avais pas écrit</strong> de nouvel article sur Tears. Il serait facile d’énumérer une liste d’explications ou d’excuses, travail intense, manque d’inspiration, période creuse l&#8217;an dernier suite à l’aller-retour de la Petite Princesse dans ma vie qui me <strong>démotive</strong> toujours lorsque je me rends compte combien ma production littéraire “en solo” me plait moins que lorsqu’elle gravite, même en périphérie, dans ma vie. <strong>La Vie &#8482;</strong>, tout simplement, peut expliquer ce genre de choses. Parfois, le temps et l’espace lient et délient les connections entre les personnes. Ce blog, en ce sens, fonctionne un peu comme un ami proche, <strong>toujours fidèle</strong>, toujours à portée d’un appel ou &#8211; en l’occurence &#8211; d’un clic de navigateur sur mon portail wordpress.</p>
<div>
<p>La comparaison n’est pas innocente. Outre la petite princesse, l’année qui précède cet article (et plus particulièrement ces derniers mois) s’est déroulée sous le signe de la reprise de contact avec des amis chers mais distants, qu’une séparation physique ou un manque de temps mutuel avaient gardés loin de moi.</p>
<p>Il y a quelque chose de <strong>grisant</strong> lorsqu’on revoit une personne qui a compté, qui compte, et qui avait en pratique disparu de sa vie depuis un long moment (jusqu’à <strong>huit ans</strong>, par exemple ! Ce chiffre devant avoir sans doute un signification particulière puisque c’est non moins de <strong>cinq</strong> personnes différentes non vues depuis cet intervalle de temps précis qui sont à nouveau rentrées dans ma vie au cours de ces six derniers mois). Il est grisant de voir que cette séparation, quelle qu’en soit la cause (très différente pour les deux derniers exemples que j’ai en tête) <strong>ne remet absolument pas en cause</strong> les liens réels entre nous.</p>
<p>Je pense sincèrement que <strong>la vie est faite de rencontres</strong>, qui vous marquent et laissent leur empreinte en vous, plus ou moins profondément. En disant cela, je m&#8217;attends à ce qu&#8217;un nombre non-nul d&#8217;entre vous pense au monologue d&#8217;Edouard Baer dans Astérix, mais je préfère citer Paul Eluard, qui écrivait “<strong>Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des Rendez-Vous</strong>”. Lorsque ces rencontres et ces empreintes sont suffisamment <strong>profondes et mutuelles</strong>, alors en un sens il n’est pas forcément nécessaire de chercher à maintenir un contact permanent et sans interruption. Même lorsque la vie s’arrange pour garder éloignés, <strong>un temps</strong>, les éléments d’une telle relation, il est fantastiquement simple de se retrouver et de se remémorer ces liens, comme si <strong>le temps et la distance n’avaient été qu’un stand-by</strong>, l’utilisation du bouton pause du lecteur de BluRay au milieu d’un excellent film.</p>
<p>En dépit de <strong>mon ego démesuré</strong> et de la relative stabilité de mon caractère et de mes idées, il serait absurde de chercher à nier qu’en huit ans, malgré <strong>cinq années de perdues</strong>, j’ai changé. Les valeurs qui rythment ma vie et les concepts auxquels j’ai voué mon temps et mon énergie restent globalement les mêmes, mais il y a <strong>toujours des altérations</strong> dans tout ce qui se trouve en périphérie, du comportement quotidien aux expressions courantes, des idées nomades au <strong>langage corporel</strong>, même le plus conservateur des êtres humains reste <strong>une créature dynamique et soumise à l’entropie</strong>, l’idée d’une stase cognitive et d’une stabilité intellectuelle parfaite est un fantasme irréaliste. Celles et ceux que j’ai revu depuis ont, tout aussi objectivement, changé également. S’il faudrait sans doute plus de temps pour analyser ces changements en profondeur, satisfaire ma <strong>curiosité</strong> quant à leur cause, la conséquence extérieure est évidente. Mais les liens qui nous lient, eux, n’ont pas changé, et <strong>ça fait toute la différence</strong>.</p>
