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	<title>Tears of the Night &#187; Pedopornographie</title>
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	<description>Le blog de Paul de Senquisse</description>
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		<title>World War Web: ne pas se tromper de cible</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 22:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis hier soir, un boulet de canon médiatique aura fait disparaitre presque toute mention des ratés de Free Mobile et de leurs non-cartes SIM, et réalisé la performance de rendre une keynote Apple absolument invisible sur Twitter. Ce boulet de canon, c&#8217;est la fermeture du site de partage de fichiers pas-toujours-légaux-mais-parfois-si-quand-même Megaupload. J&#8217;étais tranquillement en]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-712" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=712"><img class="alignright size-full wp-image-712" title="Government Censorship" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2012/01/INDIAN-GOVERNMENT-AND-GOOGLE-CENSORSHIP.png" alt="" width="250" height="173" /></a>Depuis hier soir, un <strong>boulet de canon médiatique</strong> aura fait disparaitre presque toute mention des ratés de Free Mobile et de leurs non-cartes SIM, et réalisé la performance de <strong>rendre une keynote Apple absolument invisible</strong> sur Twitter.</p>
<p>Ce boulet de canon, c&#8217;est la <strong>fermeture du site de partage</strong> de fichiers pas-toujours-légaux-mais-parfois-si-quand-même Megaupload. J&#8217;étais tranquillement en train de jouer à WoW sur le mac, regardant Twitter d&#8217;un air distrait entre deux pulls de boss, lorsque l&#8217;effervescence a commencé. &laquo;&nbsp;Megaupload fermé&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Plus de Megaupload&nbsp;&raquo;, et autre déclinaisons, en boucle, avec quelques articles relayant l&#8217;information (dont la BBC, l&#8217;un des premiers media &laquo;&nbsp;sérieux&nbsp;&raquo; à couvrir le sujet de manière intensive) comme quoi ce n&#8217;était pas une panne technique mais bien une <strong>fermeture suite à décision de justice</strong>.</p>
<p>La réaction ne se sera pas fait attendre. Ralliés sous la bannière des Anonymous, <strong>Internet réagit massivement</strong> à la fermeture de ce site correspondant, si l&#8217;on en croit certains chiffres, à 4% du traffic mondial à lui seul. Attaques informatiques sur les entités perçues comme &laquo;&nbsp;coupables&nbsp;&raquo;, les sites en question tombent un par un : site du département de justice américain, site de Universal, <strong>notre immondice française Hadopi</strong>, et même le site du FBI n&#8217;y aura pas échappé. Certains seront restés offline plus longtemps que d&#8217;autres, mais la riposte &laquo;&nbsp;pour le principe&nbsp;&raquo; en tout cas était réussie.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui encore Megaupload était le sujet de discussion favori de l&#8217;Internet francophone, même s&#8217;il faut avouer que la plupart des messages que j&#8217;ai pu voir passer sur les réseaux sociaux ou dans les médias étaient <strong>aberrants de raccourcis et de manque d&#8217;objectivité</strong> ou, vous savez, de connaissance des <strong>FAITS</strong>. Et il y a eu un net clivage entre les &laquo;&nbsp;wééééééééééérévolutiooooooooon&nbsp;&raquo; d&#8217;un côté pour qui Megaupload était un messie maintenant devenu martyr sur l&#8217;autel des vilains patrons, et d&#8217;autres pour lesquels Megaupload était le Fils de Satan(tm) et qu&#8217;il fallait s&#8217;en réjouir même si on était un djeuns rebelz.</p>
<p>Comme souvent dans les combats d&#8217;extrêmes, la <strong>Vérité &#8482;</strong> se trouve grosso modo à mi-chemin. Mais avant d&#8217;aller plus loin dans mon avis personnel propre de moi même (qui vous intéresse <strong>forcément</strong>, sinon vous seriez sur lemonde.fr ou nytimes.com, alors patientez deux minutes que je finisse l&#8217;intro ^_^), il me semble important de rappeler plusieurs choses, parce que<strong> j&#8217;ai lu des élucubrations qui feraient s&#8217;arracher les cheveux à un chauve</strong>.</p>
<p>A) A part la date qui coincide peu ou prou avec les opérations de blackout anti SOPA et PIPA, la fermeture de megaupload n&#8217;a absolument <strong>RIEN</strong> à voir avec ces deux projets de loi. C&#8217;est une opération judiciaire de longue date mise en place a travers une coopération entre de nombreuses polices internationales qui a fait mettre la clef sous la porte de Megaupload, c&#8217;est en cours depuis des <strong>mois</strong> (c&#8217;est LENT, la justice mondiale), et tout a été fait avec les lois déjà existantes.</p>
<p>B) <strong>Ce n&#8217;est pas Obama</strong> qui est venu appuyer sur &laquo;&nbsp;off&nbsp;&raquo; sur les serveurs de Megaupload. J&#8217;aurais tendance à dire, &laquo;&nbsp;au contraire&nbsp;&raquo;, la dernière action en date d&#8217;Obama en matière numérique est justement &#8211; <strong>à l&#8217;opposé INTEGRAL de notre président</strong> déconnecté des réalités qui cherche à promouvoir sa bouse Hadopi à travers le monde, soit dit en passant &#8211; de *TUER* le projet de loi SOPA au Congrès. La Maison Blanche a émis mardi un communiqué expliquant qu&#8217;Obama ne promulguerait jamais SOPA en l&#8217;état, et qu&#8217;il était prêt à &#8211; je cite &#8211; &laquo;&nbsp;défendre vigoureusement un Internet ouvert basé sur les valeurs de la liberté d&#8217;expression, du respect de la vie privée, de la sécurité et de l&#8217;innovation&nbsp;&raquo;. Pour les anglophones, je vous invite à ==&gt;<a href="http://www.whitehouse.gov/blog/2012/01/13/obama-administration-responds-we-people-petitions-sopa-and-online-piracy" target="new">lire la déclaration de la Maison Blanche</a>&lt;== avant de faire des raccourcis. Personnellement, j&#8217;échange mon président contre le leur <strong>QUAND ILS VEULENT</strong> (mais ils ne voudront pas).</p>
<p>C) Si le côté &laquo;&nbsp;Bouh-le-piratage-c&#8217;est-le-mal&nbsp;&raquo; est fortement mis en avant dans le procès contre Megaupload, pour faire peur et pour faire passer le message des lobbys, ce n&#8217;est pas principalement pour ça que megaupload ferme. C&#8217;est surtout pour les (<strong>réelles</strong>) malversations de son fondateur, et les couilles en or qu&#8217;il s&#8217;est fait sur le dos (un petit peu) des major et sur le dos (beaucoup) de ses utilisateurs. J&#8217;y reviens plus bas, mais gardez cela en tête.</p>
<p>Maintenant j&#8217;en viens à mon opinion. La fermeture de Megaupload, dans le fond et la forme, est à la fois <strong>une très bonne chose, et quelque chose d&#8217;absolument horrible</strong>. Oui, les deux en même temps. J&#8217;explique.</p>
<p><strong>Pourquoi est-ce une bonne chose ?</strong></p>
