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	<title>Tears of the Night &#187; Végétarien</title>
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	<description>Le blog de Paul de Senquisse</description>
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		<title>Le jour où j&#8217;ai tué un mouton&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2015 11:55:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Paul de Senquisse</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1062" href="http://desenquisse.com/totn/?attachment_id=1062"><img class="alignright size-medium wp-image-1062" title="Mouton" src="http://desenquisse.com/totn/wp-content/uploads/2015/11/sheep-redorbit-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a>Pour peu que vous soyez un utilisateur ne serait-ce qu&#8217;occasionnel d&#8217;Internet et des réseaux sociaux, vous avez forcément vu passer à un moment ou autre l&#8217;un des <strong>nombreux articles pro-vegan ou anti-viande</strong> qui circulent sur la toile. Vous avez apprécié la voix lancinante du <strong>Moz</strong> sur Meat is Murder. Vous avez peut être aussi un ami qui vous fait les gros yeux quand vous achetez un kebab, ou cette personne qui cherche à vous convaincre que bien cuisiné, le tofu, c&#8217;est carrément <strong>meilleur qu&#8217;un steak tartare</strong>.</p>
<p>J&#8217;ai toujours aimé la viande. Voire <strong>Aimé</strong>, avec la majuscule, pour ceux qui se rappellent de mes articles sur la définition de l&#8217;Amour,<strong> il y a longtemps dans une galaxie lointaine</strong> (et avec une CSS différente). Dans mes pérégrinations culinaires, j&#8217;ai mangé du bison, de l&#8217;autruche, du serpent, du zèbre, <strong>la maman de Bambi</strong>, et même une fois, dans un pays étranger, du chien (si, si). Mais depuis un certain nombre d&#8217;années (disons six ou sept ans, à la louche), <strong>étant du genre à me remettre sans cesse en question</strong>, et à écouter les arguments des gens qui les expliquent posément, même quand à priori je ne suis pas d&#8217;accord avec, j&#8217;ai un petit <strong>conflit mental intérieur</strong> qui a commencé à pointer le bout de son nez, et à grandir, grandir, grandir, jusqu&#8217;à devenir carrément prépondérant et pénible il y a un an ou deux.</p>
<p>Même si de nombreuses <strong>vidéos extrémistes pro-vegan</strong> sont bourrées d&#8217;<strong>arguments scientifiques fallacieux</strong> au moins aussi cohérents qu&#8217;un argumentaire politique dans un programme FN, je pense qu&#8217;il est difficile de regarder une vidéo sur les abattages à la chaine ou l&#8217;impact écologique des élevages de masse sans, <strong>a minima</strong>, se poser un minimum de questions. Du coup voilà votre baron préféré, depuis quelques années, tiraillé entre l&#8217;amour gustatif et le plaisir d&#8217;une pièce de viande bien préparée, et <strong>le désir intellectuel, moral, et spirituel de devenir végétarien</strong>. Pour ceux qui ont déjà eu la chance de venir à la casa de Senquisse en mode &laquo;&nbsp;arche de Noe&nbsp;&raquo; ou qui m&#8217;ont déjà vu avec <strong>un lapin sur les genoux</strong>, vous le comprendrez aisément. Alors j&#8217;ai réfléchi, pensé, pesé le pour et le contre. Je me suis documenté, sur les deux côtés de la barrière, et j&#8217;ai fait une <strong>checklist mentale</strong> des choses qui me gênaient dans un camp comme de l&#8217;autre.</p>