<p>La première fois que je me suis fait cette réflexion au cours de ces quinze derniers mois est lorsque j’ai retrouvé la <strong>Petite Princesse</strong>. Malgré le silence et les années perdues, la force de ce qui nous lie était toujours présente. Mieux encore, les aspects les plus négatifs de nos échanges avaient été <strong>balayés par le temps</strong>, comme si un conservateur de musée avait pris soin d’eux, éliminant les impuretés pour <strong>mettre le chef d’oeuvre en valeur</strong>. Et en dépit de la fin chaotique de nos retrouvailles, je savais que cette nouvelle séparation n’était pas un point final entre nous. Ces dernières semaines m&#8217;ont donné raison. Plus récemment, revoir ou reprendre contact coup sur coup Ophélie, Le Coach, Fabienne Franseuil,  le Sex Toy, et la Petite Graine après une longue absence a fini de cimenter cette certitude en moi.</p>
<p><strong>Le Temps est rarement mon allié</strong>, et mon complexe de Peter Pan grandit et s’aggrave d’année en année &#8211; je le sais, et <strong>je l’assume</strong>. Mais même s’il serait présomptueux de le considérer sur ce point comme un allié, je suis heureux de cette <strong>entente cordiale</strong> entre nous et de sa politique de non-intervention sur mes relations qui s’essaiment, alors qu’il serait si simple pour lui de mettre à profit ses vagues cruelles et constantes pour leur faire subir <strong>la même lente érosion qu’il impose à ma patience et à ma foi en l’humanité</strong>. Si mes tempes n’ont pas le choix d’accepter les quelques cheveux gris que le Temps commence à leur imposer, comme pour souligner mon appréciation du Doctor Strange, les élans du coeur restent insolamment immaculés face à son habituelle entropie. Si l’amertume a remplacé certaines de mes illusions, je reste convaincu que <strong>ces élans font partie des rares élément immarcescibles de ma vie</strong>, et lui donnent de la valeur à l’aune de tous ces échanges.</p>
</div>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Pascal putain de tactile de ta mère làààà »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Friend will be friends, Queen, « When you&#8217;re through with life and all hope is lost, Hold out your hand cos right till the end &#8211; Friends will be friends »</p>
<p>Même si mes pensées ont parfois un goût amer, la vie est belle !</p>
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		<title>Il revient, et il n&#8217;est pas content!</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 20:49:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[2016]]></category>
		<category><![CDATA[2017]]></category>
		<category><![CDATA[Malédiction]]></category>
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		<category><![CDATA[Silence]]></category>
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		<description><![CDATA[Bon, si, en fait, il est content, sinon il ne serait pas revenu. L&#8217;accumulation des directs du gauche, du droit, et des coups dans l&#8217;entrejambe assénés par l&#8217;année 2016 a fini par me pousser à me lover ici dans le silence. J&#8217;aurais pu le prévoir, certes. Dès le premier janvier, j&#8217;ai prévenu les plus proches]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1335" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1335"><img class="alignright size-medium wp-image-1335" title="maxresdefault" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2017/01/maxresdefault-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a>Bon, si, en fait, <strong>il est content</strong>, sinon il ne serait pas revenu.</p>