<p>Je n&#8217;ai jamais caché dans mes articles être plutôt <strong>contre le piratage</strong>. Certes, on pourra m&#8217;accuser assez facilement de me ranger du côté des majors, vivant moi même exclusivement de ma plume depuis plusieurs années. Mais ce serait mal me connaitre. S&#8217;il y a bien une chose que j&#8217;aime encore MOINS que le piratage, ce sont les politiques actuelles des majors, et <strong>la répression stupide et inutile dudit piratage</strong>. Je préfère une <strong>responsabilisation</strong> des gens. Je reste convaincu que <strong>si on ne les prend pas pour des cons</strong>, les gens qui ont les moyens de soutenir la culture et les artistes le feront, et <strong>le font,</strong> d&#8217;ailleurs. Il n&#8217;y a jamais eu autant de monde dans les concerts que ces dernières années. Des auteurs peuvent écrire des livres et les publier sur Internet en étant rémunérés sans passer par les maisons d&#8217;édition. C&#8217;est un peu comme un <strong>contrat moral</strong>, et je sais d&#8217;expérience que dans notre société de consommation, <strong>les gens sont HEUREUX de soutenir ce qu&#8217;ils aiment</strong> avec leurs deniers. Qui parmi vous n&#8217;a jamais acheté un best of de son artiste favori malgré le fait qu&#8217;il ou elle possède déjà l&#8217;intégrale de ses albums ? En revanche, surtout dans un contexte de baisse du pouvoir d&#8217;achat, je trouve <strong>dommage *et* dommageable</strong> que l&#8217;argent soit un frein à l&#8217;accès à la culture et à l&#8217;éducation, surtout chez les plus pauvres et chez les plus jeunes à l&#8217;argent de poche limité. Que ces gens là téléchargent à tout rompre ne me choque pas, et si je suis prompt à froncer les sourcils (pour le principe) quand on me l&#8217;avoue, je sais que la majorité d&#8217;entre eux est également consommateur, ou en tout cas le sera dès leur entrée dans la vie active ou l&#8217;augmentation de leur pouvoir d&#8217;achat (en revanche, ceux qui téléchargent <strong>malgré la possibilité matérielle d&#8217;acheter</strong>, ou pire, qui utilisent le récurrent &laquo;&nbsp;je préfère garder mon argent pour m&#8217;acheter le dernier Galaxy Tab&nbsp;&raquo; comme excuse n&#8217;ont qu&#8217;à <strong>croupir au plus profond de mon mépris</strong>, tu n&#8217;achètes pas une Porsche au lieu d&#8217;une Fiat Punto en faisant un plus gros crédit et en te disant que tu peux payer la voiture mais que t&#8217;auras qu&#8217;à voler l&#8217;essence à la pompe). <strong>Toutes les études le disent : les plus gros pirates sont les plus gros clients payeurs de l&#8217;industrie culturelle</strong>.</p>
<p>Alors pourquoi est-ce une bonne chose, donc ? Je te vois, jeune lecteur, sexy lectrice, t&#8217;impatienter et me dire que mon paragraphe précédent n&#8217;explique rien du tout et n&#8217;a rien à voir avec la choucroute et tu as <strong>RAISON</strong>, je me laisse emporter, je reviens au sujet. Le fait que je sois plutôt contre le piratage sauf exceptions ci dessus, donc, n&#8217;a rien à voir avec le fait que je trouve ça plutôt cool que monsieur Dotcom se retrouve potentiellement devant les tribunaux. Parce que s&#8217;il y avait des usages <strong>légitimes</strong> de Megaupload, <strong>soyons honnêtes</strong>, ce n&#8217;était pas la majeure partie du traffic du site. Mais surtout, ce dont est accusé le fondateur est <a href="http://www.numerama.com/magazine/21337-le-dossier-accablant-du-procureur-contre-megaupload.html" target="new">d&#8217;avoir encouragé délibérément le piratage de masse à des fins purement lucratives</a>. Et s&#8217;il y a une chose qui m&#8217;énerve encore plus que les majors de plus en plus inutiles qui se font des couilles en or sur le dos des artistes et des honnêtes payeurs, ce sont les entrepreneurs qui se font <strong>des couilles en or sur le dos des artistes et des utilisateurs naifs</strong>, drainant via publicité et comptes premiums de l&#8217;argent qui, au lieu de se retrouver au moins un petit peu dans la poche des artistes, sert à financer la villa en Nouvelle-Zélande de monsieur Dotcom. Pour info, elle ressemble à ça, sa villa :</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-713" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=713"><img class="size-full wp-image-713 alignnone" title="Villa Megaupload (Source: http://www.nbr.co.nz)" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2012/01/chriscomansion-e1327067080102.jpg" alt="" width="542" height="349" /></a></p>
<p>Plutôt pas mal hein ? Il peut se le permettre, avec <strong>près de 200 millions de dollars de recettes</strong> des comptes premium de Megaupload, engendrés par un business model délibérément construit sur l&#8217;illicite, les conversations email du fondateur révélant qu&#8217;il était non seulement explicitement au courant de l&#8217;immense majorité de fichiers piratés par rapport aux fichiers licites sur Megaupload, mais que de plus <strong>cette pratique était sciemment encouragée</strong>, les fichiers n&#8217;étant jamais détruits (mais seulement déplacés sur les serveurs, avec nouveaux liens) lors d&#8217;une injonction de justice contre un fichier, et les plus gros uploaders recevant une <strong>compensation financière directe de Megaupload</strong> pour continuer leur business, et donc le leur. Sur le principe, gagner de l&#8217;argent illicitement, c&#8217;est bien qu&#8217;il soit jugé, et c&#8217;est d&#8217;autant mieux que c&#8217;est de l&#8217;argent gagné illicitement sur la naïveté des gens en se faisant passer pour Robin des Bois en n&#8217;étant en fait qu&#8217;un plus gros pourri que le Sheriff de Nottingham. Soit dit en passant, je suis certain que les utilisateurs ayant payé un compte megaupload premium aurait <strong>de bon coeur</strong> versé la même somme pour une licence globale aux dividendes reversés aux artistes. Je dis ça, je dis rien, cf plus haut le principe des <strong>bons payeurs quand on n&#8217;est pas pris pour des cons</strong>.</p>
<p>Mais alors pourquoi est-ce que <strong>la fermeture de Megaupload est aussi une mauvaise chose</strong>, vas-tu me demander, charmant lecteur, pulpeuse lectrice, maintenant que mon habile rhétorique a réussit à te convaincre que Megaupload méritait d&#8217;être lapidé en place publique ? J&#8217;y viens.</p>
<p>Déjà parce que c&#8217;est bel est bien <strong>le fondateur</strong> de Megaupload, qui mérite la comparution devant un juge.<strong> Pas son site</strong>. Certes, Megaupload avait un traffic majoritairement illicite, mais il avait aussi un usage licite, et le site en lui même est &laquo;&nbsp;neutre&nbsp;&raquo;. Quand John Lennon a été assassiné, Mark David Chapman a été en prison mais <strong>son revolver, lui, n&#8217;a pas été accusé</strong> directement. Détruire l&#8217;outil en même temps que le crime est totalement contre-productif. Déjà, au niveau de la forme. Certes, si tu as suivi, la fermeture de Megaupload n&#8217;a rien à voir avec SOPA et PIPA (mais <strong>si</strong>, tu as suivi, je te l&#8217;ai expliqué au dessus !) mais dans une période où ces projets de loi inquiètent à juste titre une bonne partie des américains et du reste du monde, voir la fermeture de l&#8217;un des sites les plus visités au monde, sans sommation, avant tout procès, et avec la coopération de plusieurs gouvernements mondiaux <strong>fait peur, et à juste titre</strong>. Le printemps arabe et les dictatures renversées grâce au pouvoir de Twitter et d&#8217;Internet ont ouvert les yeux à de nombreux dirigeants ou rouages importants du &laquo;&nbsp;système&nbsp;&raquo; sur les capacités de rassemblement et de communication de cet outil merveilleux. <strong>Internet, c&#8217;est un peu le contraire de la télévision</strong> : plutôt que de vous abrutir et de vous isoler en solitaire, cela vous incite à <strong>communiquer et à vous éduquer</strong>, vous informer.