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	<title>Tears of the Night &#187; Humour</title>
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	<description>Le blog de Paul de Senquisse</description>
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		<title>Etude de texte : Au placard, Sartre</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2005 17:09:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Cordy]]></category>
		<category><![CDATA[Etude de texte]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a plusieurs mois, je vous avais fait découvrir ou re-découvrir pour certains un des grands penseurs de la philosophie française, en la personne de Pierre Bachelet. Force est de constater que depuis, outre mes régulières fiches de lecture, je ne vous ai pas aidé à y voir plus clair dans les autres monuments]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plusieurs mois, je vous avais fait découvrir ou re-découvrir pour certains un des grands penseurs de la philosophie française, <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=1191">en la personne de Pierre Bachelet</a>. Force est de constater que depuis, outre mes régulières fiches de lecture, je ne vous ai pas aidé à y voir plus clair dans les autres monuments de la chanson engagée. Voici donc une nouvelle étude de texte détaillée. Aujourd&#8217;hui c&#8217;est tout un courant philosophique intense que je vais essayer de vous présenter. Cette personnalité qui a pris la France par surprise principalement depuis le début des années 50. Je ne parle pas de ce coco de Sartre, mais bien évidemment de l&#8217;inénarrable Annie Cordy.</p>
<p>Née Léonie Cooreman, tout le monde ou presque a déjà entendu ou fredonné les chansons populaires que sont &laquo;&nbsp;La bonne du curé&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Tata Yoyo&nbsp;&raquo;. Mais Annie Cordy, ce n&#8217;est pas simplement une énergie fulgurante et un humour décapant. Il serait aisé de soliloquer sur le léger &laquo;&nbsp;Chaud Cacao&nbsp;&raquo;, mais nous sommes ici pour mettre en avant des réflexions plus profondes et élevées, et je sais que si je commentais de manière désinvolte &laquo;&nbsp;Chaud Cacao, chaud chaud chaud chocolat&nbsp;&raquo; toi, brilllant lecteur, sensuelle lectrice, tu ne me le pardonnerais pas. J&#8217;ai donc choisi de vous présenter une facette méconnue d&#8217;Annie Cordy. Annie Cordy penseuse. Annie Cordy philosophe. Nous allons étudier ensemble l&#8217;une de ses chansons les plus engagées, les plus sérieuses, et les plus profondes. Je ne surprendrai personne en avaouant que cette chanson est ma favorite de l&#8217;artiste. Nous attaquons aujourd&#8217;hui un sujet grave. Les fans d&#8217;Annie l&#8217;auront compris, je veux bien évidemment parler de son opus, &laquo;&nbsp;Cot Cot Coin Coin&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong><a rel="attachment wp-att-1196" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1196"><img class="alignright size-full wp-image-1196" title="Cot Cot Coin Coin" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2016/02/cotcot.jpg" alt="" width="150" height="148" /></a>Un jour que c&#8217;était le matin,</strong></p>
<p>Nous l&#8217;avions déjà vu avec Bachelet, il est toujours important dans une chanson a vocation sérieuse de placer le décor, d&#8217;offrir à son public analyste un référent commun afin de délimiter avec précision les bornes limitatives de la pensée discursive. Ici, nous comprenons aisément que la scène se passe en matinée, et que le jour précis, ou la saison, sont secondaires : nous sommes en face d&#8217;une tranche de vie inaltérable et universelle.</p>
