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	<title>Tears of the Night &#187; Utopie</title>
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	<description>Le blog de Paul de Senquisse</description>
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		<title>Penser, parler, et être libre. Deux poids, deux mesures ?</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Jan 2015 16:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cela fait aujourd&#8217;hui une semaine, jour pour jour, que des déséquilibrés fous de dieu se sont introduits dans les locaux d&#8217;un organe de presse satirique en France pour y effectuer le massacre que l&#8217;on sait (et dont je parlais un peu ici la semaine dernière). Plusieurs évènements se sont enchaînés, allant d&#8217;évènements graves, et tristement]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-847" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=847"><img class="alignright size-medium wp-image-847" title="Manifestation pour la Liberté d'Expression, Paris, 11 janvier 2015" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2015/01/10915306_10152777631821130_7930669111652003746_n-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Cela fait aujourd&#8217;hui une semaine, jour pour jour, que des <strong>déséquilibrés fous de dieu</strong> se sont introduits dans les locaux d&#8217;un organe de presse satirique en France pour y effectuer le massacre que l&#8217;on sait (et dont je parlais un peu <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=823">ici la semaine dernière</a>). Plusieurs évènements se sont enchaînés, allant d&#8217;évènements graves, et <strong>tristement prévisibles</strong> (des forces de police prises pour cible par les terroristes et autres sympathisants d&#8217;yceux, les terroristes en questions abattus après une prise d&#8217;otage), aux évènements qui auraient pu être futiles mais se sont révélés d&#8217;<strong>agréables surprises pour le cynique que je suis</strong>, parfois, dans ce genre de cadre médiatique (près de <strong>4 millions de personnes en France</strong> dimanche, et des slogans réclamant <strong>plus de liberté et de tolérance</strong> plutôt que ceux auxquels ont aurait pu s&#8217;attendre, plus de sécuritaire ou de rejet du bouc émissaire facile à montrer du doigt). On a tout de même eu le droit à des choses inquiétantes. Un boom prévisible des requêtes internet cherchant à se FN-iser un peu, au cas où. Des politiques de tout bord cherchant à récupérer l&#8217;affaire pour se mettre en avant, chacun cherchant à être &laquo;&nbsp;<strong>encore plus Charlie</strong>&nbsp;&raquo; que le voisin, certain n&#8217;hésitant pas à parler de la nécessité d&#8217;un <strong>Patriot Act</strong> à la française (ou comment ne <strong>RIEN</strong> comprendre au message du peuple dimanche dernier). Jusqu&#8217;à <a href="http://www.metronews.fr/info/marche-pour-charlie-hebdo-comment-nicolas-sarkozy-a-voulu-s-inviter-sur-la-photo-historique/moak!QNG66sWO7DPVE/">l&#8217;indécence quand un ancien président au nom de son ego encore plus enflé que le mien</a> n&#8217;a pas hésité à bousculer le protocole défini et à jouer des coudes entre d&#8217;autres chefs d&#8217;état pour arriver au premier rang pendant quelques instants et être sur l&#8217;une des photos amenées à faire le tour du monde. <strong>A vomir</strong>.</p>
<p>L&#8217;une des meilleures choses à retenir de ces évènements tragiques est qu&#8217;ils ont remis <strong>le dialogue autour de la liberté d&#8217;expression</strong> sur le devant de la scène. Fidèle lecteur, habituée lectrice, tu sais que c&#8217;est un peu l&#8217;une de mes marottes (si ce n&#8217;est *<strong>LE</strong>* concept idéaliste auquel je me sens le plus accroché dans ma vie) et j&#8217;ai pendant de nombreuses années été presqu&#8217;<strong>un extrémiste du &laquo;&nbsp;on DOIT pouvoir dire tout, et tout le temps, et à n&#8217;importe qui&nbsp;&raquo;</strong>. Voir ce débat mis en avant, et des personnalités ainsi que des anonymes à travers le monde scander les principes d&#8217;une <strong>liberté d&#8217;expression inviolable</strong> m&#8217;a forcément fait