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-714" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=714"><img class="alignright size-medium wp-image-714" title="Red Censorship" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2012/01/iStock_000003455183XSmall-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Et ça, ça fait mal à la dystopia Orwellienne en train de se contruire depuis des décennies. Donc il y a de plus en plus de tentatives de contrôle et de projets de loi visant à donner aux gouvernements la possibilité de <strong>museler Internet</strong> comme Megaupload a été muselé. Et c&#8217;est *<strong>MAINTENANT</strong>* qu&#8217;il faut réagir, et réagir aussi fermement que les peuples qui ont renversé les dictatures, parce qu&#8217;avec trop de laisser faire, il sera trop tard. On va chercher à vous <strong>vendre ces lois avec la pilule de la sécurité ou de la responsabilité</strong>, ou mieux encore : avec<strong> l&#8217;excuse de la lutte contre la pédopornographie</strong>, mais ne vous y leurrez pas ! La pédopornographie, en vrai, ils n&#8217;en ont rien à foutre, ou presque, et qu&#8217;on ne vienne pas m&#8217;accuser d&#8217;être un &laquo;&nbsp;conspiracy theorist&nbsp;&raquo; en disant cela, vous ne me ferez pas croire que les MILLIONS de dollars dépensés pour réussir à fermer Megaupload et à coffrer leur auteur n&#8217;aurait pas pu être dépensés pour ne coffrer ne serait-ce que UN réseau pédophile à la place si c&#8217;était <strong>vraiment</strong> leur priorité. Seulement voilà, <strong>on connait le lobby des majors</strong> et leurs poches pleines de pognon pour les politiciens en manque de soutien. <strong>Le lobby des gamins violés, curieusement, il a moins de millions</strong> à dépenser dans les poches des gouvernements, lui.</p>
<p>Sur la forme, donc, c&#8217;est le mal, puisque c&#8217;est du muselage en règle d&#8217;Internet alors que Kim Dotcom aurait pu tout aussi bien être jugé sans la fermeture du site. Mais si on peut déplorer tout l&#8217;argent que les utilisateurs de Megaupload ont envoyé dans les poches de Dotcom plutôt que dans les poches des artistes, il ne faut pas oublier <strong>POURQUOI</strong> ces gens ont payé pour leur compte premium. Adolescent lecteur, jeune et jolie lectrice, si tu es née au début des années 90 tu n&#8217;as sans doute pas connu les années Napster et ce juillet 2001 où les artistes, Metallica en tête, criaient leur <strong>victoire contre le piratage</strong> avec le shutdown forcé du plus gros centre de peer to peer de l&#8217;époque. Moi, oui, j&#8217;étais déjà un grand consommateur d&#8217;Internet en 2001. Et si déjà à l&#8217;époque malgré mon plus jeune âge <strong>j&#8217;étais déjà contre le piratage systématique</strong>, j&#8217;ai néanmoins vu cela comme une défaite de la liberté du réseau, et comme beaucoup j&#8217;ai fait parti de ceux qui ont prédit l&#8217;arrivée imminente des sites de stockage et des mafias qui tenteraient probablement de faire leur beurre dessus.<strong> J&#8217;aurais du parier gros</strong>, tiens.</p>
<p>Ce que ne comprennent ni les majors, ni les gouvernements (à l&#8217;époque j&#8217;aurais pu ajouter &laquo;&nbsp;ni les artistes&nbsp;&raquo;, mais fort <strong>heureusement ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux </strong>aujourd&#8217;hui), c&#8217;est que leurs &laquo;&nbsp;victoires&nbsp;&raquo; arrachées à grands coups de lois et à grands coûts (pun intended) de <strong>millions de thunes</strong> injectées pour les faire voter et les faire appliquer <strong>ne servent absolument à rien</strong>. Déjà parce qu&#8217;ils sont trop lents à réagir, avec leurs millions et leurs lois votées et revotées. Mais surtout que <strong>pour chaque centaine de législateurs</strong> et de programmeurs assujettis au système,<strong> il y a des MILLIERS d&#8217;internautes </strong>décidés à ne pas se laisser faire. La mort de Napster, contrairement à ce que semblait croire James Hetfield, n&#8217;a pas tué le piratage. Le lendemain, tout le monde découvrait eMule. Toute mesure technique pour réprimer le net, si complexe soit elle, n&#8217;a <strong>jamais tenu plus de quelques jours</strong> face à l&#8217;intelligence collective du réseau, comprenant AUSSI des législateurs anonymes et des programmeurs anonymes au moins aussi doués que ceux &laquo;&nbsp;du camp en face&nbsp;&raquo;, mais <strong>beaucoup plus nombreux</strong>. Et le seul résultat est de <strong>complexifier sans cesse les outils et les flux</strong> utilisés pour laisser les gens libre de faire ce qu&#8217;ils veulent faire face à leur propre conscience (rappel : le piratage, c&#8217;est le Mal(tm), sauf si tu n&#8217;as pas les moyens de te payer cette culture dont tu es avide, auquel cas je fermerai les yeux avec bienveillance, je n&#8217;ai jamais su résister aux avides de culture. Oui, cela implique également que les pirates de Christophe Mae et Justin Bieber n&#8217;ont <strong>AUCUNE EXCUSE</strong>).</p>
<p>Le pire, c&#8217;est donc que <strong>les grands gagnants</strong> de la fermeture de Megaupload, ce ne sont même pas les majors, ni même les gouvernements alliés pour la défense des pauvres artistes (ahem). <strong>Ce sont justement les réseaux de pédopornographie</strong> et autres horreurs dont je parlais plus haut, maintenant que le piratage de musique va devoir se complexifier un cran de plus. Je vous prédit ici la montée en flèche de l&#8217;échange de fichiers musicaux et vidéo <strong>cryptés et sécurisés, via VPN &amp; co</strong>, pour contourner les législations en cours visant à réprimer les megaupload-like maintenant que le peer to peer (qui était le plus <strong>SAIN</strong> des modes d&#8217;échange, puisque le moins enclin à générer du pognon pour les pirates potentiels, même à grande échelle) est de plus en plus contrôlé Hadopi-style, et va donc noyer dans cet <strong>immense afflux de bruit numérique crypté</strong> les pédo-réseaux qui étaient jusqu&#8217;à présent majoritaires à utiliser ces méthodes, et donc (relativement) aisément repérables et pistables. Arrêter un réseau pédophile sur Internet était déjà <strong>un travail ingrat et compliqué</strong> pour les polices du monde. A ce rythme, d&#8217;ici cinq ans, cela sera <strong>impossible ou presque</strong>. Va repérer le fichier des pauvres gosses torturés avec tes espions quand ces derniers te ramènent l&#8217;intégrale de Lady Gaga ou un screener de Bienvenue chez les Ch&#8217;ti. <strong>Question de priorités</strong>, je pense, mais ce n&#8217;est pas grave, soutenez Hadopi, c&#8217;est pour votre bien, et promis la Lopsi c&#8217;est contre les méchants pédophiles, promis, c&#8217;est le président qui l&#8217;a dit, et il applaudit d&#8217;ailleurs la fermeture de Megaupload des deux mains. Défendre le patron d&#8217;Universal est sans doute plus important que de défendre une gamine enfermée dans une cave. C&#8217;est pour le bien de la culture, il parait.</p>
<p>Les pédophiles, au moins, ils savent déjà pour qui voter en 2012.</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Moi j&#8217;avais une tête d&#8217;ampoule renversée quand j&#8217;étais bébé ! »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Désenchantée, Mylène Farmer, « Mais rien n&#8217;a de sens, et rien ne va&#8230; Tout est chaos à côté, Tous mes idéaux : des mots Abimés&#8230;. »</p>
<p>Même si ça faisait longtemps que je n&#8217;avais pas passé près de trois heures à écrire un article, la vie est belle !</p>
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		<title>Un boycott PUR et simple</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 18:14:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En espérant que cette fois ne devienne pas coutume, je vais faire une entorse à mon article habituel du mercredi (vous retrouverez ma semaine de comics demain, du coup) pour parler un peu de l&#8217;un des buzz du moment, en l&#8217;occurence la création par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_418" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a rel="attachment wp-att-418" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=418"><img class="size-medium wp-image-418" title="Brenda Hadopi" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2011/06/80967c5e-300x190.png" alt="" width="300" height="190" /></a><p class="wp-caption-text">Parodie de la campagne Hadopi PUR</p></div>