<p><strong>Maman poule sur son tas de foin</strong><br />
<strong>Apprenait à ses petits poussins </strong><br />
<strong>À faire des cris de poule près du bassin.</strong></p>
<p>La valeur de l&#8217;éducation. Voici un élément important de la pensée Cordyenne. Toujours d&#8217;actualité, sous des apparences légères, ça dénonce grave. Ca balance sec, madame. On parle des problèmes de société et du désavoeu des parents dans leur rôle éducatif&#8230; Ici, la morale est claire : même les poules s&#8217;occupent de la bonne éducation de leurs enfants. Le message d&#8217;Annie ? &laquo;&nbsp;Prenez en de la graine&nbsp;&raquo;. Ce qui, pour une poule, est doublement bien pensé.</p>
<p><strong>Un petit canard noir et blanc </strong><br />
<strong>Qui avait perdu ses parents,</strong></p>
<p>La dimension tragique de la chanson apparait ici avec l&#8217;introduction de l&#8217;un des protagonistes principaux de l&#8217;allégorie. Un canard orphelin, aux couleurs différentes des poules traditionnelles wallonnes. On comprends bien ici le parallèle qui peut être tiré avec tous les gens, jeunes ou vieux, qui sont perçus comme différents par la société ou l&#8217;être humain lambda, quelle que soit son origine.</p>
<p><strong>Voyant tous les poussins imiter leur maman </strong><br />
<strong>Essayait de faire cot cot tout en pleurant.</strong></p>
<p>La détresse et la solitude du canard le pousse à sans cesse faire des efforts d&#8217;intégration&#8230; Il voit bien qu&#8217;il est différent des autres, en extérieur, mais cherche à montrer que lui aussi a un coeur, et qu&#8217;il est prêt à faire des efforts pour s&#8217;intégrer, même au prix d&#8217;une perte d&#8217;identité (il est en effet important de noter pour les lecteurs non-biologistes qu&#8217;un canard est physiologiquement incapable de faire &laquo;&nbsp;cot cot&nbsp;&raquo; de manière naturelle et sans intervention extérieure).</p>
<p><strong>(Refrain)</strong><br />
<strong>Cot cot cot cot cot cot cot cot Faisait la maman poule.</strong><br />
<strong>Cotcot cotcot cotcot cotcot Faisaient les poussins poules.</strong><br />
<strong>Coin coin coin coin coin coin coin coin Faisait le petit canard.</strong><br />
<strong>Quand on est fière d&#8217;être une poule</strong><br />
<strong>On fait cot cot et pas coin coin ! </strong></p>
<p>Retour à la dénonciation. Le canard est rejeté de la nacelle familiale incarnée par la poule et les poussins. Mme Cordy met en avant l&#8217;un des maux les plus effarants de notre société, la fierté déplacée, qui aveugle le coeur des hommes et fait naître l&#8217;intolérence&#8230; Nous ne parlons pas ici d&#8217;élitisme (qui est comme vous le savez une valeur à laquelle je tiens) mais bien du rejet aveugle d&#8217;autrui simplement pour son apparence ou sa coutume (représentée ici par le coin coin). Le couple poule/poussins est une allégorie visant à dénoncer le racisme racial et religieux.</p>
<p><strong>Le petit canard seul dans son coin </strong><br />
<strong>Pleurait devant tous les poussins</strong><br />
<strong>Qui se moquaient de lui en lui jetant du grain.</strong><br />
<strong>Hou huu hou ! Ce poussin est vilain ! </strong></p>
<p>Nous avons ici une étude émotionnelle et détaillée des troubles affectifs du canard. Rejeté par son apparence, par sa différence, il ne sait pas encore comment se défendre face à l&#8217;agressivité de la société de consommation moderne représentée avec brio par les poussins. En demi-teintes, nous voyons aussi une critique à peine voilée de l&#8217;artiste envers le gaspi des sociétés modernes, n&#8217;hésitant pas à jeter du grain à la tête du canard alors qu&#8217;il y a encore des gens qui meurent de faim dans le monde.</p>