<p>N&#8217;étant pas du genre à prendre une décision à la légère, même si <strong>l&#8217;hédoniste que je suis</strong> a tendance, dans le doute, à se ranger du côté du plaisir (et donc ici, le bonheur d&#8217;une épaule d&#8217;agneau au four), je ne pouvais pas faire fi de toutes ces choses qui me gênent dans le rapport &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo; (dans le sens <strong>norme</strong>, pas dans le sens <strong>naturel</strong>) de l&#8217;homme à la viande. Je trouve que dans notre société de consommation,<strong> il est trop &laquo;&nbsp;facile&nbsp;&raquo; de ne pas être végétarien</strong>. On achète sa viande au supermarché, c&#8217;est prédécoupé, prélavé, préemballé, c&#8217;est propre, il n&#8217;y a pas une goutte de sang, on passe à la cuisson et on déguste, <strong>yum yum</strong>. C&#8217;est terriblement simple d&#8217;imaginer les supermarchés comme des <strong>producteurs magiques de viande</strong>, avec les barquettes de hachis qui apparaissent d&#8217;elles-même dans la chambre froide, ou <strong>les escalopes de poulet qui poussent sur les arbres</strong> et cueillies par de jolies demoiselles avec un sourire d&#8217;ange. Il y a une distance entre l&#8217;humain et la nourriture qui est, je le pense, <strong>déplorable</strong>, et contribue à ce comportement &laquo;&nbsp;tête d&#8217;autruche dans le sable&nbsp;&raquo; qui aide les industriels les moins scrupuleux à pouvoir se permettre les pires excès dans leur chaine de production sans qu&#8217;on les remette trop en cause, parce que <strong>le consommateur final ne veut pas la voir</strong>, cette chaîne. J&#8217;ai beau être résolument pro-progrès, et je n&#8217;échangerais pour rien au monde les mégalopoles modernes contre un retour au &laquo;&nbsp;temps d&#8217;avant&nbsp;&raquo; et aux fermes à basse-cour, mais quand ton oncle ou ta grand mère égorgent une poule ou un cochon, il est plus difficile de se convaincre que <strong>ton steak haché a poussé dans le jardin entre les patates et les tomates</strong>.</p>
<p>Du coup, je me suis posé une sorte d&#8217;<strong>ultimatum</strong> pour résoudre le conflit en moi. Si je voulais continuer à manger de la viande, il fallait que j&#8217;assume ma place dans la chaine alimentaire. Et, avec l&#8217;aide d&#8217;un complice paysan, <strong>je suis donc allé tuer un mouton</strong>.</p>
<p>Bon, c&#8217;est un bien grand mot. J&#8217;ai <strong>tenu</strong> un mouton pendant que le paysan faisait son office, et plus largement passé une partie de la journée avec, depuis le choix de la bête jusqu&#8217;au découpage final. C&#8217;était une expérience unique pour le citadin que je suis. J&#8217;ai bien dans ma famille distante quelques anciens paysans, et je me souviens des poules et des clapiers à lapin chez ces derniers quand j&#8217;étais môme, mais ma facilité de manier les mots est inversement proportionnelle à ma facilité de gérer la vision de la souffrance et du sang en général. Dès six ou sept ans, <strong>j&#8217;avais bien compris</strong> que j&#8217;avais déjà certainement dû voir préalablement gambader certaines des poules au pot du dimanche avant de les manger, mais je n&#8217;avais jamais assisté à une mise à mort. Trop sensible (te moque pas, fanfaron lecteur, insensible lectrice, <strong>te moque pas</strong>).</p>
<p>Expérience unique, donc, et importante. Plusieurs de <strong>mes idées reçues ont été balayées</strong> par cette journée. Déjà, la rapidité de la chose. Je n&#8217;ai pas chronométré, mais du mouton qui gambade à l&#8217;alignement de pièces comestibles, il s&#8217;est passé quoi&#8230; une heure, peut être? <strong>Grand maximum</strong>. Et si je m&#8217;attendais à voir une longue agonie (surtout dans un contexte de petite ferme plutôt que d&#8217;abattage industriel), il y a eu moins de dix secondes entre le mouton en pleine forme et les derniers soubresauts. Le sang, ensuite. Je m&#8217;attendais naïvement à ce que le sang soit plus sombre &laquo;&nbsp;en vrai&nbsp;&raquo; que dans les films ou quand je me coupe, mais c&#8217;était tout le contraire. Le sang du mouton était vermillon, presque <strong>rouge fluo, et épais, on aurait dit de la peinture</strong>. La taille de l&#8217;estomac de mouton, aussi. Ce sont vraiment des <strong>machines à bouffer de l&#8217;herbe</strong>. Points bonus pour le fermier qui, plutôt que de mettre ça dans une poubelle, abandonne l&#8217;estomac et autres viscères dans la forêt &laquo;&nbsp;<strong>pour nourrir les renards</strong>&nbsp;&raquo; . Toi, mon