<p>L&#8217;accumulation des directs du gauche, du droit, et des <strong>coups dans l&#8217;entrejambe</strong> assénés par l&#8217;année 2016 a fini par me pousser à me lover ici dans le silence. J&#8217;aurais pu le prévoir, certes. Dès le premier janvier, j&#8217;ai prévenu les plus proches de mes amis que l&#8217;année à venir serait <strong>horrible et cataclysmique</strong>, tout au moins lorsqu&#8217;on la regarde à travers le prisme des choses, personnes, et idées qui me tiennent à coeur. Beaucoup ne m&#8217;ont <strong>pas pris au sérieux</strong> au départ, mais même ma très cartésienne BFF a fini par virer de bord et être emplie, a minima, d&#8217;un <strong>doute méfiant</strong> vis à vis de ma prédiction non cartésienne. Bowie, Prince, Michael et tant d&#8217;autres sur le plan artistique. Un grand n&#8217;importe quoi généralisé sur le plan politique. Un gouffre béant sur le plan financier. Des problèmes de santé sur le plan personnel. La nécessité de devoir accompagner ma chienne pour un dernier, long dodo sur le plan familial. Et j&#8217;en passe. Bref, <strong>2016, t&#8217;as carrément un peu beaucoup déconné, cocotte</strong>. C&#8217;était prévu, certes, mais bon.</p>
<p>En tout cas la page est tournée. Le mauvais sort détecté il y a un peu plus d&#8217;un an a été dissipé, et si la nouvelle prédiction en cours est que 2017 ne sera <strong>pas forcément une année super folichonne</strong>, en tout cas nous serons (toujours vu au travers du prisme baron-centrique) à l&#8217;abri d&#8217;une nouvelle débandade comme celle de l&#8217;an dernier.</p>
<p>C&#8217;est toujours assez difficile de &laquo;&nbsp;revenir&nbsp;&raquo; ici après un long silence. Pourtant j&#8217;ai écrit plusieurs articles entre temps, mais même ces articles déjà prêts, depuis début janvier j&#8217;ai l&#8217;index droit qui me démange à chaque instant où je tente d&#8217;appuyer sur le bouton &laquo;&nbsp;publish&nbsp;&raquo; de mon WordPress. Va savoir pourquoi. Mais du coup je m&#8217;étais moralement engagé auprès de plusieurs personnes à relancer la machine avant fin janvier et&#8230; bon, j&#8217;ai tiré sur la corde, mais je m&#8217;y suis tenu !</p>
<p>Alors tu vas me dire, impatient lecteur, avide lectrice, que c&#8217;est pas avec un simple article explicatif que je vais m&#8217;en tirer comme ça, à si bon compte. Et <strong>tu auras raison</strong>. Maintenant que la machine est relancée, je vais publier au compte goutte les articles qui sont déjà prêts (puisqu&#8217;il sont prêts) et voir si cela relance la machine entre temps, en guérissant mon <strong>trac de l&#8217;index droit</strong>. J&#8217;ai également pour les plus esthètes d&#8217;entre vous deux nouveaux nombrils à ajouter au Nombriloscope (techniquement un nouveau et une &laquo;&nbsp;mise à jour&nbsp;&raquo; ) qui vont arriver ces prochains jours, je m&#8217;étais également promis de ne pas les publier sans être revenu avec de nouveaux mots au passage. Je vais également continuer à republier certains des textes de l&#8217;ancien blog vers le nouveau, y compris <strong>la trilogie du B.A. BA(ron) de l&#8217;amour</strong> qu&#8217;on me réclame souvent. Et qui sait. Il y aurait peut être même une quatrième partie en cours d&#8217;écriture, dis donc&#8230;</p>
<p>Bref. Encore désolé pour ce silence. L&#8217;un des articles de 2015 ayant eu le plus de succès était justement un poème sur ce thème. Le silence peut être agréable dans certains cas. Mais soit, pas dans ce cas précis, accordé. On efface tout (surtout 2016) et on recommence. À tout vite!</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Est-ce que les langoustes sont des sirènes pour les scorpions? »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Without Me, Eminem, « Now this looks like a job for me so everybody just follow me &#8217;cause we need a little controversy, &#8217;cause it feels so empty without me »</p>
<p>Même si la route est longue, la vie est belle !</p>
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		<title>Mes sanglots longs n&#8217;y pourront rien changer</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2016 14:19:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[2016 année de merde]]></category>