<p><strong>Je suis tout noir et je ne vous ressemble pas.</strong><br />
<strong>Je voudrais bien chanter comme vous les gars</strong><br />
<strong>Mais je suis coin-coincé et je ne comprends pas </strong><br />
<strong>Pourquoi copains, j&#8217;y arrive pas ? </strong><br />
<strong>(Au refrain)</strong></p>
<p>Réaction classique de l&#8217;être humain face au rejet de ses pairs : aveugle à l&#8217;étroitesse d&#8217;esprit d&#8217;autrui, il n&#8217;hésite pas une seule seconde à rejeter la faute sur son propre comportement ou sa nature. Il se trouve &laquo;&nbsp;coincé&nbsp;&raquo;, et souffre de la détresse profonde de l&#8217;être qui a perdu tous ses repères.</p>
<p><strong>Soudain un grand malheur arriva : </strong><br />
<strong>Un poussin dans le bassin tomba.</strong><br />
<strong>Au secours ! Au secours ! Mon fils va se noyer</strong><br />
<strong>Faite quelque chose ou je je vais me plumer???</strong></p>
<p>Nouvelle critique voilée de la société moderne et du désavoeu des parents de leur rôle éducatif. L&#8217;un de ses enfants est en danger, mais maman poule est totalement décontenancée par la situation&#8230; elle cherche le salut dans la société qui l&#8217;entoure et qui l&#8217;a formatée, sans voir que très probablement il était tout à fait dans ses cordes de sauver son gosse. Mais là encore, inconsciemment, elle s&#8217;en fiche, et ne lèvera pas le petit doigt. A croire qu&#8217;elle préfèrerait qu&#8217;il crève. Tchulée.</p>
<p><strong>Le petit canard sans hésiter (coin coin)</strong><br />
<strong>Plongea dans l&#8217;eau froide et glacée.</strong><br />
<strong>Il sauva le poussin et depuis ce jour-là </strong><br />
<strong>Toute la basse-cour en fête l&#8217;adopta.</strong><br />
<strong>(Tous avec moi) </strong></p>
<p>Ici le canard démontre que l&#8217;être humain vertueux, face à l&#8217;adversité, n&#8217;hésite pas une seconde à mettre la main à la pâte et d&#8217;une manière très altruiste, s&#8217;élance au secours du sale mioche qui n&#8217;avait pourtant pas hésité à lui jeter du grain à la gueule il y a quelques strophes. Le canard est quelqu&#8217;un de fondamentalement bon. Je vous l&#8217;accorde, dans un sens, ici, il est aussi un peu fondamentalement con. Mais c&#8217;est souvent le cas dans les allégories alors n&#8217;y prêtons pas plus longuement attention. Remarquons cependant que cet acte altruiste a été le vecteur qui a permis à l&#8217;ensemble de la basse-cour d&#8217;intégrer le petit canard. Véritable message d&#8217;espoir, il aura fallu un danger de mort pour que la société ouvre les yeux pour accueillir et apprécier le petit canard.</p>
<p><strong>Cot cot cot cot cot cot cot cot Faisait la maman poule.</strong><br />
<strong>Cotcot cotcot cotcot cotcot Viva le héros de la poule !</strong><br />
<strong>Coin coin coin coin coin coin coin coin Faisait le petit canard.</strong><br />
<strong>Et dans la ferme, on entendait</strong><br />
<strong>Chanter les poules et les poussins.</strong><br />
<strong>Cotcot cotcot cot cot cot cot cotcot</strong> <em>(note : ce qui précède est cancanné sur l&#8217;air de la marseillaise)</em></p>
<p>Conclusion en apothéose&#8230; La ferme (et donc la société) est enfin unie sans racisme ni préjudice. A travers cette allégorie osée et qui dénonce, Mme Cordy nous encourage à accepter autrui et à abandonner toute forme de racisme ou de rejet de l&#8217;autre pour des considérations futiles. Nous apprécierons tout carticulièrement le tout dernier clin d&#8217;oeil. En cancannant la marseillaise, Annie Cordy nous démontre que dans un sens, elle aussi, belge d&#8217;origine, est peut être pour certains un petit canard au sein du public français qui l&#8217;a pourtant adoptée, et elle nous encourage a faire de même avec tous ceux que nous rencontrerons. C&#8217;est une adresse au public, manière de les remercier de leur amour et de leur fidélité.</p>