plaisir. Et puis le <strong>retour de bâton</strong> prévisible s&#8217;est abattu sur ma liesse lorsque pour des propos totalement déplacés (voire carrément <strong>abjects</strong>) un certain humoriste anti-sioniste habitué des tribunaux en France se retrouve actuellement en garde à vue. Depuis, <strong>nouvelle effervescence</strong> sur les réseaux sociaux, et ceux qui hier scandaient l&#8217;inviolabilité de la liberté d&#8217;expression s&#8217;empressent ce matin de féliciter le travail de la justice en France, contents de voir Dieudonné <strong>incarcéré</strong> pour ses propos. Tu le vois venir <strong>gros comme une maison</strong>, le déséquilibre dont je vais te parler, là, maintenant, tout de suite, curieux lecteur, intriguée lectrice ?</p>
<p>Mais avant de te mettre le nez dans le <strong>discours à deux vitesses</strong> des chevaliers blancs anonymes d&#8217;Internet et de cette espèce d&#8217;<strong>ostracisme public</strong> et de <strong>bien-pensance écoeurante</strong> qui fait vibrer le pouls des flux électroniques sociaux, en espérant que tu n&#8217;en fasses pas partie, il faut que je t&#8217;avoue une chose. Depuis mes derniers billets sur le sujet,<strong> j&#8217;ai moi même évolué</strong> vis à vis de ce que je pense. Si, si, je te promets, incrédule lecteur, bouche bée lectrice. J&#8217;ai beau être un <strong>égocentrique histrionique assumé</strong>, et avoir des idées bien arrêtées sur la vie, l&#8217;univers, et le reste (<strong>42</strong>), dont je peux débattre avec fougue et ferveur de la plume ou de la langue en face à face, je me considère néanmoins comme <strong>intellectuellement intègre</strong> et je me remets sans cesse en question à titre personnel et idéologique. La vie est un chemin où chaque pas est une nouvelle information, un nouveau savoir, une nouvelle donnée, et si à un moment donné je défendrai telle ou telle position bec et ongles, <strong>je la défends aussi vis à vis de moi</strong> même et mes idées ne sont pas gravées dans le marbre, dans un coin de mon cerveau. Depuis de nombreuses années, j&#8217;ai toujours été un <strong>extrémiste de la liberté d&#8217;expression</strong>, mais depuis quelques mois (un peu avant l&#8217;affaire Charlie, tout à commencé lors d&#8217;un <strong>repas avec deux amis</strong> autour d&#8217;une flamm&#8217; et de quelques bières, même si les évènements récents m&#8217;ont aidé à ancrer mes nouvelles positions dans le réel et à tester leur cohérence) je conçois qu&#8217;<strong>il n&#8217;est pas forcément mauvais</strong> que la loi définisse un certain cadre à la liberté d&#8217;expression.</p>
<p><strong>Ne t&#8217;emballe pas</strong> et ne monte pas sur tes grands chevaux, outré lecteur, choquée lectrice habituée de mon discours habituel. Ma position est toujours <strong>bien plus laxiste que la loi française actuelle</strong>, je te rassure. <strong>Mais</strong>. Oui, il y a maintenant un &laquo;&nbsp;<strong>mais</strong>&laquo;&nbsp;. Voici ma Nouvelle Version &#8482; de ce que la liberté d&#8217;expression <strong>devrait</strong> être dans une société utopique (et plus précisément dans <strong>MA</strong> société utopique). Déjà, et c&#8217;est <strong>SENCÉ</strong> être le cas en France, les limites de la liberté d&#8217;expression devraient toujours être <strong>répressives</strong> et non <strong>préventives</strong>. En gros, on devrait pouvoir dire tout, tout le temps, et à n&#8217;importe qui, sans être inquiété par la loi <strong>en amont </strong>mais devoir en assumer les éventuelles conséquences légales en aval. En pratique, actuellement en France, c&#8217;est dans les textes mais concrètement <strong>ce n&#8217;est pas toujours appliqué</strong>, et pour des raisons fumeuses certains fonctionnaires ont pu récemment faire interdire, par exemple, certaines représentations du dernier spectacle de Dieudonné avant qu&#8217;elles aient lieu, &laquo;&nbsp;par sécurité&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pour préserver l&#8217;ordre public&nbsp;&raquo;, et j&#8217;en passe, dans <strong>une version hallucinante d&#8217;un Minority Report idéologique</strong>, on te tape dessus pour ce que tu allais <strong>probablement</strong> dire, et sur les <strong>probables</strong> réactions du public face aux <strong>probables</strong> réactions des anti&#8230; Bref, hallucinant au XXIème siècle selon moi, je sais que tout le monde ne partage pas cet avis, mais <strong>c&#8217;est mon opinion</strong>.</p>