gars, <strong>je t&#8217;aime bien</strong>. La peau qui se décalotte comme celle d&#8217;un lapin. Et le geste précis du couteau qui transforme, petit à petit, Shaun le mouton en futur méchoui. La seule chose qui m&#8217;a vraiment <strong>retourné le bide</strong> n&#8217;a rien à voir avec la mise à mort en elle même ou le découpage, mais sur sa localisation. J&#8217;explique. Il y avait dans la ferme, donc, un enclos à mouton, où le futur repas avait été marqué et pré-selectionné par le fermier. L&#8217;abattage et la découpe ont été réalisés à moins de cinq mètres dudit enclos, <strong>sous le regard médusé de tous les anciens potes de Shaun le méchoui</strong>. Je n&#8217;exagère même pas quand je parle de regard médusé. En dépit de l&#8217;espace et de la grande taille de l&#8217;enclos, les six ou sept autres moutons étaient les uns à côté des autres, en rang d&#8217;oignon, serrés contre la barrière, à <strong>regarder fixement le fermier</strong>, sans bouger, sans bêler, sans rien dire. Ça m&#8217;a vraiment <strong>perturbé</strong>.</p>
<p>Mais au final, c&#8217;était une <strong>expérience extrêmement positive</strong> et <strong>importante</strong> pour moi. C&#8217;était très triste d&#8217;une certaine manière, et pourtant à la fois très &laquo;&nbsp;<strong>juste</strong>&nbsp;&raquo; . Et je n&#8217;ai pas honte de dire qu&#8217;une fois que tout était fini et découpé, en regardant l&#8217;épaule du mouton que j&#8217;avais vu trotter une heure plus tôt, j&#8217;avais envie d&#8217;un méchoui. Humainement et spirituellement, je me suis réconcilié avec moi même et mis un terme à ce tiraillement grandissant <strong>végétarien/pas-végétarien</strong> qui prenait de telles proportions en moi que sans cela, je pense que ça aurait fini par littéralement m&#8217;empêcher de dormir. Au final, je pense que le choix d&#8217;être, ou non, végétarien, est quelque chose qui doit rester avant tout une décision personnelle et pas imposée par la société, mais que <strong>toute personne faisant le choix de la consommation de viande animale devrait avoir le courage d&#8217;assumer ce choix</strong> et de vivre au moins une fois ce genre d&#8217;expérience, sans faire le choix de la solution de facilité, de la technique de l&#8217;autruche, et du steak Charal qui pousse sur les arbres. Et je pense aussi que se poser ce genre de questions aide à adopter <strong>un comportement plus responsable</strong>. Fruit de l&#8217;habitude prise chez mes parents, quand j&#8217;étais jeune adulte indépendant je continuais par réflexe à manger de la viande &laquo;&nbsp;au moins une fois par jour&nbsp;&raquo;. Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai un comportement beaucoup plus &laquo;&nbsp;<strong>eco-responsable</strong>&nbsp;&raquo; , je mange de la viande une à trois fois par semaine en moyenne, et j&#8217;essaie toujours de faire attention à la provenance de tout produit animal (pas d&#8217;élevage intensif, oeufs de poules élevées en plein air, etc.) même si j&#8217;avoue que parfois je ne peux pas m&#8217;en assurer à 100%. J&#8217;ai appris à apprécier énormément la nourriture non-carnée, et à apprécier plus encore la nourriture carnée, à la respecter, sur le plan intellectuel, moral, et spirituel, ce qui la rend encore meilleure. Aujourd&#8217;hui, <strong>je suis en paix avec mes habitudes alimentaires</strong>. Je continue à adorer le steak tartare, mais je peux l&#8217;apprécier sans avoir à rougir lorsque j&#8217;y pense et que je croise mon regard dans la glace. Je me considère donc comme un omnivore responsable.</p>
<p><strong>Et vous?</strong></p>
<p>*****</p>
<p><strong>La citation du jour</strong>: « T&#8217;as déjà vu un champignon essayer de péter sa boite de petri? »<br />
<strong>La chanson du jour</strong>: Meat is Murder, The Smiths, « This beautiful creature must die&#8230; »</p>
<p>Même si j&#8217;aimerais recevoir plus de SMS, la vie est belle !</p>
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