<p>Et en vous remerciant de la votre, je vous dis à bientôt.</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « hey, c&#8217;était pas plutôt &#8216;je peux dégrafer&#8217; &#8216;-oui oui&#8217; ? »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: I saw her standing there, The Beatles, « Well, she was just 17, You know what I mean, And the way she looked was way beyond compare. So how could I dance with another (ooh) And I saw her standin&#8217; there. Well she looked at me, and I, I could see That before too long I&#8217;d fall in love with her. »</p>
<p>Même si je ne pars pas en vacances, la vie est belle !</p>
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		<title>Etude de texte : mieux que du Nietzsche</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Sep 2004 14:22:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Etude de texte]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre Bachelet]]></category>
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		<description><![CDATA[Je me suis dit qu&#8217;après quelques journées d&#8217;absence, il fallait que je me fasse pardonner. J&#8217;ai d&#8217;abord pensé que j&#8217;allais vous offrir à tous, lecteurs, lectrices, un voyage à Madagascar. Mais je me suis dit que vous trouveriez ça indigne de moi, je ne vous achete pas avec des cadeaux aussi peu important qu&#8217;un voyage]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1192" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1192"><img class="alignright size-full wp-image-1192" title="Bachelet" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2016/02/Bachelet.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a>Je me suis dit qu&#8217;après quelques journées d&#8217;absence, il fallait que je me fasse pardonner. J&#8217;ai d&#8217;abord pensé que j&#8217;allais vous offrir à tous, lecteurs, lectrices, un voyage à Madagascar. Mais je me suis dit que vous trouveriez ça indigne de moi, je ne vous achete pas avec des cadeaux aussi peu important qu&#8217;un voyage au soleil. Non, vous qui venez ici, êtes avides de culture et je le sais.</p>
<p>Je me suis donc promis de vous offrir une porte ouverte sur l&#8217;un des plus grands penseurs de notre génération. Va ta coucher, Platon ! Au placard, Nietzsche et ton orthographe immémorisable. Non, je veux bien sûr parler de Pierre Bachelet. Aaaah, Pierre Bachelet. Les plus jeunes d&#8217;entre vous ne savent probablement même pas qui c&#8217;est, mais pour tous ceux qui ne vivaient pas sur mars ou dans les gonades de leurs parents au début des années 80, vous voyez de qui je parle. Bachelet, c&#8217;est les corons, bien sûr, mais c&#8217;est surtout un champion toute catégorie de la chanson déprimante, la chanson tire-toi-une-balle, la vraie chanson qui finit mal comme dans les chansons des années 40, avec une musique des années 60, le tout publié dans les années 80. Donc, il y a 20 ans, il avait 30 ans de retard, donc 30 ans d&#8217;avance. En 2010, Bachelet, ce sera vachement tendance. La preuve, il chante &laquo;&nbsp;Born to be Wild&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Highway to Hell&nbsp;&raquo; chez Cauet (véridique).</p>