		<category><![CDATA[Brexit]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Hier soir, lorsque je me suis endormi, les premiers sondages post-dépouillage donnaient une victoire du &#171;&#160;Remain&#160;&#187; Britannique dans le referendum visant à les interroger sur leur maintien ou non dans l&#8217;Union Européenne. Ce matin, au réveil, les estimations s&#8217;avéraient erronnées, et ce que j&#8217;avais prédit il y a deux ans dans une fiction dystopienne et]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1320" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1320"><img class="alignright size-medium wp-image-1320" title="Brexit" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2016/06/13495164_10154368027083939_7482139394017583932_n-300x222.jpg" alt="" width="300" height="222" /></a>Hier soir, lorsque je me suis endormi, les premiers sondages post-dépouillage donnaient une victoire du &laquo;&nbsp;<strong>Remain</strong>&nbsp;&raquo; Britannique dans le referendum visant à les interroger sur leur maintien ou non dans l&#8217;Union Européenne. Ce matin, au réveil, les estimations s&#8217;avéraient erronnées, et <strong>ce que j&#8217;avais prédit il y a deux ans </strong>dans une fiction dystopienne et que la plupart des analystes politiques croyaient <strong>impensable</strong> s&#8217;est produit: le Royaume Uni a pris le chemin de l&#8217;éloignement de l&#8217;UE.</p>
<p>Royaume Uni, ou plutôt Royaume&#8230; <strong>Désuni</strong>. Moins de six heures après l&#8217;annonce des résultats, le premier ministre écossais (Nicola Sturgeon) annonçait la tenue probable d&#8217;un <strong>nouveau referendum</strong> sur l&#8217;indépendance écossaise, le pays ayant voté massivement (près de deux tiers) pour le maintien, et ne voulant pas être retiré de l&#8217;Union <strong>contre son gré</strong>. De la même manière, en Irlande du Nord, de plus en plus de voix s&#8217;élèvent pour affirmer haut et fort que s&#8217;ils se retrouvent contraints à quitter une union, <strong>ils préfèreraient quitter l&#8217;union du royaume plutôt que l&#8217;union européenne</strong>&#8230;</p>
<p>Caressant ma misanthropie dans le sens du poil, le résultat de cette élection, et surtout son <strong>découpage</strong> (voir plus bas) reflète bien <strong>le climat délétère actuel de toute la classe politique</strong>, pas seulement à l&#8217;échelle de la France. Certes, l&#8217;Europe de Bruxelles est devenu une immense <strong>machine à gaz</strong> capitalovore, mais&#8230; La faute à qui? En France, et dans la plupart des pays de l&#8217;union, les élections européennes sont très globalement ignorées et snobées par la population, se retrouvant à des taux d&#8217;abstention record, et élisant par défaut des représentants issus des classes politiques les plus extrèmes que personne (sorti de leurs fans) ne voudrait voir approcher le pouvoir local ou national, mais qui sont envoyés <strong>sans remords</strong> aux postes d&#8217;eurodéputés. Les partis nationalistes sont une part non négligeable des décideurs de la construction européenne, et les gens s&#8217;étonnent que ça fonctionne de plus en plus mal?</p>
<p>Le pire provient de la <strong>récupération politique nationale</strong> de l&#8217;usine à gaz Bruxelloise. Certes, l&#8217;UE est <strong>massivement imparfaite</strong>. Mais en dépit de cette imperfection, elle est un bouclier solide au niveau international d&#8217;<strong>une vieille Europe complètement dépassée</strong> au niveau industriel, technologique, et humain. Je ris toujours jaune lorsque je vois passer ces memes lancés par le FN, ces images qui comparent les prix actuels en Euro et les prix en Franc il y a 20 ans, <strong>ignorant totalement le concept de l&#8217;inflation</strong>, et passant sous silence la comparaison avec l&#8217;inflation des pays hors-UE, avec lequel toute personne dotée d&#8217;un minimum de recul et de connaissance mathématique pourrait comprendre que sans l&#8217;Euro, les prix en francs en 2016 seraient encore beaucoup, <strong>beaucoup</strong> plus élevés à l&#8217;heure actuelle sans l&#8217;effet bloc de la monnaie unique. Mais ça, monsieur Dupont et madame Michu, <strong>ils ne sont pas capables de le comprendre</strong> &laquo;&nbsp;à froid&nbsp;&raquo;, et ils ne prennent pas le temps d&#8217;y réfléchir. C&#8217;est <strong>tellement plus simple</strong> de taper sur le cheval boiteux et de cliquer &laquo;&nbsp;share&nbsp;&raquo; quand on vous chatouille l&#8217;indignation, même si elle est basée sur du vent et de la <strong>manipulation populiste</strong> plutôt que sur des <strong>faits</strong>. Entre ces manipulations grossières, et les politiciens de tous pays et de tous bords (gauche, droite, centre, indépendants) prompts à sortir le &laquo;&nbsp;c<strong>&#8216;est pas moi, c&#8217;est l&#8217;Europe</strong>&nbsp;&raquo; comme bouc émissaire magique de leurs propres échecs et mesures lamentables, il est compréhensible qu&#8217;à force de manipuler le peuple dans ce sens, <strong>il finisse par le croire</strong>.</p>
<p>Car dans un monde où <strong>on préfère l&#8217;Euro de Foot aux précis de philosophie</strong> ou de science politique, où les média cherchent à faire du chiffre et <strong>privilégient l&#8217;émotion à l&#8217;intellect</strong>, <strong>la réaction à la réflexion</strong>, et où une large partie des quelques éclairés restant à même de voter ne se déplacent même plus pour le faire, on se retrouve avec des décisions aux conséquences <strong>graves</strong> prises et votées par les couches les plus manipulables de la société, les gens sans éducation digne de ce nom, ou les personnes (trop) âgées complètement larguées par une époque qui n&#8217;est plus la leur, dans laquelle ils ne se reconnaissent plus, et qui leur fait peur (on en revient au rôle des media&#8230;). L&#8217;image la plus édifiante de ce &laquo;&nbsp;Brexit&nbsp;&raquo; restera ce tableau effroyable de la répartition des Remain/Leave par tranche d&#8217;âge, où l&#8217;on comprend que <strong>l&#8217;avenir entier des jeunes générations britanniques</strong> a été sacrifié contre leur gré par ceux qui n&#8217;y comprennent plus rien, et qui <strong>ne seront probablement plus là</strong> pour en subir les conséquences:</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1324" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1324"><img class="size-full wp-image-1324 aligncenter" title="Brexit Age Groups" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2016/06/13524538_10153756313887194_7657598148630904962_n.jpg" alt="" width="610" height="247" /></a></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p>S&#8217;il a un peu remonté depuis, ce matin le Dow Jones a ouvert avec <strong>une baisse record</strong> de 19.82%&#8230; Et ce n&#8217;est que le début. Lorsque les écossais et leurs réserves de pétrole quitteront le Royaume Uni pour rester européens (ce qui, soyons honnête, est <strong>plus que fort probable</strong>), la dégringolade économique prendra une nouvelle claque. Ce matin la Livre était à un taux <strong>historiquement bas</strong>, comparable à celui de la récession britannique de 1985. Avec le départ de l&#8217;Écosse, la catastrophe économique pourrait ramener ce qui reste du royaume à <strong>l&#8217;âge sombre des années pré-Thatcher</strong> (la Dame de Fer avait beau être <strong>bourrée de défauts</strong> et avoir certaines idées bien rances, on a trop vite fait d&#8217;oublier qu&#8217;à elle seule elle a sorti les britanniques d&#8217;une situation économique bien pire que celle connue actuellement par la Grèce et en a fait l&#8217;une des plus grandes puissances économiques mondiales).</p>
<p>Bref, <strong>la malédiction de 2016</strong> continue d&#8217;infecter toutes les choses qui me sont chères. Actuellement dans un processus de revente de ma maison en vue de changer d&#8217;air, voire de pays, London était l&#8217;une des trois destinations possibles de mon exil. L&#8217;avantage, c&#8217;est que maintenant je n&#8217;ai plus qu&#8217;à choisir entre deux&#8230;<br />
Une petite pensée émue pour tous mes ami(e)s de l&#8217;autre côté de la Manche qui ont probablement, aujourd&#8217;hui, <strong>une boule au ventre</strong> encore plus grosse que la mienne&#8230;</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « J&#8217;aime pas les gamins »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Changing of the Guards, Bob Dylan, « But Eden is burning, either brace yourself for elimination or else your hearts must have the courage for the changing of the guards »</p>