<p>En espérant que cette fois ne devienne pas coutume, je vais faire une entorse à mon article habituel du mercredi (vous retrouverez ma semaine de comics demain, du coup) pour parler un peu de l&#8217;un des buzz du moment, en l&#8217;occurence la création par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (la <strong>H.A.D.O.P.I.</strong>, quoi) du label Promotion des Usages Responsables (le label <strong>P.U.R.</strong>). Oui, chez la HADOPI, on aime bien les acronymes. Du coup je viens avec mes gros sabots vous expliquer pourquoi soutenir cette initiative serait une idée à la Conséquence Observée Néfaste (une idée à la <strong>C.O.N.</strong>).</p>
<p>En revanche, il ne s&#8217;agit pas de cracher dans la soupe pour de mauvaises raisons : il faut savoir POURQUOI on crache dans la soupe. Si depuis l&#8217;annonce du label et d<a title="Les pubs lamentables pour Hadopi PUR" href="http://www.numerama.com/magazine/18977-hadopi-pur-decouvrez-les-3-spots-tv-de-promotion-de-l-hadopi.html" target="_blank">es publicités <strong>lamentables</strong> qui ont été présentées pour le promouvoir</a> les articles sur le sujet pleuvent sur la blogosphère et les sites des journalistes, on trouve derrière les moqueries (légitimes) sur <strong>la communication ratée</strong> beaucoup d&#8217;articles qui démolissent le concept même du label PUR. Ma position est relativement complexe, puisque contrairement à beaucoup d&#8217;anti-Hadopi &laquo;&nbsp;basiques&nbsp;&raquo;, téléchargeurs du dimanche (et des autres jours de la semaine), <strong>je suis résolument CONTRE le piratage systématique</strong> des oeuvres artistiques, et si je pense que la loi sur la propriété intellectuelle actuelle est bancale et devrait être aménagée, je suis néanmoins convaincu que le choix du partage massif (ou non) de ses oeuvres doit pouvoir être fait <strong>par l&#8217;artiste</strong> en question. J&#8217;aurais personnellement du mal à considérer quelqu&#8217;un qui s&#8217;opposerait farouchement à ce qu&#8217;on partage son art un &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; artiste, mais pour moi cela doit fait partie des libertés de cet individu (et notez bien que je parle de <strong>l&#8217;artiste</strong>, hein, pas du label d&#8217;édition ou <strong>major</strong> chez qui il a potentiellement signé).</p>
<p>J&#8217;ai déjà parlé sur ce blog de ma vision idéale de la chose (mais bon, c&#8217;était il y a plus d&#8217;un an donc comme je suis bon et généreux vous avez droit à une piqûre de rappel), pour moi il n&#8217;y a pas de meilleure méthode que celle d&#8217;artistes comme <strong><a title="Site web de Jane Siberry" href="http://www.janesiberry.com/" target="_blank">Jane Siberry</a>, <a title="Site web d'Amanda FUCKING Palmer!!!" href="http://www.amandapalmer.net/" target="_blank">Amanda Palmer</a>, <a title="Site web de Radiohead" href="http://www.radiohead.com/" target="_blank">Radiohead</a> </strong>et autres <strong><a title="Site web de Nine Inch Nails" href="http://www.nin.com/" target="_blank">Nine Inch Nails</a></strong>, en l&#8217;occurence diffuser son oeuvre <strong>&laquo;&nbsp;gratuitement&nbsp;&raquo; </strong>mais proposer la <strong>possibilité de payer</strong>. De cette manière, ceux qui n&#8217;ont pas les moyens de dépenser beaucoup d&#8217;argent ont quand même une <strong>porte d&#8217;accès vers la culture</strong>, et leur accès gratuit (ainsi que l&#8217;accès gratuit de ceux qui ont les moyens mais qui profitent comme des <strong>sangsues</strong>, ne nous leurrons pas, il y en a beaucoup) est compensé par <strong>ceux qui ont les moyens et qui paient</strong>, parfois plus que le prix moyen actuel pour une chanson lorsqu&#8217;ils veulent soutenir un artiste. Jane Siberry notamment expliquait il y a quelques années que la majorité des gens qui téléchargeaient ses titres ne payaient rien, mais que si elle divisait l&#8217;argent collecté par le nombre de téléchargements <strong>le prix d&#8217;achat moyen de ses titres était supérieur au prix moyen de vente d&#8217;un titre sur iTunes</strong> à l&#8217;époque. Un genre de <strong>mécénat moderne</strong>, mais qui fonctionne, quelle que soit la taille de l&#8217;artiste, pour peu que cet artiste soit doué (et encore, ce n&#8217;est même plus une obligation, cf. les <strong>millions</strong> gagnés par <a title="&quot;Friday&quot; par Rebecca Black (âmes sensibles s'abstenir)" href="http://www.youtube.com/watch?v=CD2LRROpph0" target="_blank">Rebecca Black</a>&#8230;)</p>
<p>Dans ce contexte, vous me direz, &laquo;&nbsp;<strong>mais alors, baron, tu dois trouver ça bien, sur le papier, le label P.U.R. ?</strong>&laquo;&nbsp;, et vous aurez raison. Oui, <strong>sur le papier</strong>, je trouve ça bien, le label P.U.R., tant que cela reste un label (genre le label rouge), que la démarche est <strong>volontaire</strong> de la part du site, et qu&#8217;il n&#8217;y a <strong>pas de discrimination</strong> gouvernementale entre les sites labellisés et les sites non labellisés (c&#8217;est là que le bât commence à blesser). Je suis complètement <strong>pour</strong> le fait de mettre en avant les &laquo;&nbsp;usages responsables&nbsp;&raquo; sur Internet, et féliciter les initiatives qui vont dans ce sens. Oui, <strong>MAIS</strong> (tu l&#8217;attendais, mon &laquo;&nbsp;mais&nbsp;&raquo;, hein ?). <strong>Mais</strong> la mise en avant de ce label est, déjà, effectuée par <a title="Plaquette non relue campagne Hadopi PUR" href="http://www.numerama.com/media/DP-Campagne-HADOPI.pdf" target="_blank">une plaquette non relue</a> (cherchez la faute de frappe, ça fait <strong>très professionnel</strong>) et contient le même <strong>tissus de conneries</strong> habituellement diffusé par la Hadopi, sur les pauvres artistes tués par le téléchargement par exemple (alors que les études sérieuses sur le sujet s&#8217;accordent à dire que <strong>plus un individu télécharge, plus il dépense</strong> pour sa culture) et surtout le message des spots comme quoi sans Hadopi il n&#8217;y aura bientôt plus d&#8217;artistes, alors qu&#8217;<strong>il n&#8217;y a jamais eu autant d&#8217;art et de création que depuis la démocratisation d&#8217;Internet</strong>, justement parce que même des artistes moyens (ou doués mais incompris) peuvent aisément diffuser leur message sans avoir à passer par la case &laquo;&nbsp;major&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais surtout, <strong>même</strong> si le message du label PUR était 100% positif, <strong>même</strong> si les spots de pub étaient réussis, <strong>même</strong> s&#8217;il n&#8217;y avait pas de discrimination, ce label serait quand même a éviter tout simplement parce qu&#8217;il est impossible de soutenir et de justifier une quelconque initiative provenant de la Haute Autorité. Parce que cet organisme d&#8217;Etat, rappelons-le, est à la tête d&#8217;<strong>un système de répression liberticide et intrusif</strong>, aux méthodes discutables, et aux condamnations de fait malgré les preuves apportés et démontrées de nombreuses fois pendant le forcing législatif du texte par le gouvernement qu&#8217;une &laquo;&nbsp;sécurisation&nbsp;&raquo; WiFi complète était <strong>techniquement impossible </strong>(puisque techniquement c&#8217;est justement le &laquo;&nbsp;défaut de sécurisation&nbsp;&raquo; qui est puni, pas le piratage, *sic*) et qu&#8217;il était aisé de<strong> falsifier une adresse IP ou d&#8217;en injecter au hasard </strong>dans les mailles des filets des mouchards au service de la Haute Autorité, rendant <strong>possible et PROBABLE </strong>de nombreux cas d&#8217;identifications erronées à partir de l&#8217;iP. Hadopi, c&#8217;est toute une philosophie complètement <strong>INTOLÉRABLE</strong> pour l&#8217;accro à la liberté d&#8217;expression que je suis, même si je suis contre le piratage. Et tant qu&#8217;existera cette partie répressive et liberticide, soutenir n&#8217;importe quelle action de la Hadopi &#8211; même une action intelligente et bien communiquée hein, s<strong>ur un malentendu ça pourrait même leur arriver</strong> &#8211; sera à mes yeux inadmissibles. Ce serait un peu comme défendre un pédophile kidnappant des gamins à la sortie de l&#8217;école en leur distribuant des sucettes sous le principe que cet individu s<strong>outient financièrement l&#8217;industrie des sucreries</strong> par son action, quoi.</p>