<p>Mais Bachelet donc, c&#8217;est aussi et surtout un grand penseur. Oui je sais, c&#8217;est pas évident comme ça à première vue, mais c&#8217;est pour ça que je suis là. Etudions ensemble, je vous prie, la chanson qui est un peu le centre de son message philosophique (voire philologique, même) : &laquo;&nbsp;Pleure pas Boulou&nbsp;&raquo;. Pleure pas Boulou est à Bachelet ce que &laquo;&nbsp;Ne me quitte pas&nbsp;&raquo; est à Brel, ou plutôt pour rencentrer, ce que &laquo;&nbsp;De l&#8217;inconvénient d&#8217;être né&nbsp;&raquo; est à Cioran. Pour simplifier la lecture, les paroles sont en gras, les commentaires en normal. C&#8217;est parti :</p>
<p><strong>Y a deux enfants qui sont assis</strong><br />
<strong>Sur le bord d&#8217;un trottoir</strong><br />
<strong>Il est cinq heures et l&#8217;école est finie</strong><br />
<strong>Ils se racontent des histoires</strong></p>
<p>Bachelet est avant tout soucieux du détail. Oui, il a un message a faire passer, mais on le fait pas dans le vent, bordel ! Il nous présente donc les deux protagonistes, deux gosses qui quittent les cours et qui papotent tous les deux le cul par terre. On ne précise pas si on est dans le neuf-trois, mais vu le vocabulaire qu&#8217;ils emploieront plus tard (c&#8217;est à dire des mots de plus d&#8217;une syllabe) on peut en douter. Mais Bachelet, en omettant la localisation précise, nous préviens déjà que cette chanson contient un message universel et non attaché à un endroit particulier. Pleure pas Boulou, c&#8217;est la mondialisation avant l&#8217;heure. Poursuivons.</p>
<p><strong>Pour toi la vie dis-moi, c&#8217;est quoi dit le petit</strong><br />
<strong>Manger des glaces et caetera répond le grand</strong></p>
<p>On entre de plein fouet dans le sujet. Le sens de la vie, rien que ça. A travers sa réponse désinvolte, le grand nous montre que la vie, c&#8217;est avant tout les plaisirs simples. Poursuivons encore :</p>
<p><strong>Moi j&#8217;aime les glaces mais j&#8217;aime pas trop les caetara</strong><br />
<strong>J&#8217;préfère cent fois le chocolat</strong></p>
<p>Humour ! Grand trait d&#8217;humour ! Incapable d&#8217;avouer à l&#8217;autre qu&#8217;il n&#8217;a pas compris la tournure latine (on est pas dans le neuf-trois, mais on est pas à la sortie de la Sorbonne non plus), le petit rétorque qu&#8217;il n&#8217;aime pas ce qu&#8217;il a pris pour une nourriture terrestre. A travers cette innocence, on voit que trop de gens préfère mentir pour ne pas se montrer plus faibles. Pourtant, l&#8217;ambiance de la chanson est plutôt guillerette jusque là. Connaissant Bachelet, on est en droit de se méfier, c&#8217;est anormal, on a fini le premier couplet et personne n&#8217;est mort ni n&#8217;a envie de se suicider. On ris donc de bon coeur, mais on se méfie quand même. Pierre enchaine avec le refrain :</p>
<p><strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong></p>
<p>Là, on s&#8217;interroge. Pleurer ? Pourquoi pleurer ? Parce qu&#8217;il n&#8217;a pas de glace ? C&#8217;est un peu gros pour se retrouver en larmes&#8230; Alors pourquoi ce refrain ? A travers cette mécanique, Bachelet nous apprends que la vie, c&#8217;est aussi savoir se tenir sur ses gardes. Deuxième strophe :</p>
<p><strong>Moi c&#8217;est mon père qu&#8217;est pas commode</strong><br />
<strong>Un verre de trop et c&#8217;est parti</strong><br />
<strong>J&#8217;passe la nuit derrière la commode</strong><br />
<strong>Les voisins appellent la police, à cause du bruit</strong></p>
<p>ET VOILA ! On avait raison de se méfier. C&#8217;est parti, le grand déballage. Le grand avoue que son père est un gros alcoolo qui passe sa vie à le tabasser. Bienvenue dans le monde de Bachelet, ca y est, on est en plein dedans. Pour un peu qu&#8217;il finisse sa vie en taule le père, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas.</p>
<p><strong>Chez moi peut-être c&#8217;est plus sympa</strong><br />