<p>Même si je reste néanmoins amoureux de London, la vie est belle !</p>
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		<title>J&#8217;ai vu le couvreur, il m&#8217;a parlé de vous !</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2016 11:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Politesse]]></category>
		<category><![CDATA[Prof]]></category>
		<category><![CDATA[Respect]]></category>
		<category><![CDATA[Syndrome de Peter Pan]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;année est terminée. Non, ce n&#8217;est pas un autre poisson d&#8217;avril, et non, je n&#8217;ai pas bu. Je ne parle pas ici de l&#8217;année administrative, mais de l&#8217;année scolaire, pour ma pomme en tout cas. Si cela fait longtemps que j&#8217;ai arrêté d&#8217;être prof à plein temps (j&#8217;ai quitté ce monde en claquant la porte,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;année est terminée</strong>.</p>
<p>Non, ce n&#8217;est pas un autre <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=1294">poisson d&#8217;avril</a>, et non, <strong>je n&#8217;ai pas bu</strong>. Je ne parle pas ici de l&#8217;année administrative, mais de l&#8217;année <strong>scolaire</strong>, pour ma pomme en tout cas. Si cela fait longtemps que j&#8217;ai arrêté d&#8217;être prof à plein temps (j&#8217;ai quitté ce monde <strong>en claquant la porte</strong>, et sans regrets, même si le remplissage des bulletins me manque autant que mes remarques cyniques sur lesdites bulletins manquent à mes anciens collègues), le rectorat me fait toujours régulièrement les yeux doux, et depuis quelques années <strong>je m&#8217;occupe des cours d&#8217;anglais d&#8217;une promo d&#8217;étudiants</strong> en bac+3. Si cette année a été une année toute particulière pour moi (pour de nombreuses raisons sur lesquelles je ne m&#8217;étendrai pas ici), avec une translation de la plupart de mes cours sur <strong>le créneau désertique du samedi matin</strong> pour ne pas entrer en conflit avec mes nouvelles obligations professionnelles, elle est maintenant terminée, le troupeau d&#8217;étudiants en question étant parti vers les vertes pâtures d&#8217;un <strong>long stage professionnel</strong>.</p>
<p>Je n&#8217;ai jamais été un prof très <strong>conventionnel</strong>. Mes relations avec mes élèves non plus. Du temps où j&#8217;étais prof à plein temps, mes <strong>&laquo;&nbsp;séjours linguistiques&nbsp;&raquo;</strong> organisés à London ressemblaient plus à des barathons, enchainant <strong>concerts dans des pubs</strong> et boites branchouilles un verre à la main plutôt que de sages visites de la relève de la garde à Buckingham. Si j&#8217;ai été prof, et si je continue à faire semblant de l&#8217;être quelques heures par an, c&#8217;est avant tout parce que <strong>je sais que je le fais bien</strong>, mais aussi pour le <strong>contact humain</strong>. J&#8217;aime partager mes connaissances d&#8217;une manière ludique ou au moins pas trop chiante, et j&#8217;aime tisser des liens avec <strong>des gens dignes d&#8217;intérêt</strong>. J&#8217;ai encore aujourd&#8217;hui des liens très forts avec certains anciens élèves. Une des filles de la toute première classe à qui j&#8217;ai enseigné (a l&#8217;époque où j&#8217;avais <strong>moins de 5 ans de différence d&#8217;age</strong> avec mes étudiants&#8230;) est aujourd&#8217;hui une grande amie, et même si la vilaine a déménagé très loin, dans cette ville splendide qu&#8217;est La Rochelle (je la comprend un peu, du coup, surtout que c&#8217;était pour emménager avec un mec génial, en plus), on reste en contact et <strong>on se voit dès que possible</strong>. C&#8217;est un exemple parmi d&#8217;autres où la relation traditionnelle prof/élève a été peu conventionnelle, post-partum. Parfois le contexte était très différent, et si tu me suis depuis longtemps, fidèle lecteur, assidue lectrice, tu te rappelles peut être de la petite graine ou du petit renard, il y a 6 ou 7 ans de cela.</p>