<p>En revanche, si j&#8217;affirme toujours qu&#8217;<strong>on devrait pouvoir dire tout, tout le temps, et à n&#8217;importe qui</strong>, je reconnais que même vis à vis de la loi (et non plus seulement vis à vis d&#8217;un contexte social, qui était ma position précédente), <strong>la liberté d&#8217;expression n&#8217;est pas un blanc-seing lavant l&#8217;auteur d&#8217;un propos de ses conséquences légales</strong>. Et pour moi il y a deux cas où des conséquences d&#8217;un cadre légal doivent être considérées <strong>dans une société idéale</strong>. Le premier cas est la <strong>manipulation délibérée d&#8217;une information</strong> présentée comme factuelle. On tombe ici dans l&#8217;exemple classique du négationnisme qui est interdit en France par exemple, mais sans forcément se cantonner à la seconde guerre mondiale. Si un historien se met à publier un livre sur Charlemagne par exemple où il affirme que ce dernier <strong>organisait des partouses dans son palais</strong> et s&#8217;est suicidé pendant l&#8217;une d&#8217;elles en se plantant une dague dans la gorge, et qu&#8217;il le présente comme <strong>factuel</strong>, il devrait y avoir des conséquences légales pour conserver une trace de <strong>réalité historique</strong>. L&#8217;autre cas nécessitant des conséquences selon moi (et c&#8217;est sur ce point que la conversation mentionnée plus haut a commencé à faire fléchir mes positions autrefois inébranlables) est <strong>l&#8217;incitation à commettre un crime ou un délit</strong>. Quand une personne (que ce soit un politicien célèbre ou un blogger anonyme) incite quelqu&#8217;un à aller voler la voiture de Michel ou à aller égorger Samantha, la loi devrait prévoir des conséquences <strong>en cas de mise en application</strong> par autrui de cette injonction.</p>
<p>C&#8217;est sur ce point, par exemple, que je me démarque de l&#8217;actuelle législation française <strong>punissant l&#8217;incitation et l&#8217;apologie de divers crimes et délits</strong> (avec toute une ribambelles de circonstances aggravantes en fonction du lieu, de la portée du message, et de celui ou celle qui le profère) et qui me semble trop répressive. C&#8217;est &laquo;&nbsp;grâce&nbsp;&raquo; à la portée de cette loi que Dieudonné a passé la nuit en cellule, accusé d&#8217;avoir fait l&#8217;apologie de l&#8217;un des preneurs d&#8217;otages dans un statut Facebook (était-ce une apologie délibérée, était-ce de la provoc, le statut en question peut-il vraiment être considéré comme une apologie ou comme une tentative d&#8217;humour pas drôle et d&#8217;ailleurs retirée par le principal intéressé au bout de quelques minutes&#8230;? Ça sera à la <strong>justice</strong> de trancher, et ce n&#8217;est pas le propos ici), pour la plus grande joie des <strong>forces armées de la morale et du bon goût</strong>. Moi ça me donne plutôt <strong>envie de vomir</strong>. Si je concède que la loi doit punir une incitation à un crime ou un délit lorsque ce délit est en effet commis (la fin de cette affirmation est importante, pour moi quelqu&#8217;un qui dit &laquo;&nbsp;vous devriez tuer Samantha&nbsp;&raquo; <strong>n&#8217;a pas à être inquiété</strong> si personne n&#8217;a essayé de tuer la dite Samantha depuis que les propos ont été proférés), je trouve que <strong>punir au nom de la loi</strong> quelqu&#8217;un faisant juste l&#8217;apologie d&#8217;un crime (sans l&#8217;avoir incité) est complètement hallucinant. Si Bob assassine Nicolas, quelqu&#8217;un qui va dire &laquo;&nbsp;ouais, bravo Nicolas&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Bob c&#8217;est mon nouveau héros&nbsp;&raquo; ne devrait pas avoir à être inquiété par la <strong>JUSTICE</strong> et par la <strong>LOI</strong>. En revanche, qu&#8217;il soit en conséquence ridiculisé pour cette apologie sur internet, que ses amis se détournent de lui, ou que sa famille lui crache à la gueule pour ses propos de mauvais goût, <strong>c&#8217;est &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo;.