<strong>Répond le p&#8217;tit évidemment</strong></p>
<p>Naivement, mis en confiance par la vanne du petit du début, on se dit qu&#8217;il va rassurer son pote, le consoler, parce que lui va bien, après tout chez lui c&#8217;est sympa non ? Fi ! C&#8217;est bien mal connaitre le grand Pierre ! Le petit poursuit ainsi son explication du &laquo;&nbsp;c&#8217;est plus sympa&nbsp;&raquo; :</p>
<p><strong>Mon vieux il est parti d&#8217;chez moi</strong><br />
<strong>Maman dit qu&#8217;il ne me manque pas</strong><br />
<strong>Moi j&#8217;aimerais qu&#8217;il soit encore là</strong></p>
<p>PAF ! Forcément, son père s&#8217;est barré sans demander son reste, du coup il peut pas le tabasser. A se demander si Bachelet a compris les paroles de &laquo;&nbsp;Un homme heureux&nbsp;&raquo; de Sheller. Il enchaine sur un double refrain, et là on comprends mieux pourquoi il pleure, c&#8217;te gosse :</p>
<p><strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout </strong><br />
<strong><br />
Tu sais ma mère elle a toujours<br />
Les larmes aux yeux<br />
Y a des jours où j&#8217;voudrais comprendre</strong></p>
<p>On aurait pu croire qu&#8217;avec le père parti, la mère pourrait garder un visage solide pour la psychologie grandissante du gamin, mais non, elle chiale tout le temps. Et là, le grand (qui, vu qu&#8217;il est grand, en connais plus sur le sens de la vie, cf plus haut avec les glaces) lui réponds et tente de lui expliquer :</p>
<p><strong>Tu sais les vieux ça les rend</strong><br />
<strong>Dingue d&#8217;être des vieux</strong><br />
<strong>J&#8217;vais t&#8217;expliquer tu vas comprendre</strong></p>
<p>Outre le fait que Bachelet accuse tous les adultes de vieux (bah vi le père qui tabasse et la mère qui chialent doivent avoir quoi ? A peine la trentaine ?), il nous met la puce à l&#8217;oreille, car ce qui suit va être le condensé du message de la chanson&#8230; J&#8217;y reviendrai plus bas, alors on enchaine de suite avec le refrain (le même que d&#8217;hab, Boulou continue de chialer au grand dam de Pierre) et le dernier couplet :</p>
<p><strong>Plus on est grand et plus c&#8217;est pire</strong><br />
<strong>Moins c&#8217;est marrant</strong><br />
<strong>Moins on est gai et moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on s&#8217;marre évidemment</strong><br />
<strong>Moins qu&#8217;on est p&#8217;tit et plus c&#8217;est moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on est pas grand</strong><br />
<strong>Et c&#8217;est pour ça qu&#8217;elle est si triste et puis voilà</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout </strong><br />
<strong><br />
Salut petit il faut que j&#8217;rentre dit le plus grand<br />
Reste avec moi encore un peu dit le petit<br />
Il faut qu&#8217;j'attende encore dehors un bon moment<br />
Ma mère ne rentre que vers les huit heures et demi</strong></p>
<p>Voilà, on s&#8217;approche de la fin de la chanson, et consciencieux de ne pas abandonner son cadre sous prétexte que le message important a été dévoilé, Bachelet met un terme à la chanson en rangeant ses personnages et en introduisant une fin : le grand doit rentrer (se faire tabasser, probablement), le petit aimerait bien qu&#8217;il reste un peu parce qu&#8217;en fait sa mère (celle qui chiale) rentre tard du boulot. L&#8217;histoire ne dit pas si c&#8217;est une dame de compagnie pour qu&#8217;elle travaille si tard. Mais bon, on a eu droit au sens de la vie, Bachelet pourrait finir là non ? NON. Là, il nous achève avec la fin de cette strophe avant le dernier refrain :</p>
<p><strong>Y a deux enfants qui sont assis</strong><br />
<strong>Sur le bord d&#8217;un trottoir</strong><br />