<p>Je pense que le principe du label P.U.R. part d&#8217;une <strong>bonne intention</strong>, et sans parler d&#8217;une vraie bonne idée, avec une meilleure communication <strong>cela aurait pu être une excellente initiative</strong>. Que j&#8217;aurais probablement soutenue, d&#8217;ailleurs, si elle provenait directement du ministère de la culture, voire d&#8217;une entreprise privée. Mais au vu de l&#8217;association de ce label avec la Hadopi, je n&#8217;ai pas d&#8217;autre solution que de le fuir comme la peste. D&#8217;ailleurs, comme le dit le titre, je vais pour ma part effectuer un <strong>boycott P.U.R. et simple du label P.U.R.</strong> : j&#8217;arrêterai immédiatement de visiter tout site culturel ou informatif disposant du label, et je ne dépenserai jamais ne serait-ce qu&#8217;UN EURO sur un quelconque site commerçant disposant du label. Je vous encourage <strong>vivement</strong> à faire de même, d&#8217;ailleurs, et à <strong>faire passer le mot</strong>, tant que la partie liberticide, répressive, légalement bancale et inacceptable de la Hadopi sera en activité. Parce que certains &laquo;&nbsp;crimes&nbsp;&raquo; moraux ou philosophiques sont à mes yeux suffisamment graves pour rendre intolérable toute initiative, <strong>même bonne</strong>, provenant de la même entité. Je ne défendrai pas non plus mon pédophile virtuel de l&#8217;exemple ci dessus s&#8217;il passait ses week ends à faire du bénévolat chez les Restos du Coeur. Loin de moi l&#8217;idée de mettre sur le même plan de gravité les crimes tangibles des pédophiles avec <strong>les crimes moraux de la Hadopi contre la liberté d&#8217;expression, la vie privée et la présomption d&#8217;innocence (<a title="Rapport de l'ONU contre Hadopi et dérivés" href="http://hns-info.net/spip.php?article30016" target="_blank">même l&#8217;ONU le dit, hein</a>)</strong>, mais cette métaphore est à mes yeux plutôt claire pour comprendre mon propos, et dans un sens c&#8217;est un clin d&#8217;oeil morbide à l&#8217;excuse numéro un des législateurs répressifs, <a title="Quelques beaux exemples de rhétorique" href="http://www.youtube.com/watch?v=03AvIw2DD90" target="_blank">la pédopornographie sur Internet étant bien souvent le vilain démon utilisé comme polichinelle pour justifier et faire accepter a peu près toutes les récentes dérives totalitaires et inacceptables de la politique numérique du gouvernement</a>, si <strong>inefficaces</strong> soient elles dans les faits pour contrer ce fléau.</p>
<p>Bref, ce n&#8217;est pas le sujet ici, le message important est : <strong>boycott systématique des sites labellisés PUR</strong>. Qui en est ?</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour:</strong> &laquo;&nbsp;Qui aurait cru que je pourrais m&#8217;ennuyer a ce point en parlant de couilles&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
<strong>La chanson du jour:</strong> Piccadilly Palare, Morrissey, &laquo;&nbsp;The Piccadilly palare was just silly slang between me and the boys in my gang &nbsp;&raquo;So Bona to Vada. OH YOU! Your lovely eek and your lovely riah&nbsp;&raquo; &nbsp;&raquo;</p>
<p>Même s&#8217;il vous faudra attendre demain pour ma semaine de comics, la vie est belle !</p>
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		<title>Défendre l&#8217;indéfendable</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 11:31:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[TotN]]></category>
		<category><![CDATA[Censure]]></category>
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		<description><![CDATA[Fidèle lecteur, jolie lectrice, tu vas encore dire que je radote ou que je commence à te gonfler avec ma sacrosainte liberté d’expression, mais bon, vois les choses du bon côté, en ce 14 février la majorité des blogs et des réseaux sociaux va être saturée de messages de Saint Pognon Valentin, donc au moins sur]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fidèle lecteur, jolie lectrice, tu vas encore dire que je radote ou que je commence à te gonfler avec ma sacrosainte <strong>liberté d’expression</strong>, mais bon, vois les choses du bon côté, en ce 14 février la majorité des blogs et des réseaux sociaux va être saturée de messages de Saint Pognon Valentin, donc au moins sur Tears of the Night tu vas y échapper.</p>
<p>Aujourd’hui est un jour sombre. Et non, pas seulement parce que je me suis réveillé seul dans un lit froid. Mais parce que je me suis levé avec une nouvelle provenant d’Outre Atlantique qui m’a mis, littéralement, les larmes aux yeux. Cette semaine, aux Etats Unis, dans la contrée de la liberté d’expression, <strong>un homme a été mis en prison pour possession de manga</strong>, et je n’arrive toujours pas à l’admettre. Je serais tout autant outré si cela arrivait en France, mais moins « choqué » puisqu’après tout, en France, non seulement cela pourrait arriver (et cela arrive peut être, mais on n’en parle pas, c’est tabou) mais en plus j&#8217;ai découvert en faisant des recherches pour l&#8217;écriture de cet article que <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006418095" target="new">la loi prévoit <strong>verbatim</strong> que cela puisse arriver</a> (article 227-23 du code pénal, donc, le mot important de la première phrase étant &laquo;&nbsp;<strong>représentation</strong>&laquo;&nbsp;) (car bien évidemment, la raison pour laquelle monsieur Handley se retrouve en prison est que certains de ces manga mettaient en scène des dessins sexuels avec des animaux animaux, et d’autres des dessins sexuels avec des enfants, il n’a pas été mis en prison parce qu’il collectionnait Naruto ou Dragonball, hein). J’en avais déjà parlé <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=843">dans mon article précédent sur le sujet</a>, mais on oublie trop vite que la liberté d’expression n’est PAS un droit total en France ou en Europe. Alors que c’est censé être le cas dans l’autre nation avec un drapeau rouge, blanc et bleu (avec des étoiles).</p>
<p>J’apprends cette nouvelle en plein milieu d’un article sur la Loppsi que j’étais en train de vous écrire, clamant combien cette loi était encore plus inacceptable qu’Hadopi, combien on pouvait faire voter n’importe quoi en le masquant derrière un voile de « moralité », et combien l’opinion publique pouvait être naïve. En effet, dans la rue, vous trouverez beaucoup plus de gens approuvant sur le principe le blocage de sites pédopornographiques que de gens approuvant les lettres recommandées envoyées aux voleurs de musique. Et pourtant c’est pire : non seulement cela « renforce » les systèmes de cryptage des vrais cyber criminels qui abusent de pauvres gosses, non seulement <a href="http://www.numerama.com/magazine/14308-l-allemagne-abandonne-le-filtrage-de-la-pedophilie-ne-sert-a-rien.html" target="new">l’expérience allemande en a prouvé l’inefficacité</a>, non seulement <a href="http://www.numerama.com/magazine/11506-Wikipedia-censure-par-la-psychose-du-pedophile.html" target="new">cela entraine des dommages collatéraux comme l’anecdote célèbre des Scorpions et de Wikipedia</a>, mais surtout c’est une mesure poudre aux yeux dont la seule conséquence sera de rendre ces crimes moins visibles et identifiables par les gens qui les combattent VRAIMENT (vous savez, la police, tout ça…) avec un impact réel stupide. Croire que retirer les sites vitrine pédopornographiques sur Internet va protéger les gosses victimes de tels abus, c’est un peu <strong>croire que la guerre s’arrête dans le monde quand on n&#8217;en voit pas les images au journal télé</strong>.</p>