</strong> Mais jusqu&#8217;à preuve du contraire <strong>toute personne a le DROIT d&#8217;être un connard</strong>, le DROIT d&#8217;avoir des idées de merde (sinon il n&#8217;y aurait pas tant de voix FN aux diverses élections), et puisqu&#8217;on a le droit de <strong>PENSER</strong> ces choses de merde, on devrait aussi avoir le droit de les <strong>DIRE</strong> sans être inquiété, voire <strong>ARGUMENTER</strong> pour une modification en conséquence de telle ou telle loi si on la trouve inique. Ne serait-ce que pour éviter les effets sous-marins, les groupuscules secrets se réunissant dans l&#8217;ombre pour dire du mal de X ou encenser Y, et tout simplement parce que ça permet aussi de <strong>faire un tri sélectif de ses contacts</strong>. J&#8217;ai beau être <strong>contre la peine de mort</strong>, j&#8217;ai déjà sans sourcillé appliqué la &laquo;&nbsp;<strong>peine de merde</strong>&nbsp;&raquo; à certains de mes contacts pour infraction répétée au bon sens et diffusion éhontée à répétition d&#8217;idées <strong>nauséabondes</strong>. Je suis trop gentil (<strong>ne ris pas</strong>) pour le faire systématiquement, mais quand c&#8217;est argumenté avec véhémence ou répété à longueur d&#8217;année, j&#8217;atteins de plus en plus rapidement mon <strong>point de saturation</strong>. Mais c&#8217;est une &laquo;&nbsp;peine&nbsp;&raquo; sociale. Quand je retire Jean-Michel de mes contacts Facebook et que je supprime son numéro de téléphone de mon GSM, il n&#8217;y a pas de conséquence <strong>légale</strong>. C&#8217;est juste que je trouve que c&#8217;est <strong>un gros con</strong>. Mais si j&#8217;affirme toujours que ce droit à l&#8217;apologie, morale ou amorale, devrait tomber sous le sens, je suis maintenant plus strict vis à vis de l&#8217;incitation au crime ou au délit, même dans le cadre de ma sacrosainte liberté d&#8217;expression : si Jean-Michel affirme &laquo;&nbsp;Va tuer Robert parce que c&#8217;est un homo&nbsp;&raquo; et qu&#8217;un déséquilibré l&#8217;écoute et s&#8217;exécute, ce déséquilibré devrait finir devant les tribunaux, mais Jean-Michel <strong>aussi</strong>.</p>
<p>Se pose ensuite la notion de <strong>proportion</strong>, et le type de peine encourue. Comme la légitime défense, je trouve qu&#8217;<strong>il faut raison garder,</strong> et que la peine doit être proportionnée aux actes. Même dans le cas d&#8217;une incitation flagrante au délit ou au crime (&laquo;&nbsp;Va tuer Robert!&nbsp;&raquo;), la personne principale à juger pour le crime lui-même est <strong>son auteur</strong>, et si je considère que l&#8217;incitateur devrait être puni par la loi, il faudrait que ce soit une peine d&#8217;intérêt général, ou juste une amende proportionnelle à la gravité du crime ou du délit, et du degré auquel cette incitation a été menée à bien. Foutre quelqu&#8217;un en taule pour quelque chose qu&#8217;il a <strong>pensé ou dit</strong>&#8230; quelle que soit le niveau d&#8217;horreur ou d&#8217;inconscience des propos, c&#8217;est juste <strong>complètement stupide à mes yeux</strong> (je sais que ce n&#8217;est pas le cas de tout le monde, mais <strong>c&#8217;est mon opinion personnelle</strong>, et sur ce point elle n&#8217;a pas bougé&#8230; Après tout tu viens ici pour connaître mon opinion, alors laisse moi aller jusqu&#8217;au bout, indigné lecteur, outrée lectrice). Dans un cas très particulier je peux reconnaitre un certain degré lorsque l&#8217;incitation devient un <strong>ordre</strong>, dans un système hiérarchique (ex : un général d&#8217;armée qui ordonne a ses hommes d&#8217;abattre Robert sans raison valable), et encore. Et encore. <strong>Nul n&#8217;est censé ignorer la loi</strong>, et un ordre contraire à la loi devrait être systématiquement ignoré par un subalterne, même à l&#8217;armée. Mais je n&#8217;ai jamais été très copain avec les militaires, et je pense qu&#8217;on ne se comprendra jamais sur ce point.</p>