<p>Mais si j&#8217;ai maintenant <strong>un peu plus</strong> de 5 ans de différence avec mes élèves, une chose ne change pas. <strong>Je hais le formalisme artificiel</strong>. Je trouve que beaucoup trop de gens confondent formalisme et <strong>respect</strong>. Le respect, c&#8217;est important, et essentiel pour qu&#8217;une relation, qu&#8217;elle soit privée ou professionnelle, se passe bien. Le formalisme, ça peut être sympa, <strong>surtout en poésie</strong>, mais en pratique <strong>je m&#8217;en tamponne un peu</strong>, voire parfois ça <strong>m&#8217;agace</strong>. Je préfère qu&#8217;on me respecte sans être formel plutôt qu&#8217;on soit formel sans me respecter. C&#8217;est pour ça que cette année, comme chaque année, j&#8217;ai encouragé mes étudiants à m&#8217;appeler &laquo;&nbsp;Paul&nbsp;&raquo; plutôt que &laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo; <strong>dès le premier cours</strong>, même si d&#8217;année en année ceux qui &laquo;&nbsp;osent&nbsp;&raquo; le faire sont de moins en moins nombreux (c&#8217;est débile: <strong>c&#8217;est mon nom</strong>).</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1303" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1303"><img class="alignright size-medium wp-image-1303" title="Tu ou Vous" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2016/04/tu_vous-300x121.jpg" alt="" width="300" height="121" /></a>Il y a pourtant quelque chose qui m&#8217;énerve encore plus que le &laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo;, mais contre lequel je ne peux pas trop râler pendant l&#8217;année: le <strong>vouvoiement</strong>. Je *<strong>DÉTESTE</strong>* le vouvoiement. Oui, je sais, ça peut te surprendre, fidèle lecteur, régulière lectrice. Tu me connais, tu sais que <strong>j&#8217;ai un ego de la taille d&#8217;un stade olympique</strong>, que du sang bleu coule dans mes veines, et que j&#8217;ai une si haute opinion de moi même que <strong>j&#8217;en ai le vertige parfois</strong>, mais pourtant&#8230; Je pense que ça vient encore de cette différence entre le formel et le respect. Tu sais combien <strong>j&#8217;abhorre l&#8217;hypocrisie</strong>, et je me souviens de tout le vitriol que mes copains et moi mettions dans nos cyniques &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; balancés aux professeurs acariâtres et incompétents que nous avions face à nous au collège ou au lycée (<strong>on en a tous eu</strong>). Alors si ce vous n&#8217;est qu&#8217;un outil artificiel, à quoi sert-il? Dès la seconde, j&#8217;allais <strong>systématiquement</strong> voir tous mes professeurs en début d&#8217;année, et <strong>je leur demandait si je pouvais les tutoyer</strong>. Certains s&#8217;offusquaient, d&#8217;autres se <strong>marraient</strong>, mais en pratique j&#8217;avais toujours entre 30 et 50% de &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo;. J&#8217;ai tutoyé beaucoup de mes profs, <strong>souvent mes préférés</strong> d&#8217;ailleurs, mais ça ne voulait pas dire que je ne les respectait pas, <strong>bien au contraire</strong>. Et ceux que je respectait le plus ? Je les appelait par leur prénom. Avec ma mémoire de poisson rouge, beaucoup de profs incompétents ou fades ont glissé dans l&#8217;oubli de mes souvenirs. Mais <strong>je n&#8217;oublierai jamais Bruno</strong>, mon prof de math de terminale, par exemple.</p>
<p>Peut être ce rejet du &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; est-il aussi dû au fait que je sois <strong>tombé amoureux de l&#8217;anglais</strong> quand j&#8217;avais 15 ans. En anglais, &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; se dit <strong>&laquo;&nbsp;you&nbsp;&raquo;</strong> , et &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; se dit&#8230; <strong>&laquo;&nbsp;you&nbsp;&raquo;</strong> . Et ça ne pose de problème à <strong>personne</strong>, d&#8217;autant que je vous garantis qu&#8217;on fait très vite la différence entre les deux. Comment? Avec <strong>le ton et le contexte</strong>. Parce