<strong>Il y a un grand et un petit à côté d&#8217;lui</strong><br />
<strong>Adieu p&#8217;tit mec</strong><br />
<strong>A demain si t&#8217;es encore là</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong><br />
<strong>La la la pleure pas boulou</strong><br />
<strong>La la la on changera tout</strong></p>
<p>A demain, SI TU ES ENCORE LA ! Là, même Dickens est un petit joueur, non seulement les povgoss s&#8217;en prennent plein la gueule, mais notre Bachelet national sous entends de plus que l&#8217;un d&#8217;eux va certainement pas passer la nuit. Chanson gaie donc, sous le signe de la joie de vivre.</p>
<p>Mais comme promis, revenons sur *LA* phrase de la chanson, *LE* morceau inoubliable, en bref, le condensé Bachelésien du sens de la vie :</p>
<p><strong>Plus on est grand et plus c&#8217;est pire</strong><br />
<strong>Moins c&#8217;est marrant</strong><br />
<strong>Moins on est gai et moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on s&#8217;marre évidemment</strong><br />
<strong>Moins qu&#8217;on est p&#8217;tit et plus c&#8217;est moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on est pas grand</strong><br />
<strong>Et c&#8217;est pour ça qu&#8217;elle est si triste et puis voilà</strong></p>
<p>Incroyable, mais vrai. Décortiquons :<br />
<strong> </strong><br />
<strong>Plus on est grand et plus c&#8217;est pire</strong><br />
<strong>Moins c&#8217;est marrant</strong></p>
<p>On commence par une banalité, plus tu vieillis, plus tu vas en chier. Bachelet avait-il prévu le problème des retraites mieux que les socialistes au pouvoir à l&#8217;époque ? Ca se corse :<br />
<strong></strong><br />
<strong>Moins on est gai et moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on s&#8217;marre évidemment</strong></p>
<p>Evidemment, comme il le dit. On se marre en général quand on est gai, a moins d&#8217;être un cynique comme Thibaud &laquo;&nbsp;Kobal&nbsp;&raquo;, et donc moins on l&#8217;est, moins on se marre. Mais c&#8217;est surtout la fin de cette strophe qui est fabuleuse :<br />
<strong></strong><br />
<strong>Moins qu&#8217;on est p&#8217;tit et plus c&#8217;est moins</strong><br />
<strong>Qu&#8217;on est pas grand</strong><br />
<strong>Et c&#8217;est pour ça qu&#8217;elle est si triste et puis voilà</strong></p>
<p>Moins qu&#8217;on est petit = Plus on est grand<br />
Plus c&#8217;est moins = Moins on est<br />
On est pas grand = On est petit</p>
<p>La phrase peut donc être résumée pour les esprits simples par : &laquo;&nbsp;Plus on est grand, moins on est petit, et c&#8217;est pour ça qu&#8217;elle est si triste&nbsp;&raquo;. Voilà, le sens de la vie made in Bachelet, être grand, c&#8217;est l&#8217;inverse d&#8217;être petit. En plus l&#8217;autre grognasse, elle l&#8217;assume pas (elle était fan de Gildas et de Mimi Mathy ?), alors elle chiale toute la journée parce que les grands ne sont plus petit plutôt que de se trouver un meilleur job pour son povgoss. La salope, je suis sûr qu&#8217;elle était communiste.</p>
<p> <img src='https://desenquisse.com/totn/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>&lt; EDIT : Corrigé le T par un D à Thibaud &laquo;&nbsp;Avec un D comme Damn it !&nbsp;&raquo; &gt;</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Mon lecteur aléatoire de MP3 vient d&#8217;enchainer Leonard Cohen après Pierre Bachelet. C&#8217;est qui le DJ ? »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Friday on my mind, Easybeats, « Monday I have friday on my mind. »</p>
<p>Même si Bachelet semble vouloir nous convaincre du contraire, la vie est belle !</p>
<p>&nbsp;</p>
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