<p><strong>Tout ça pour dire</strong>. Pour dire que si j&#8217;ai trouvé le statut-éclair de Dieudonné <strong>complètement déplacé, pas drôle, et carrément de mauvais goût </strong>(et que le bisounours que je suis préfère croire qu&#8217;il s&#8217;en est rendu compte de lui même et que c&#8217;est pour ça qu&#8217;il l&#8217;a supprimé presque immédiatement), je trouve ça <strong>absolument effarant et lamentable</strong> qu&#8217;il ait été placé en garde à vue pour ça. On ne devrait jamais incarcérer quelqu&#8217;un pour une parole, <strong>aussi odieuse soit-elle</strong>. Mais je trouve encore plus lamentable que certains des &laquo;&nbsp;Charlie&nbsp;&raquo; d&#8217;hier, défenseurs de la liberté d&#8217;expression, crayon géant à la main, <strong>défilant dans les rues en chantant &laquo;&nbsp;liberté&nbsp;&raquo;</strong>, se félicitent aujourd&#8217;hui de la peine encourue par l&#8217;humoriste, ou applaudissent virtuellement en apprenant que certains des jeunes et moins jeunes ayant ouvertement et cette fois sans doute possible applaudi les terroristes sur Twitter ou Facebook soient aujourd&#8217;hui recherchés et mis face à leurs propos devant la justice, sans voir combien leur propos est aujourd&#8217;hui à <strong>deux vitesses,</strong> ni voir la vitesse à laquelle ils ont <strong>changé leur fusil d&#8217;épaule </strong>lorsqu&#8217;ils ont dû faire face au <strong>côté obscur de la morale</strong>. Même si j&#8217;admet que &#8211; surtout pour les internautes mentionnés plus haut pour lequel aucun doute ni prétention comique n&#8217;est possible &#8211; au regard de la loi française, l&#8217;apologie de crimes étant punie, c&#8217;est tristement compréhensible de faire appliquer cette loi, même si je la trouve atterrante. Je trouve néanmoins terriblement cynique de voir cette loi appliquée <strong>dans le cadre du combat de la liberté d&#8217;expression</strong>, et de voir tant de gens réclamer de la prison plutôt qu&#8217;une amende. C&#8217;est &laquo;&nbsp;facile&nbsp;&raquo; de défendre la liberté d&#8217;expression de quelqu&#8217;un qu&#8217;on approuve ou qui est, tragiquement, devenue une victime d&#8217;un zélote avide de sang. <strong>Facile de s&#8217;indigner</strong> quand quelqu&#8217;un use de force pour faire taire quelqu&#8217;un d&#8217;autre, parfois de manière définitive. Mais c&#8217;est beaucoup plus difficile, et pourtant <strong>autrement plus important</strong>, de défendre aussi la liberté d&#8217;expression de ceux qui s&#8217;en servent pour dire des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d&#8217;accord, voire pour dire des choses odieuses, moralement indéfendables, voire criminelles (et d&#8217;utiliser plutôt son propre cerveau et son propre comportement pour donner une réponse <strong>intellectuellement juste</strong> à un ramassis d&#8217;excréments). Mais mon avis est clairement tranché (et si tu n&#8217;es pas d&#8217;accord, véhément lecteur, implacable lectrice, soit gentil de bien vouloir me jeter tes étrons fumants en pleine djeule si tu le souhaites, mais de ne pas me mettre en prison) : si vous vous prétendez un minimum <strong>intellectuellement cohérents</strong>, il ne peut pas, ou en tout cas <strong>il ne devrait pas</strong>, y avoir deux poids et deux mesures.</p>
<p>*****</p>
<p>(pour mémoire, voici un lien vers <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=843">l&#8217;un de mes articles de 2009 sur le sujet</a>, et <a href="http://desenquisse.com/totn/?p=845">un autre de 2010 avec une thématique similaire avec notamment un essai traduit de Neil Gaiman sur le droit de dire des choses horribles</a>)</p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « Le blasphème est un droit extrêmement précieux »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Motorcycle Emptiness, Manic Street Preachers, « Living life like a comatose, ego loaded and swallow, swallow, swallow&#8230; Under neon loneliness, motorcycle emptiness, [...] everlasting nothingness »</p>
<p>Même si vous avez parfaitement le droit de trouver que ma société idéale serait trop tolérante du droit de dire de la merde, la vie est belle !</p>
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