que quand on nous parle, on se rend très vite compte si notre interlocuteur nous respecte ou non. Pas besoin de <strong>changer artificiellement l&#8217;article</strong> pour ça. Le &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;, comme le &laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo;, ça prend mon <strong>syndrome de Peter Pan</strong> à rebrousse-poil, et j&#8217;ai l&#8217;impression de prendre une ride à chaque fois que j&#8217;en entend un. Parfois, quand le courant passe, l&#8217;étudiant passe du &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; <strong>naturellement</strong>, sans avoir besoin de formaliser le changement, au moins lors des discussions privées, en interclasse ou sur les réseaux sociaux. Il y en a eu quelques uns, cette année. L&#8217;un d&#8217;eux est même passé au &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; *<strong>pendant</strong>* les cours et je ne l&#8217;ai jamais repris. Mais s&#8217;il y a un truc qui m&#8217;agace et, pour être honnête, me <strong>blesse</strong> un peu, c&#8217;est quand après la fin des cours ou de l&#8217;année, ceux ou celles qui gardent contact n&#8217;arrivent pas à se débarrasser du &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;. C&#8217;est juste complètement <strong>pénible</strong>, et ça me rend triste, surtout <strong>après que j&#8217;ai clairement signifié que je n&#8217;aimais pas ça</strong>. C&#8217;est comme les quelques rares personnes qui utilisaient encore mon patronyme de naissance après mon changement de nom légal, sachant que c&#8217;était quelque chose qui m&#8217;était <strong>pénible et douloureux</strong>. Comme ces gens qui continuent à utiliser l&#8217;article usant du genre de leur sexe de naissance face à un transgenre, sachant que ça les blesse. Je n&#8217;irai pas dire que l&#8217;emploi du vous en dehors du cadre professionnel me &laquo;&nbsp;blesse&nbsp;&raquo;, mais c&#8217;est quelque chose qui m&#8217;est <strong>réellement pénible</strong>.</p>
<p>Je ne dis pas qu&#8217;il faut <strong>rejeter</strong> le &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; en boucle. Dans le domaine professionnel, il peut aider à créer cette <strong>distance artificielle</strong> dont certains ont besoin pour être cadrés (pas que dans le domaine de l&#8217;éducation). Et en poésie, surtout en <strong>poésie amoureuse</strong>, le V velouté du &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; permet de faire de jolies choses en français (pensez à la javanaise de Gainsbourg&#8230; &laquo;&nbsp;J&#8217;avoue j&#8217;en ai bavé, pas toi?&nbsp;&raquo; ça claquerait moins, quand même&#8230;). Mais sorti d&#8217;un tel cadre, <strong>j&#8217;ai beau aimer ma langue maternelle tout aussi fort que ma langue d&#8217;adoption</strong>, je trouve que sur ce point, les anglophones ont tout compris. Puisque nous sommes en France, gardez donc ce &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; et ce &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; qui font partie de notre <strong>patrimoine linguistique</strong>, mais faites l&#8217;effort de l&#8217;adapter avec pertinence à votre contexte, ne vouvoyez pas artificiellement quelqu&#8217;un que vous ne respectez pas, n&#8217;ayez pas peur de tutoyer quelqu&#8217;un même si vous le respectez, et surtout, si vous le respectez, <strong>écoutez</strong> un minimum cette personne et si le &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; ou le &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; la gênent vraiment, utilisez plutôt l&#8217;autre pronom&#8230;</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Je veux une partie des bénéfices »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: La javanaise, Serge Gainsbourg, « J&#8217;avoue j&#8217;en ai bavé, pas vous, mon amour ? Avant d&#8217;avoir eu vent de vous, mon amour&#8230; »</p>
<p>Même si je me prend une ride à chaque &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;, la vie est belle !</p>
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