<p>Bref, la Loppsi, il y a beaucoup à en dire, mais je m’arrêterai là sur le détail (au pire vous avez le net si le sujet vous intéresse, sinon vous ne seriez pas en train de me lire) mais surtout parce que l’affaire Handley illustre à merveille ce point de vue. Alors où se situe la moralité, et pourquoi est-il essentiel de se battre pour les droits de telles personnes ? La réponse a déjà été écrite, de manière bien plus complète et éloquente que ce que je n’aurais pu le faire, il y a des mois déjà au début de cette affaire par le célèbre écrivain britannique vivant aux Etats Unis, icône de la contreculture, <a href="http://www.neilgaiman.com/" target="new">Neil Gaiman</a>, sur son blog. Je vous invite à lire <a href="http://journal.neilgaiman.com/2008/12/why-defend-freedom-of-icky-speech.html" target="new">son article très pertinent sur le sujet</a>. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas anglophones, je me permet d’en proposer ici une traduction intégrale en français. Le but n’est en aucun cas de remettre son droit d’auteur en cause mais simplement de rendre accessible à un plus grand nombre cette démonstration brillante du caractère essentiel de la défense de l’indéfendable au nom de la liberté d’expression.</p>
<p>*****</p>
<p><strong>Pourquoi défendre la liberté d’expression dégueulasse?</strong></p>
<p>Ce message va être un peu long, et je m’en excuse. Je voulais parler d’autres choses, mais j’ai commence à écrire une réponse à la lettre ci-dessous ce matin et je me suis laissé emporter.</p>
<p><strong>« J’ai des questions au sujet du cas Handley. En quoi est-ce que le lolicon est une cause qui mérite d’être défendue ? Le Yaoi, tel que je le comprends, n’implique pas forcément de la pédophilie, mais le but du lolicon est bien de sexualiser des filles pré pubères, non ? Et n’y a t’il pas eu des tonnes d’études psychologiques sérieuses pour avancer que si une personne trouve une communauté de soutien pour un fetish, une croyance ou un comportement, il est plus probable qu’elle s’y adonne ? C’est pour ça que les mouvements sociaux sont si importants pour les groupes opprimés ou non conventionnels (ce qui englobe tout depuis la communauté fetish jusqu’au libertarisme de l’économie de marché) et pour cela aussi qu’un groupe comme NAMBLA peut être si effrayant (en gros, c’est un groupe de soutien pour les violeurs de bébés.)</p>
<p>Pour moi, la question est de savoir si le fait de sauver ne serait-ce qu’UN enfant d’un viol ou d’une tentative de viol, ou même d’un peu trop de câlins trop serrés du Bizarre Tonton Marcel, ne justifie t’il pas le fait de retirer une poignée de corps nus d’un comic book ? Après tout, il est absolument possible de sous-entendre ou de discuter de ces problèmes (par exemple si quelqu’un perd sa virginité à 14 ans et décide d’écrire un comic book là dessus) sans nécessairement mettre une bonne grosse image d’un boulet de 14 ans en train de se faire pénétrer en guise d’illustration. Je pense aussi qu’il y a un monde de différence entre l’histoire de Sandman qui illustre le viol d’une enfant comme la chose horrible qu’elle est (et si je ne m’abuse qui se termine avec une mort horrible pour le pervers) et le fait d’illustrer le viol d’enfants comme quelque chose de sexy et d’excitant. Je pense qu’il y a également une différence entre admettre la sexualité des enfants, et de la pornographie avec des enfants comme thème créée pour des adultes. Où se situe le lolicon dans cet éventail de cas ? Et, là encore, pourquoi est-ce que vous, personnellement, pensez qu’il doit être défendu ?</p>
<p>Merci d’avoir lu ma tirade, et de nous être accessible, et engagé dans des causes comme le CBLDF. Je pense que c’est en grande partie une organisation fabuleuse, mais sur ce cas précis je suis vraiment tiraillée.</p>
<p>Jess »</strong></p>
<p>Voyons si je peux soulager un peu ce tiraillement, Jess. J’ai bien peur que cela va être une réponse un peu longue, voire une tirade – un <em>credo</em>, et comment je suis arrivé à penser cela.</p>
<p>Si vous acceptez – comme moi – que la liberté d’expression est importante, alors il va vous falloir défendre l’indéfendable. Cela veut dire que vous allez devoir défendre le droit des gens de lire, ou d’écrire, ou de dire les choses que vous ne dites pas, ou n’aimez pas, ou ne voulez pas qu’on dise.</p>
<p>La Loi est une énorme massue qui ne fait pas et ne fera pas de distinctions entre ce que vous estimez acceptable et inacceptable. La Loi est ainsi faite.</p>
<p>Les gens qui créent de l’art découvrent où se trouvent les limites d’une expression libre en les dépassant et en ayant des problèmes.</p>
<p>LOST GIRLS, par Melinda Gebbie et Alan Moore est long de plusieurs centaines de pages. <a href="http://journal.neilgaiman.com/2006/06/lost-girls-redux.html" target="new">J’ai posté ici une critique complète que j’ai écrite pour Publishers Weekly</a> (<strong>NdT : lien en anglais</strong>). Pour décrire Lost Girls j’ai dit :</p>
<p>« <em>La frontière entre la pornographie et l’érotisme est ambiguë, et elle change en fonction de l’endroit où l’on se trouve. Pour certains, peut être, c’est une question de savoir ce qui vous excite (mon érotisme, votre pornographie), pour certains la distinction est un facteur de classe (c.-à-d. l’érotisme c’est de la pornographie pour les riches). Peut être qu’il y a également un facteur lié à sa distribution – la pornographie sur internet c’est forcément du porno, alors qu’une publication Edwardienne sur un papier couleur crème achetée par des connaisseurs et reliée en volumes hors de prix, c’est forcément de l’érotisme.</em></p>
<p>Et plus loin, spécifiquement sur <em>Lost Girls</em>, j’ai dit :</p>
<p><em>C’est le genre de porno qui n’aurait aucun mal à démontrer à un procureur zélé qu’il a une validité artistique indéniable dépassant largement son simple droit d’exister grâce au premier amendement. </em>»</p>
<p>(Ce qui est le genre de choses qu’on écrit dans une critique en soupçonnant que son but réel, un jour ultérieur, soit de persuader un procureur que l’affaire est déjà perdue et que ça ne vaut pas la peine de s’embêter avec.)</p>
<p>Dans les nombreuses permutations de <em>Lost Girls</em> sur le thème de la sexualité, il y a un peu de contenu mettant en scène des personnages de fiction en dessous de l’âge actuel de la majorité sexuelle. Après tout, c’est une histoire dont le sujet est l’éveil de la sexualité, et nous sommes peu nombreux à s’éveiller à cela exactement le jour de notre dix-huitième anniversaire (ou autre en fonction de l’âge de la majorité sexuelle dans votre pays (<strong>NdT : quinze ans en France, article 227-25 du code pénal</strong>)). On finit per se retrouver à lire un livre dans le livre, une fantaisie à la Beardsley où les personnages de fiction discutent du fait qu’ils sont des lignes tracées sur le papier, des fantasmes métafictionnels, en s&#8217;adonnant à des rapports sexuels incestueux entre mineurs. C’est de l’art, et c’est génial, et c’est profondément problématique, et ça vous fait réfléchir sur la nature du porno et la nature de l’art, et sur là où se trouvent les limites.</p>
<p>La Loi est une grosse massue. Ce n’est pas un scalpel. C’est un gourdin. S’il y a quelque chose que vous estimez indéfendable, et qu’il y a quelque chose que vous estimez digne d’être défendu, et qu’une même loi a le pouvoir de les interdire tous les deux, alors vous allez être dans une position où vous allez défendre l’indéfendable.</p>
<p>Je suis né le jour du jugement du procès de<em> Lady Chatterley</em> en Angleterre, le jour où il a été décidé que <em>L’amant de lady Chatterley</em>, avec ses jurons, sa sodomie, et son sexe cru entre les classes sociales, était digne d’être publié et lu dans une édition bon marché que les pauvres et les serviteurs pourraient lire. Dans cette même Angleterre où, quelques années auparavant, le director of public prosecutions (<strong>NdT : un genre de Garde des Sceaux</strong>) avait menacé de poursuivre le Professeur F.R. Leavis s’il faisait ne serait-ce qu’une référence au <em>Ulysse</em> de James Joyce dans un cours magistral (le DPP en question était Archibald Bodkin, qui a également fait interdire <em>Le puits de solitude</em>), cette Angleterre où, alors que j’avais seize ans et que j’écoutais les Sex Pistols, l’éditeur de <em>Gay News</em> a été mis en prison pour le pour le crime de Blasphème Criminel, pour avoir publié un poème érotique contenant un fantasme sur Jésus.</p>
<p>Lorsque j’étais en train d’écrire <em>Sandman</em>, il y a dix-huit ans environ, j’ai pensé que le Marquis de Sade ferait un bon personnage pour mon histoire sur la Révolution Française (j’adorais le fait qu’à cette époque il était gros, asthmatique et en prison pour avoir refusé de condamner des gens à mort) et j’ai réalisé que je devrais lire ses livres plutôt que des études critiques si j’allais le mettre dans mon histoire. J’ai découvert que les œuvres de De Sade étaient, à l’époque, considérées comme obscènes et non-disponibles au Royaume Uni, et que les Douanes britanniques les avaient déclarées non-importables. Je les ai achetées chez Borders la fois suivante où j’ai été aux USA, et je les ai fait passer à la douane avec un air coupable (il est maintenant possible de commander De Sade au Royaume Uni. L’arrivée du porno sur internet au RU a eu comme conséquence que la police a cessé de courir après ce genre de choses.)</p>
<p>La première fois où je me suis impliqué dans une levée de fonds pour la liberté d’expression dans les comic books c’était fin 1983, début 1984 – Knockabout Comics était en plein dans l’une des batailles fréquentes les opposant aux Douanes britanniques sur ce qui pouvait et ne pouvait pas être importé au RU. Certains comics contenaient des gros mots, du sexe, ou l’usage de marijuana, et les Douanes britanniques saisissaient tout comic book auxquels ils s’opposaient, et souvent bien d’autres comics dans le même colis, forçant Knockabout à se battre dans de longues et onéreuses batailles judiciaires pour récupérer leurs comics. (Je me souviens de l’outrage lorsqu’en 1996 Knockabout a importé quelques livres de Robert Crumb pour illustrer un grand documentaire de BBC TV sur Crumb et que les Douanes britanniques ont confisqué les livres, créant une nouvelle affaire judiciaire. Je suis presque sûr qu’il s’agissait d’œuvres autobiographiques de Crumb contenant des dessins de fantasmes sexuels mettant des mineurs en scène. Comme Tony Bennett de Knockabout l’a dit dans une interview récente, « <em>L’autre affaire était avec les Douanes de Sa Majesté en 1996 au sujet de comics de Robert Crumb et d’images sexuelles explicites. Nous avons également largement gagné ce procès, et les Douanes ont eu l’aimable obligeance de m’écrire après le procès pour m’envoyer une liste définissant quels actes sexuels pouvaient être montrés dans des comics. Je ne l’ai pas encadré, mais c’est un document très précieux.</em> »)</p>
<p>La première fois que j’ai failli envoyer un éditeur en prison pour quelque chose que j’avais écrit était en 1986 ou 1987, dans <em>Outrageous Tales From The Old Testament</em> chez Knockabout (<strong>NdT : « </strong><em><strong>Les Histoires Outrancières de l’Ancien Testament</strong></em><strong> »</strong>) : j’avais réécrit une histoire du <em>Livre des Juges</em> contenant un viol et un meurtre, et l’affaire a été portée au tribunal pour contrevenir une loi Suédoise sur les représentations d’images de violence contre les femmes. L’affaire a été gagnée lorsque la défense a mis en avant que les mots étaient extraits de l’édition King James de la bible, et que les images étaient une juste représentation de cette scène…</p>
<p>(Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas le Livre des Juges par cœur, voici <a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Livre_des_Juges" target="new">une version en ligne de la Bible et de la scène qui a causé le procès</a> :</p>
<p><em>Pendant qu’ils étaient à se réjouir, voici, les hommes de la ville, gens pervers, entourèrent la maison, frappèrent à la porte, et dirent au vieillard, maître de la maison : Fais sortir l’homme qui est entré chez toi, pour que nous le connaissions.</em> (<strong>NdT : la version anglaise de la Bible est encore plus explicite : « so we can have sex with him. »</strong>)</p>
<p><em>Le maître de la maison, se présentant à eux, leur dit : Non, mes frères, ne faites pas le mal, je vous prie ; puisque cet homme est entré dans ma maison, ne commettez pas cette infamie. Voici, j’ai une fille vierge, et cet homme a une concubine ; je vous les amènerai dehors ; vous les déshonorerez, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Mais ne commettez pas sur cet homme une action aussi infâme.</p>
<p>Ces gens ne voulurent point l’écouter. Alors l’homme prit sa concubine, et la leur amena dehors. Ils la connurent, et ils abusèrent d’elle toute la nuit jusqu’au matin ; puis ils la renvoyèrent au lever de l’aurore. Vers le matin, cette femme alla tomber à l’entrée de la maison de l’homme chez qui était son mari, et elle resta là jusqu’au jour.</p>
<p>Et le matin, son mari se leva, ouvrit la porte de la maison, et sortit pour continuer son chemin. Mais voici, la femme, sa concubine, était étendue à l’entrée de la maison, les mains sur le seuil. Il lui dit : Lève-toi, et allons-nous-en. Elle ne répondit pas. Alors le mari la mit sur un âne, et partit pour aller dans sa demeure.</p>
<p>Arrivé chez lui, il prit un couteau, saisit sa concubine, et la coupa membre par membre en douze morceaux, qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël.</em><br />
)</p>
<p>Et dans chaque affaire que j’ai mentionné jusqu’à présent, il serait possible de réécrire la lettre de Jess ci-dessus, en expliquant que seuls les pervers voudraient avoir envie de lire <em>Lady Chatterley</em>, ou voir des images de femmes violées, ou de lire <em>Lost Girls</em> ou les œuvres de Robert Crumb, et en mentionnant que si ne serait-ce qu’une personne était sauvée d’un câlin d’un tonton bizarre ou, en effet, d’être violée en pleine rue, alors les interdire ou faire un procès à ceux qui les écrivent, les dessinent, les publient, les vendent, ou – maintenant – les possèdent, alors cela en vaut la peine. Parce que c’était exactement le point de vue des gens qui interdisaient ces livres ou empêchaient les gens de les lire. <em>Ils pensaient faire quelque chose de bien.</em> Ils pensaient défendre les autres gens contre quelque chose dont ils avaient besoin d’être protégés.</p>
<p>J’ai adoré venir m’installer aux USA en 1992, principalement parce que je suis tombé amoureux de l’idée que la liberté d’expression était une chose essentielle. J’en suis toujours convaincu. En dépit de tous leurs défauts, les USA ont la Liberté d’Expression. Le Premier Amendement déclare qu’on ne peut pas être arrêté pour dire des choses qui ne plaisent pas au gouvernement. Tu peux dire ce que tu veux, écrire ce que tu veux, et savoir que le remède contre quelqu’un qui dit ou qui écrit ou qui montre des choses qui t’offensent est de <em>ne pas le lire, ou de t’exprimer contre</em>. J’aime avoir le droit de lire quoi que ce soit pour m’en faire ma propre opinion.</p>
<p>(Il est bon de signaler qu’au Royaume Uni, par exemple, il n’y a pas de loi similaire, et qui même la Cour Européenne des Droits de l’Homme a statué qu’<em>interférer avec la liberté d’expression était « nécessaire dans une société démocratique » afin de garantir les droits d’autrui « d’être protégé contre les insultes gratuites envers leurs croyances religieuses. »</em>)</p>
<p>Alors lorsque Mike Diana a été mis en examen – et, en 1996, reconnu coupable – pour obscénité dans les comics de son magazine « Boiled Angel », et condamné à une tonne de choses, y compris (si ma mémoire est bonne) trois ans de prison avec sursis, une amende de trois mille dollars, l’interdiction d’être dans la même pièce que quiconque de moins de dix-huit ans, plus de mille heures de travaux d’intérêt général, et l’interdiction de dessiner quoi que ce soit que quiconque pourrait considérer obscène, avec ordre pour la police locale de faire régulièrement des descentes de contrôle à son domicile pendant 24 heures sans prévenir au préalable pour s’assurer que Mike n’était pas secrètement en train de produire de l’Art au petit matin… c’est là que j’ai décidé que je savais ce qui était Obscène : mettre des artistes en examen pour avoir des idées et tracer des lignes sur du papier. J’ai su qu’à partir de ce moment, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour soutenir le Comic Book Legal Defense Fund. Que j’aime ou non, que j’approuve ou non ce que faisait Mike Diana n’avait aucune importance. (Pour les curieux, je n’aimais pas les textes dans <em>Boiled Angel</em>, mais j’aimais bien les dessins, qui étaient très personnels et avaient une force crue. Et quelque part dans ma pile de magazines dans ma collection à la cave, j’ai <em>Boiled Angel</em> numéros 7 et 8, que j’ai lu à l’époque pour savoir ce qui était mis en examen, et pour lesquels je suppose que je pourrais maintenant être arrêté…)</p>
<p>La première fois que le CBLDF a agi pour défendre l’un de mes comics, c’était pour l’insert <em>Death Talks About Life</em> à la fin de DEATH : THE HIGH COST OF LIVING, dans lequel on voit Death mettre un préservatif autour d’une banane en expliquant comment ne pas tomber enceinte, malade, ou mort. La Chef de Police de (si ma mémoire est bonne) Jacksonville en Floride a ordonné à un magasin de comics de ne pas le vendre, parce qu’elle trouvait que c’était obscène et encourageait la sexualité des adolescents. Dans cette affaire, il aura suffi d’une lettre de Burton Joseph, le conseiller en droit du CBLDF, au Poste de Police de Jacksonville pour leur expliquer le concept du Premier Amendement (et, par implication, qu’il existait une organisation toute prête à défendre ce genre d’affaires) et ils se sont tus, partis la queue entre les jambes. (C’est en ça que consiste le plus gros de l’activité du CBLDF – des petites choses tranquilles qui mettent fin aux menaces de procès contre les magasins ou les créateurs.) Du point de vue de la Chef de Police, <em>Death Talks About Life</em> était obscène. Elle voulait le voir retiré des rayons. Elle voulait que les gens en soient protégés.</p>
<p>Dans cette histoire, il est évident que vous avez été exposée à du lolicon, et pas moi. Je ne sais pas si vous parlez d’expérience personnelle ici, et si personnellement vous avez été incitée à violer des enfants où à leur faire des câlins douteux en l’ayant sous les yeux. (Je suppose que ce n’est pas le cas. Je suppose que ce n’est pas le cas non plus pour Chris Handley et son énorme collection de manga. J’ai lu des livres affirmant qu’être exposé à du porno cause des viols, mais je n’ai vu aucune preuve statistique comme quoi le porno cause des viols – et au contraire il y a des gens qui affirment que <a href="http://jurist.law.pitt.edu/forumy/2006/06/rape-porn-and-criminality-political.php" target="new">le déclin du nombre de viol aux USA est peut être dû à la plus grande disponibilité du porno</a> (<strong>NdT : lien en anglais</strong>). En toute honnêteté, je pense que c’est un faux problème vis à vis du Premier Amendement, et c’est un débat que je laisserai à d’autres.) Néanmoins, vous semblez vouloir interdire le lolicon, et mettre en examen ceux qui en possèdent, alors que moi non. Vous me demandez : <em>En quoi mérite t’il d’être défendu ?</em> et la seule réponse que j’ai à vous offrir c’est ceci : La liberté d’écrire, la liberté de lire, et la liberté de posséder des ouvrages qui méritent d’être défendus à vos yeux impliquent qu’il faut que vous soyez prête à défendre les ouvrages qui selon vous ne le méritent pas, et même des choses que vous trouvez terriblement de mauvais goût, parce que les lois sont de grosses massues qui ne font aucune différence entre ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, parce que les parties civiles sont des êtres humains et qu’ils ont des rancœurs ou qu’ils se battent pour être réélus, et parce que l’obscénité de l’un sera l’art de l’autre.</p>
<p>Parce que si vous n’êtes pas prêt à défendre les choses que vous n’aimez pas, lorsqu’ils viendront attaquer les choses que vous <em>aimez</em>, vous aurez déjà perdu.</p>
<p>Le CBLDF défendra votre droit du Premier Amendement en tant qu’adulte de tracer des lignes sur le papier, de dessiner, d’écrire, de vendre, de publier, et maintenant de <em>posséder</em> des comics. Et c’est pour cela que le genre d’ouvrage que vous n’aimez <em>pas</em>, ou ne lisez pas, ou qui n’a aucune valeur artistique ou élément intéressant à vos yeux, est une cause qui <em>mérite d’être défendue</em>. Parce que ce sont les même lois qui régissent ce que vous aimez et ce que vous trouvez répugnant, indépendamment de la limite où se trouve votre frontière de ce qui est <em>répugnant</em> : la loi est une grosse massue qui ne fait pas de travail de précision, et parce qu’on ne réalise combien la liberté d’expression absolue est merveilleuse que le jour où on la perd.</p>
<p>(Et pour que ce soit clair, je pense que la pédopornographie et l’exploitation d’enfants réels pour du porno ou du sexe est quelque chose de fondamentalement mauvais et intolérable, parce que de véritables enfants sont directement blessés. Tout comme je pense que <a href="http://news.cnet.com/Police-blotter-Teens-prosecuted-for-racy-photos/2100-1030_3-6157857.html" target="new">mettre deux adolescents de 16 et 17 ans en examen pour « pédopornographie » sous le prétexte qu’ils ont pris des photos sexuelles d’eux même et se les ont envoyés alors qu’ils avaient légalement le droit de faire l’amour</a> (<strong>NdT : lien en anglais</strong>) est complètement, totalement idiot, et un bel exemple de la loi en tant que massue.)</p>
<p>*****</p>
<p>Tout est dit.</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « En même temps &#8230; lire des mangas &#8230; fallait s&#8217;y attendre quoi ! »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: J&#8217;ai tellement de choses à dire, Michel Polnareff, « J&#8217;avais pour tout bagage des mots et des images. J&#8217;ai eu peur, Dieu me garde, qu&#8217;on garde mon âme à la douane »</p>
<p>Même si on a de plus en plus le devoir d&#8217;en dire de moins en moins, la vie est belle!</p>
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